‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 54 sur 219 · POMMEREUL · texte numérisé non relu

POMMEREUL

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Mondor, hier au soir, se portant à merveille,

Va se coucher; aussitôt il sommeille.

On l’a trouvé mort ce matin.

Sur cet événement on cause.

Moi seul j’ai deviné la cause D’une si prompte et si terrible fin.

La nuit est, comme on sait, le règne du mensonge. Mondor aura cru, dans un songe,

Apercevoir son médecin .

Ménard Saint-Just.

Il soupe hier chez moi, d’une gaîté charmante, On le trouve mort ce matin :

D’où vient cette mort surprenante ?...

En songe il avait vu Fuscus, son médecin.

Bouriaud.

Guillaume n’était point malade,

11 soupa de bon appétit.

Et fit sur le rempart deux tours de promenade;

On l’a trouvé pourtant raide mort dans son lit. Est-ce apoplexie? est-ce peste?

Est-ce un coup de quelque assassin?

Hélas I non; qu’est-ce donc? c’est un songe funeste Qui lui fit voir son médecin.

De Sénecé.

Lise, hier soir, se portait à merveille :

Au bal d’Ismène on l’avait vu danser.

Chacun vantait sa grâce non pareille.

Ses pas légers, sa souplesse .à valser.

Des plaisirs purs. Lise, discrète amie.

En usait bien, n’en abusait jamais;

Et dans son lit, de bonne heure endormie. D’un sommeil doux semblait jouir en paix.

Mais trop longtemps ce sommeil se prolonge...

Que dis-je?... Lise a terminé son sort;

Ce doux sommeil est celui de la mort.

Lise expira victime d’un mensonge:

Elle avait vu son médecin en songe.

E.-T. Simon.

Hier, Paulin soupa de fort bon appétit,

On l’a trouvé mort dans son lit.

Des causes d’une mort si prompte On raisonne diversement;

Pour moi, je juge qu’en dormant Paulin aura cru voir le médecin Oronte.

S. -F. Bertrand.

Hier soir, ce n’est point un mensonj;e, Paul se coucha gaillard et sain :

On l’a trouvé mort ce matin...

N’est-ce pas qu’il aurait, en songe.

Vu Robineau, le médecin? ^

La Monnoye.

Liv. VI, Ép. 8l. — CONTRE CHARIDÊME

Uxorem, Charidème, tuam sois ipse, smisque A medico fntui : vis sine fehre mori.

Ton médecin est l’amant déclaré de ta femme : tu ne l’ignores point, Charidème, et tu le souffres. Tu veux donc mourir sans fièvre (i).

(i) C’est-à-dire, tu seras empoisonné. D autres commentateurs pensent que cela veut plutôt dire : tu ne veux pas être malade, être soigné gratis.

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Imitations.

Un médecin, toi sachant,

Va ta femme chevauchant:

Je crois que tu as envie De mourir sans maladie.

T. -S. DES Accords.

Tu sais que ta femme, Guillot,

D’un médecin qui n’est pas sot.

Reçoit mainte amoureuse œillade :

Tu le sais et tu n’en dis rien.

Guillot, tu cherches le moyen De mourir sans être malade.

La Monnoye.

Tu sais et tu permets, sans en prendre la chèvre (i), due ta femme se laisse aller au médecin :

Mais je sais bien à quelle fin ;

C’est que tu veux mourir sans fièvre.

Dufour.

Le jeune médecin Fleurant Devient tous les jours à la mode.

Pour les maris il est très complaisant,

Et pour les femmes très commode.

D. DE La Touche.

u) Prendre la chêne, veut dire sans se fâcher de rien.

Un jeune médecin voit beaucoup ton épouse,

Tu le sais, le permets, et, d’humeur peu jalouse. N’aperçois en cela nul mal à prévenir :

De la lièvre, il est vrai, tu ne veux pas mourir.

Po.MMEREUr..

Liv. VU, Ép. 74. — CONTRE UN MAUVAIS MÉDECIN

Hoplomachus nunc es ; fueras ophthalmicus unie : Fecisti inedicus, quod facîs hoplo)uachus.

Vous étiez ophtalmiste ; vous voilà gladiateur : le glaive ou le bistouri à la main, vous arrivez toujours au même but.

Imitations.

Las d’exercer la médecine,

Pancrace a levé des soldats,

Et la gloire qui le domine Le fait marcher aux Pays-Bas ;

Il jure d’y faire main basse Et d’étre un homme sans quartier :

C’est ce que pratiquait le médecin Pancrace,

Il a changé d’habit plutôt que de métier.

De Sénecé.

De méchant médecin, Clitandre Est devenu bon spadassin,

Et, soldat, il fait dans la Flandre Ce qu’en France il lit médecin.

La Monnoye.

Médecin autrefois, aujourd’hui spadassin,

Paul, tu n’as pas quitté ton métier d’assassin.

C, Dubos.

Jadis gladiateur, aujourd’hui médecin,

Rufus n’a pas quitté son métier d’assassin.

Éloi Johaxneau.

Liv. IX, Ép. 91. — SUR HIPPOCRATE

Santonica mcdicata dédit mihi pocula yirga,

Os /lominis/ mulsum vie rogat Hippocraies.

Tarn stupidus, nunqiiàm nec tu, puto, Glaucc, fuisii, Chalcea donanti Chrysca qui dederas.

Didce aliquis viunus piv viunere posait amaro?

Accipiat, sed si potat in elleboro.

Hippocrate m’a donné une potion empoisonnée avec l’herbe de la Saintonge. L’impertinent ! il me demande en échange du vin miellé I Tu ne fus jamais aussi stupide, à ce que je crois, Glaucus, lorsque, pour les armes d’or que tu donnais, on te rendit des armes d’airain. Demander une douce faveur pour un présent amer! J’y consens cependant; mais qu’il boive mon vin dans un mélange d’ellébore.

ImUaiion.

Paul, qui vient de m’empoisonner D’un gros flacon d’absinthe amère.

S’attend que je vais lui donner De vin doux une pleine aiguière.

Y pense-t-il, le médecin?

Et me croit-il donc si peu fin Que, comme le Glaucus d’Homère, J’échange, afin de lui complaire.

De l’or pur contre de l’airain ?

Pour des bonbons du chicotin.

Et pour du nectar de l’eau claire ?

Le singulier troc que voilà!

Mais pourtant j’y consens encore,

A condition qu’il boira.

Mon vin mélangé d’ellébore.

C, Dubos.

Liv, IX, Ép. 92. — SUR HÉRODÈS

CUnicus Herodes trullam suhduxerat agro :

Deprensus dixit : Stulte, quid ergo libis ?

Le médecin Hérodès avait volé le gobelet d’un de ses malades; pris sur le fait par celui-ci : Imbécile, lui dit-il, que buvez-vous là (i)?

hniiations.

Un médecin volait une tasse d’argent.

Pris sur le fait, sans perdre contenance,

11 dit à son malade : Osez-vous, imprudent. Boire ainsi sans mon ordonnance?

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