‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 77 sur 219 · VARIA · texte numérisé non relu

VARIA

Erasme dit d’un pauvre malade qui avait eu dix médecins en consultation, et qui ne laissa

(1) Voir la note 4 de la page 12.

(2) Voir la note i de la page 56.

pas de mourir après cette cérémonie, que c’était plus qu il n en fallait pour faire mourir non seulement un homme malade, mais l’homme du monde le plus sain.

J. Bernier, Essais de Médecine.

... Érasme, qui avait observé les médecins pendant la maladie du meilleur de ses amis, de laquelle il mourut, reconnut, qu’au lieu de lui procurer quelque soulagement, par quelque bon remède, ils passèrent tout le temps, comme on fait encore aujourd’hui, à disputer sur la cause de son mal. Toto tempore quo decubuit agrotus, de genere morbi disputarunt.

Lesieur de Marconnay, Réflexions sur la médecine.

HECTOR BOETHIÜS (i) (1470-1550)

HISTOIRE D’ÉCOSSE Liv. II

Le roi Reuthas (2) ayant su que nombre de gens, atteints de blessures ou de maladies, étaient

(1) Historien écossais, professeur au collège d'Aberdeen, grand ami et correspondant d’Érasme.

(2) Ce prince écossais était contemporain du roi d’Kgyptc Ptoléinée-Philadelphe, qui lui envoj'a une ambassade.

morts par suite de l’ignorance des médecins, porta, de l’avis des notables, un décret défendant à quiconque de prendre désormais le titre de médecin, à moins d’être dans l’art d’une habileté reconnue, attestée par une longue expérience, sous peine de mort pour ceux qui n’y obtempéreraient pas. Auparavant, en effet, chez nos compatriotes, il n’y avait personne qui exerçât spécialement la médecine, le premier venu pouvant se dire médecin. Suivant l’antique coutume des Égyptiens, ils portaient leurs malades sur la place publique ou dans quelque rue fréquentée, pour que les passants donnassent leur avis et conseillassent ce qu’ils avaient fait eux-mêmes pour se guérir de la même maladie, ou ce qu’ils savaient avoir été fait par d’autres. Il n’était pas permis de passer devant un malade sans rien dire.

■J'HÜMAS MORUS ci4«o-i535)

i;PIGRAMME SUK LE MÉDECIN NICOLAS

S’tuic video haud rcrwiii tantum, sed et ipsa virorum Nomina, non tenicre sed ratione dari.

Nicolaus nomen medici est; — Qui convenit ? inquts, Hic potins nomen dehuit esse diieis;

— Diix populos armis vincit, sed et iste venenis El populum et fortes sternit uterque duces.

Scepe dueem hello repetunt, his ncino rebellât;

Hnic lino die, vero est nomine Nicolaus.

Je le vois maintenant, c’est la raison, non le ha- ■ sard, qui a imposé leurs noms aux hommes comme aux choses : Nicolas (i) est le nom d’un médecin.

« C’est pas naturel, dis-tu : ce devrait être plutôt le nom d’un général.— Un général triomphe des nations par les armes ; mais le médecin, par ses drogues, abat à la fois peuples et généraux, même les plus vaillants. Souvent le général se voit menacé à son tour, le médecin ne trouve jamais de rebelles. Oui, en vérité, le médecin seul mérite le nom de Nicolas ! »

CLENARD (1495-1542)

Ce philologue flamand traite, dans un passage de ses ouvrages, les médecins de sanicides.

if

PALINGENIUS MARCELLUS (Manzolli) (xvr siècle) (2)

Zodiacus vita. — Léo, lib. V.

Coitsulle item, si opits est, medicum, vcl cUnicus ille,

Vel sit chirurgus; chirurgi certior est ars;

Nam quid agat certum est, et aperta luce videtur : CUnicus ipse autem, qui mine physicus quoque fertur, Diim lotium infelix spectans, inde omina captai,

Dum tentât pulsum veiice, dnm stercora versât,

(r) Le victorieux, de vixt„ victoire.

(2) Suivant plusieurs lexicographes, ce poète fut quelque temps médecin du duc de Ferrare, Hercule d’Este, troisième du nom .

Fallilur et falUt : sed non discriiiiinis aqiia Conditio : ille miser moritur, causamque canendi Linigeris calvis præhet, calvisque cucidUs :

Hic alius, conlra sceleris mercede receptn,

Causatur Superos, ac fatis imputât ipsis

Si quis obit, Icetusquè implet miilto are criimenam.

