‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 167 sur 219 · Scène IX · texte numérisé non relu

Scène IX

Arg.\n. — Je vous prie, monsieur, de me dire un peu comment je suis.

M. Diafoirus, tâtant te pouls d’Argan. — Allons, Thomas, prenez l’autre bras de monsieur, pour voir si vous saurez porter un bon jugement de son pouls. Ouid dicis ?

Thom.\s Diafoirus. — THco que le pouls de monsieur est le pouls d’un homme qui ne se porte point bien. Qu’il est duriuscule, pour ne pas dire dur.

M. Diafoirus. — Fort bien.

Thomas Diafoirus. — Repoussant.

M. Diafoirus. — Benè.

Thomas Diafoirus. — Et même un peu capricant.

M. Diafoirus. — Optimc.

Thomas Diafoirus. — Ce qui marque une imempérie dans le parenchyme splénique, c’est-àdire la rate.

M. Diafoirus. — Fort bien.

^ Argan. — Non ; monsieur Purgon dit que c’est mon foie qui est malade.

M. Diafoirus. — Eh ! oui : qui dit parenchyme dit l’un et l’autre, à cause de l’étroite sympathie qu’ils ont ensemble par le moyen du vas hreve, du pylore, et souvent des méats cholidoqiies. Il vous ordonne, sans doute, de manger force rôti?

Argan. — Non, rien que du bouilli.

M. Diafoirus. — Eh! oui; rôti, bouilli, meme chose. Il vous ordonne fort prudemment, et vous ne pouvez être en de meilleures mains!

Argan. — Monsieur, combien est-ce qu’il faut mettre de grains de sel dans un œuf?

M. Diafoirus. — Six, huit, dix, par les nombres pairs, comme dans les médicaments par les nombres impairs.

Argan. — Jusqu’au revoir, monsieur...

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