‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 166 sur 219 · Acte I, Scène IL · texte numérisé non relu

Acte I, Scène IL

Toinette. — Ce monsisur Flcurant-lo. et ce monsieur Purgon s’égaient bien sur votre corps ; ils ont en vous une bonne vache à lait ; et je

voudrois bien leur demander quel mal vous avez, pour faire tant de remèdes.

Argan. — Taisez-vous, ignorante ; ce n’est ^ contrôler les ordonnances de la

<i>cene V.

Argan. — J’en ai affaire, moi, outre que le parti est plus avantageux qu’on ne pense ; monsieur Diafoirus n’a que ce fils-là pour tout hemier; et, de plus, monsieur Purgon, qui n’a ni femime ni enfants, lui donne tout son bien en faveur de ce mariage ; et monsieur Purcron est un homme qui a huit mille livres de rente.

Toinette. — Il faut qu’il ait tué bien des gens, pour s’être fait si riche...

A de //, Schie VI.

Argan - N est-ce pas votre intention, monsieur, de le pousser à la cour, et d’y ménager pour lui une charge de Médecin ?

M. Diafoirus. ^ — A vous en parler francheniem, notre métier auprès des grands ne m’a jamais paru agréable, et j’ai toujours trouvé qu il yaloit mieux pour nous autres demeurer au public Le public est commode : vous n’avez à repondre de vos actions à personne ; et, pourvu que I on suive le courant des règles de l’art, on ne ^ se met point en peine de tout ce qui peut arriver. Mais ce qu’il y a de fâcheux aunrès des

grands, c’est que, quand ils viennent à être malades, ils veulent absolument que leurs Médecins les guérissent.

Toinette. — Cela est plaisant! et ils sont bien impertinents de vouloir que vous autres messieurs vous les guérissiez! Vous n’êtes point auprès d’eux pour cela : vous n’y êtes que pour recevoir vos pensions, et leur ordonner des remèdes; c’est à eux à guérir. s’ils peuvent.

M. Diafoirus. — Cela est vrai. On n’est obligé qu’à traiter les gens dans les formes...

Page 1