Heu mibi, pene ovines casu, non arte medeniur:

Quippe aliquam quicunque artem bene novit, agendo Aut nunquam, iiut saltem raro peccabit : at isii,

De quibus est sermo, de centum vix erit uniis Quem sanare queant, qtiem non fortassè trucideuL Unde istud? nisi qiiod pars horum rnaxima nescit Quid faciat, quid sit prorsüs medicina : sed ipsi Dum tantum incombant Sophice, et dialectica discuni Vincla, quibus valeant indoctum nectere vulgus,

Vix elementa artis mediccc et priniordia libant.

Sic labyrentheis ambagibus ad sua tecta Insiructi redeunt, atque enthymemata vibrant;

Hinc tumidi incedunt, bine publica pramia poscunt :

Id satis esse putant (iiec decipiuntur) ad hoc, ut Carnifices bominum snb honesto nomine fiant.

O misera Leges! qua talia crimina fertis :

O cceci reges, qui rem non cernitis istam!

Vos quibus imperium est, qui mundi frana tenelis,

Ne tantum tolerate nefas, banc tollite pestem,

Consulite humano generi, qnod nocte dieqiie Horum carnificum culpa mittuntur ad arcum.

Vel perjecte artem discant, vel non medeantur,

Nam si alia peccant artes, lolerabile certe est :

Hac vero nisi sit perjecta est plena pericli,

Et scevit, tanquam occulta atque domest ica pestis.

Non multum est igilur tiiluiii bis coviinittere se se. Quorum doctrina est, pretiosa in veste videri,

Gemmatoqiie auro digitos ornare cyiiœdos.

Consultez donc, s’il le faut, l’homme de l’art, médecin (i) Ou chirurgien : la science du chirurgien est plus sûre. Ce qu’il fait est certain et se voit au grand jour.

(i] Traduction de M, A. Bonneau

Tandis que le médecin, qu’on appelle aussi physicien Tout en regardant, le malheureux, les urines, et en

„ , [tirant des pronostics,

hn tatant le pouls, en retournant les déjections Se trompe et nous abuse, mais dans de bien inégales Conditions de danger : le pauvre malade meurt et

[donne un prétexte Ue psalmodier aux levites chauves et aux chauves

T • • , . [cagoules ;

Lui, au contraire, palpant le salaire de son crime. Accuse les Dieux, s’en prend aux Destins mêmes Si l’homme est rnort, et, joyeux, remplit sa bourse d’or. Helas I pour moi, s’ils guérissent, c’est hasard, et noii

rr , , , , [science,

i out autre métier, chacun 1 apprend en Fexerçant

Et ne se trompe que peu ou point, mais de ceux-là Dont il s’agit, à peine un sur cent N’assassinera pas celui qu’il croit guérir.

D’où vient cela, sinon de ce que la plupart ne savent Le qu ils font et ce qu’est la médecine? Pour eux S’ils étudient la philosophie, la dialectique.

Chaînes qui leur servent à lier l’ignoraiu vîilo-aire,

A peine savent-ils les premiers éléments de l’arnuédical. .Munis de tortueux arguments, ils reviennent Dans leurs foyers et profèrent des enth)miêmes.

Ils marchent la tête haute, demandent de publiques

. . . [récompenses

ht pensent avoir assez fait (ils ne se trompent point),

. [si bien

due sous un nom honnête ils deviennent les bour-

n T • • L , [reaux des humains.

U faibles Lois, qui tolerez de pareils attentats !

O rois aveugles qui n’y voyez rien !

Vous qui tenez l’empire et gouvernez le monde.

Ne le supportez pas plus longtemps, délivrez-nous de

A^ez pitié du genre humain que, jour et nuk*^

L Ignorance de ces bourreaux envoie au trépas’

Qu ils apprennent à fond leur métier, ou ne soient plus

[médecins!

Si en d’autres professions on se trompe, c’est tolérable, Mais celle-là, si l’on n’y est parfait, est pleine de péril. Et ravage comme une occulte et domestique peste. Rien donc de moins sûr que de se confier à ces gens Dont la science consiste à se montrer en vêtements

[luxueux.

Et à charger leurs doigts impurs de bagues ornées de

[pierreries.

JEAN SECOND (Everaerts) (1511-1536)

ÉPIGRAMMK

Es simul medicns, sitmil et chirurgns,

Curl Mitiis stygium viras ad orcum Et manu simula simul et veneno.

Tu es médecin et chirurgien à la fois : pourquoi? l^our égorger les hommes et les empoisonner.

HADRIANIÎS jüNTUS (i) (I5i2-i.=i75)

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