C. Dubos
J’étais dans quelque incertitude Si ma fièvre viendrait ou non.
Lorsque le médecin Purgon M’a su tirer d’inquiétude.
Il faisait un froid pénétrant :
L’habile homme, tout en entrant.
M’a touché de sa main glacée.
Ami, je suis hors d’embarras ;
Ma fièvre, qui ne venait pas,
Dans ce moment s’est avancée.
La Monnoye.
De cent disciples escorté
Qu’on voit en tous lieux à ta suite.
Hier, tu me rendis visite,
Pour savoir, disais-tu, l’état de ma santé :
Par ton ordre, cent mains, plus froides que la glace, Me tâtèrent le pouls fort méthodiquement.
Mon cher Purgon, je t’en rends grâce ;
Je n’avais pas la fièvre, et je l’ai maintenant.
, . S. -F. Bertrand.
J’étais indisposé, mais je ne souffrais guère : Chez moi Purgon arrive incontinent.
Il me tâte le pouls, me presse un peu l’artère : Je n’avais point la fièvre, et je l’ai maintenant.
M. Saint-Just.
Je languissais, docteur, mais tu vins à l’instant Je n’avais pas la fièvre, et je l’ai maintenant.
Bouriaud.
A Montpellier, école favorite De Galien, j’étais tout languissant :
duand Barbeyrac vint me rendre visite.
Que d’écoliers suivait un demi-cent.
L’un médisait, ce pouls est capricant;
L’autre, il est dur; tous m’ont touché l’artèrt Avec des mains froides comme glaçon :
Fièvre n’avais en aucune façon.
Or m’est le maître à présent nécessaire ;
Ses écoliers m’ont donné le frisson.
De Sénecé.
Je n’avais point de mal pressant,
Je n’étais qu’un peu languissant ;
Mais, aussitôt que dans ma chambre,
Avec cent écoliers, vous avez mis le pié.
Mon mal s’est accru de moitié :
Car, au plus grand froid de décembre.
En me touchant le pouls ils m’ont si bien gelé, Q.u’ils m’en ont fait prendre la chèvre. Aussi je n’ai point eu de fièvre,
Mais, Symmach, à présent, je sens bien que je 1 ai.
Dufour.
J’avais très peu dormi, mais, sans être malade, J’éprouvais du malaise, hier, à mon réveil.
Soudain quatre docteurs, en lugubre appareil.
Du lit où je gisais font, en corps, l’escalade.
De ses ongles glacés l’un prend mon avant-bras; L’autre sur mon nombril promène une main froide ; Dans ma bouche un troisième enfonce ses doigts gras, Veut savoir si ma langue est souple, sèche ou roide; Un quatrième écrit le récipé formel De casse, de séné, d’anis, de lait de chèvre.
Avant d’avoir subi cet examen mortel.
J’étais assez tranquille, aujourd’hui j’ai la fièvre,
E.-T. SiMOK.
J’étais dessus mon lit, couché nonchalamment;
Le médecin Symmaque arrive incontinent.
Ses disciples nombreux, imitant son audace.
Portent sur moi des mains plus froides que la glace. Et me tâtent le pouls alternativement.
Je n’avais pas la fièvre, et je l’ai maintenant.
Péricaud.
J’avais gardé le lit; la plus noire cohorte.
Vingt suppôts d’bsculape ont assiégé ma porte. Autour de mon chevet les voilà rangés tous.
Plus glacés que la mort, l’un me tâte le pouls,
L’un parle de saigner, l’autre ordonne un remède. Messieurs, en vérité, grand merci de votre aide;
Je n’avais pas la fièvre, et je l’ai, grâce à vous.
Kérivalakt.
Liv. Ép. 53. — CONTRE HERMOCRATE.
Lotus nobiscum est hilaris, canavit et idem;
Inventus vmne est mortuus Aiidragoras.
lam suhitec iiiortis causum, Faustiiic, ree^uirisi Insomnis mcdicum viderat Hcrmocratem.
Il s’est baigné avec nous, il a soupé gaiement, et ce matin, on l’a trouvé mort dans son lit. Vous me demandez, Faustinus, ce qui a pu causer cette mort foudroyante? Il aura vu en songe le médecin Hermocrate I
Imitations.
Nous avions pris ensemble un bain Suivi d’un repas assez fin.
Le cœur joyeux, le corps bien sain,
Nous nous quittons. Le lendemain J’apprends, non sans un vif chagrin,
Que notre convive Germain Dans son lit vient, par un voisin.
D’être trouvé mort le matin.
Longtemps je me demande en vain D’où vient un trépas si soudain :
Je crois le deviner enfin :
En rêvant, le pauvre Germain Aura cru voir son médecin.