CH. XLII
Que dirait-on, si Chrysanthe n’eût pas observé un régime sévère? Pendant cinq jours, il n’est pas entré dans sa bouche une goutte d’eau, pas une miette de pain, et cependant il s’en est allé! Mais il a eu un trop grand nombre de médecins, ou, plutôt, il a succombé à son mauvais destin : car un médecin ne peut que soulager l’esprit.
CH. XLVir
Excusez-moi, dit-il, mes amis; depuis plusieurs jours mon ventre ne fait pas bien ses fonctions, et les médecins n’y connaissent rien. Cependant, j’ai reçu quelque soulagement d’une infusion d’écorce de grenade et de sapin dans du vinaigre. J’espère toutefois que l’orage qui grondait dans mes entrailles va se calmer; autrement mon estomac retentirait d’un bruit semblable aux mugissements d’un taureau. Au reste, si
quelqu’un de vous éprouve un pareil besoin, il aurait tort de se gêner : personne de nous n’est exempt de cette infirmité. Pour moi, je ne crois pas qu’il y ait un plus grand tourment que celui de se contraindre en pareil cas (i). Jupiter luimême nous ordonnerait en vain cet effort. Vous riez, Fortunata! vous dont les bruyantes détonations m’empêchent toutes les nuits de fermer l’œil. Jamais je n’ai empêché mes convives de prendre à table toutes les libertés qui pouvaient les soulager. Les médecins défendent aussi de se retenir.