‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 46 sur 219 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans mes voyages, il m’est souvent arrivé à propos de quelque mal survenu, soit à moi, soit à l’un de mes domestiques, de reconnaître la mauvaise foi des médecins. Les uns me vendaient, pour un prix énorme, des remèdes à bon marché; les autres, par cupidité, se cliargaient de traiter un mal auquel ils n’entendaient rien. Certains pratiquaient une autre espèce de vol: des indis-

(1) Il serait fastidieux de donner les innombrables recettes que son esprit chagrin voulait substituer à celles des médecins qu’il accuse sans cesse. C’est un fatras d’absurdités, de remèdes de bonne femme auxquels la superstition et la magie sont souvent mêlés. Car s’il est un reproche que mérite Pline, c’est précisément celui qu’il vient d’adresser aux médecins : il accepte les contes les plus puérils, les observations les plus fabuleuses sans les contrôler et souvent aussi sans les comprendre.

(2) Ce nom est sans doute le pseudonyme d’un auteur qui, sous le titre de Rc Medicâ, a réuni les remèdes indiqués par Pline r.^ncien dans la partie de son ouvrage consacrée à la médecine.

positions qui pouvaient être guéries en quelques jours, ou même en quelques heures, ils les traînaient en longueur (i); ainsi, les malades devenaient pour eux un revenu, et le médecin était plus à redouter que la maladie. Aussi, ma-t-il semblé nécessaire de réunir un certain nombre de recettes et d’en dresser la liste, afin d’éviter partout où j’irais, les pièges de ce genre, et de me mettre en voyage avec l’assurance qu’en cas d’indisposition, les médecins ne tireraient pas un revenu de ma personne et ne profiteraient pas de l’occasion pour s’enrichir

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