‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 73 sur 219 · DIALOGUES · texte numérisé non relu

DIALOGUES

Charok. — ... Mais dis-moi, Mercure, je t’en prie, les hommes à présent vivent-ils plus gaîment et plus librement?

Mercure. — Les prêtres vivent plus gaîment; ils chantent à tue-tête aux funérailles ; les médecins vivent plus librement, puisqu’il leur est permis de tuer en toute impunité.

Charon. — Est- ce que le parricide n’est pas puni de la peine capitale?

Mercure. — Sans doute; mais pour les médecins, non seulement la loi les absout, elle fixe de plus leurs émoluments.

(Sharon. — (Quelle iniquité !

Mercure. — Mais non ; la loi a raison de les absoudre ; ce n’est pas le médecin qui tue, c’est celui qui invoque le secours et l’assistance du médecin, et qui le paye fort cher.

Charon. — Et les lois civiles permettent cela?

Mercure. — Elles le permettent.

(i) En latin Jovianus Pontanus, homme d’État et diplomate, auteur de traités moraux, de poésies et de dialogues d’une élégante latinité.

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