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par la bouche en abondance l’étouffa. Ainsi, quand sa femme et Baron remontèrent, ils le trouvèrent mort (i). »
Est-ce bien ainsi que se rompt un anévrisme ? La rupture de cette poche n’est-elle pas plus promptement mortelle, foudroyante, même? Et cette hémoptysie ne ressemble-t-elle pas plutôt à celle que l’on observe dans certaines phtisies congestives? D’ailleurs, les expectorations sanguines dataient de loin : deux fois, en 1667, elles tinrent Molière éloigné de la scène. On pourrait, il est vrai, les attribuer à une maladie organique du cœur, mais alors l’hémorragie n’est jamais assez abondante pour entraîner une mort aussi rapide ; et les symptômes des affections cardiaques, en particulier l’hydropisie des membres inférieurs, font complètement défaut.
Ajoutez aux crachats sanguinolents, la toux fréquente et habituelle dont Molière était déjà incommodé en 1668, au moment où il jouait Harpagon, dans l’Avare ; le pauvre homme en plaisantait même : Frosine trouve que « sa fluxion ne lui sied pas mal et qu’il a bonne grâce à tousser. » Dans une pièce de 1770, Elomire (2) hypochondre , Le Boulanger de Chalussay note aussi ce détail :
Oui, c’est lui; je le viens de connaître à sa toux;
Ce pamphlet dialogué nous apprend aussi à quel état d’amaigrissement était arrivé Molière :
(l) 11 était âgé de cinquante-un ans. ^2) Anagramme de Molière.
ELOMIRE
Et ces bras qui naguère étaient de vrais gigots
Comment les trouves-tu?