‹ Le mal social (volume 2)Chapitre 28 sur 29 · LES TROIS MENSONGES · texte numérisé non relu

LES TROIS MENSONGES

à son instinct et au caprice de sa liberté, votre enfant, il y a cent probabilités contre une, s'en ira par le sentier agréable et glissant, qui lui plaît et le réjouit, au lieu de se décider à prendre le chemin escarpé et rude qui lui réserve travail et sacrifice. Le devoir ne s'accomplit pas sans que l'homme lutte avec lui-même, parce que tout devoir implique une résistance à la volonté propre, une sujétion, pénible au sacrifice. Quel stimulant donnez-vous donc à cet enfant, pour qu'il affronte la fatigue inhérente au devoir, et quel frein lui donnez-vous pour l'empêcher de se précipiter sur la pente rapide des passions ? Vous voyez que je vous pose la question uniquement sur un terrain qui doit vous être familier, celui de la science mécanique; quelle résistance opposez-vous à cette terrible gravitation qui le pousse jusqu'au fond de l'abîme, ou au moyen de quelle attraction facilitezvous cette pénible ascension en haut, vers le bien ?

Au moyen de la loi de la conscience, répondrezvous. Oh ! la conscience sans la religion est très accommodante et facile à contenter ; et elle est exposée à de fréquents égarements. La conscience a conseillé et permis des libertés étranges aux peuples privés de la lumière de la foi. Apprenez, si vous ne le savez pas, ce que beaucoup d'anciens peuples croyaient pouvoir faire en toute

conscience. La conscience enseignait aux Massagètes qu'il leur était permis de tuer leurs vieux parents; aux Lacédémoniens qu'ils pouvaient en conscience ne pas laisser vivre les enfants infirmes. La nation la plus cultivée du paganisme, la Grèce, pratiquait comme une chose sainte laprostitution en l'honneur de Vénus; et cela en toute conscience. Ce n'est pas tout. Il existe encore des sauvages qui, en toute conscience, offrent à leur idole des sacrifices humains et mangent dans un festin sanglant leurs prisonniers de guerre. La conscience est presque toujours une parole vide de sens, si elle ne reflète en elle-même une autre lumière supérieure. Quelle est cette lumière ? La révélation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, qui a revêtu notre humanité pour racheter l'homme tombé dans ces excès, et pour l'éclairer de sa doctrine, afin de l'empêcher d'y retomber. Et cette lumière brille et rayonne au milieu du monde, soutenue en haut par la main de l'Église. Mille bourrasques, mille ouragans, le souffle de toutes les tempêtes suscitées par Satan et tousses suppôts, — et ils sont nombreux sur la terre 1 — conspirent inutilement, oui, inutilement pour l'éteindre. Mais comme leurs efforts sont impuissants, ils se consolent, en privant de cette lumière les malheureux qui obéissent docilement à leur action criminelle. Et, s'ils

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ne peuvent réussir à faire retomber encore le monde dans le paganisme, ce qui dépasse leur pouvoir, ils réussissent, du moins, à faire retomber dans un paganisme volontaire quelques individualités; s'ils ne peuvent éteindre la lumière, ils ont du moins la cruelle consolation de fermer ou de crever les yeux à quelques malheureux pour les empêcher de jouir de ses bienfaits. L'école laïque, entendezle bien, père infortuné, l'école laïque est un laboratoire de paganisme en plein christianisme; une officine d'aveuglement, mais de l'aveuglement le plus criminel, puisque ses victimes ont renié volontairement la lumière qu'elles avaient connue et aimée auparavant et qu'elles se font un jeu, ô perversité horrible ! d'aveugler d'autres victimes qui partagent ici-bas leur haine pour la lumière et partageront plus tard leur éternel malheur.

C'en est assez ; qu'est-il besoin d'insister encore pour que l'abominable école sans Dieu soit et demeure jugée et irrémédiablement condamnée devant le tribunal de tous les cœurs honnêtes?

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