‹ Le mal social (volume 2)Chapitre 27 sur 29 · LES TROIS MENSONGES 2C)J · texte numérisé non relu

LES TROIS MENSONGES 2C)J

de Dieu, il est logique et naturel qu'il se passe de ses commandements. En effet, que signifient les commandements, si on ne reconnaît pas l'autorité de celui qui les a portés ? S'abstenir des commandements paraît chose peu importante, et cependant celui qui fait abstraction du quatrième commandement, est un grossier insulteur des droits de ses parents ; celui qui fait abstraction du cinquième précepte est un assassin, un nouveau Caïn ; celui qui fait abstraction du sixième est une brute, qui n'a d'autre loi que ses appétits grossiers ; celui qui fait abstraction, du septième, est un voleur; celui qui fait abstraction du huitième est un imposteur; celui qui fait abstraction du neuvième, est un ravisseur des biens et de l'honneur de son prochain ; et ainsi des autres préceptes. L'abstraction de Dieu entraîne avec elle la suppression de tout devoir, de tout ordre, de toute loi, comme la suppression du premier anneau d'une chaîne entraîne la suppression de tous les autres anneaux qui la forment et qui sont unis au premier. Voyez ce qui se passe : les malheureux qui subissent le honteux supplice du garrot, ou qui gémissent dans les fers au fond d'une prison, ne se trouvent ordinairement réduits à cette extrémité que pour s'être plu à faire indûment abstraction de quelques-uns de ces préceptes, et pour avoir théoriquement et pratique-

ment commencé par faire abstraction de Dieu. Ceci étant admis, dites-moi maintenant : Convient-il que l'enfant reçoive une première instruction dans laquelle la religion ait sa part, ou convient-il que cette instruction soit indépendante et absolument séparée de la religion ? L'enseignement laïque est-il bon ou mauvais ? Que le simple bon sens juge ici. C'est comme si l'on demandait : convient-il d'accoutumer l'enfant, dès le jeune âge , à vivre en dehors de toute idée de Dieu , de devoir, de vie future? Tout homme ayant des enfants qu'il ne veut pas voir s'engager dans les sentiers du crime et de la perversion, répondrait sans hésiter. Comptez, en effet, qu'il n'y a pas un père, aussi criminel soit-il, qui désire voir ses fils s'adonner au crime. Je m'adresserais donc à ce père et je lui dirais : « Écoutez, malheureux; prêtez l'oreille à ce que vous dit quelqu'un qui n'est point poussé à vous tenir ce langage par une sotte préoccupation de parti, ou par un mesquin esprit de secte, mais qui veut vous dire la vérité, rien que la vérité et toute la vérité. Votre fils porte, en venant au monde, des inclinations bonnes et des inclinations mauvaises. Par malheur, les mauvais penchants prédominent dans son cœur, et par malheur, la voie du mal est agréable et glissante, au lieu que la voie du bien est, au contraire, rude, escarpée, épineuse. En conséquence, abandonné

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