ARGAN, ANGÉLIQUE, TOINETTE
ARGAN, se met dans sa chañe.
Oh çà, ma fille, je vais vous dire une nouvelle, où peut-être ne vous attendez-vous pas. On vous demande en mariage. Qu'est-ce que cela? Vous riez? Cela est plaisant, oui, ce mot de mariage! Il n’y a rien de plus drôle pour les jeunes filles. Ah! nature, naturel À ce que je puis voir, ma fille, je n'ai que faire de vous demander si vous voulez bien vous marier.
ANGÉLIQUE
Je dois faire, mon père, tout ce qu'il vous plaira de m'ordonner.
ARGAN
Je suis bien aise d’avoir une fille si obéissante : la chose est donc conclue, et je vous ai promise.
ANGÉLIQUE
C'est à moi, mon père, de suivre aveuglément toutes vos volontés.
ARGAN
Ma femme, votre belle-mère, avait envie que je vous fisse religieuse, et votre petite sœur Louison aussi, et de tout temps elle a été aheurtée à cela.
TOINETTE, rout be.
La bonne bête 2 ses raisons.
ARGAN
Elle ne voulait point consentir à ce mariage; mais je l'ai emporté, et ma parole est donnée.
ANGÉLIQUE
Ah! mon père, que je vous suis sé de toutes vos bonté!
JOTNE TPE
En vérité, je vous sais bon gré de cela; et voilà l’a&ion la plus sage que vous ayez faite de votre vie.
ARGAN
Je n'ai point encore vu la personne : mais on m'a dit que j'en serais content, et toi aussi.
ANGÉLIQUE Assurément, mon père.
ARGAN Comment! l’as-tu vu?
ANGÉLIQUE
Puisque votre consentement m'autorise à vous pouvoir ouvrir mon cœur, je ne feindrai point de vous dire que le hasard nous a fait connaître il y a six jours, et que la demande qu’on vous à faite est un effet de l’inclination que, dès cette première vue, nous avons prise l’un pour l'autre.
AR G'AN
Ils ne m'ont pas dit cela; mais j'en suis bien aise, et c’est tant mieux que les choses soient de la sorte. Ils disent que c’est un grand jeune garçon bien fait.
Oui, mon père.
ARGAN De belle taille.
ANGÉLIQUE Sans doute.
ARGAN
Agréable de sa personne.
ANGÉLIQUE Assurément.
ARGAN
De bonne physionomie.
ANGÉLIQUE Très bonne.
ARGAN Sage et bien né.
ANGÉLIQUE loutieie
ARGAN Fort honnête.
ANGÉLIQUE Le plus honnête du monde.
ARGAN Qui parle bien latin et grec.
ANGÉLIQUE C'est ce que je ne sais pas.
ARGAN Et qui sera reçu médecin dans trois jours.
ANGÉLIQUE Lui, mon pèrep?
ARGAN Oui. Est-ce qu'il ne te l’a pas dit?
ANGÉLIQUE Non, vraiment. Qui vous l’a dit, à vous?
ARGAN Monsieur Purgon.
ANGÉLIQUE Est-ce que monsieur Purgon le connaît ?
ARGAN La belle demande! Il faut bien qu'il le connaisse,
puisque c'est son neveu.
ANGÉLIQUE Cléante, neveu de monsieur Purgon ?
ARGAN
Quel Cléante? Nous parlons de celui pour qui l’on t'a demandée en mariage.
ANGÉLIQUE Ébhour
ARGAN
Eh bien, c’est le neveu de monsieur Purgon, qui est le fils de son beau-frère le médecin, monsieur Diafoirus; et ce fils s'appelle Thomas Diafoirus, et non pas Cléante ; et nous avons conclu ce mariage-là ce matin, monsieur Purgon, monsieur Fleurant et moi; et demain ce gendre prétendu doit m'être amené par son père. Qu'est-ce? Vous voilà tout ébaubie!
ANGÉLIQUE
C’est, mon père, que je connais que vous avez parlé d’une personne, et que j'ai entendu une autre.
HOMN EM PEE
Quoi! monsieur, vous auriez fait ce dessein burlesque ? Et, avec tout le bien que vous avez, vous voudriez marier votre fille avec un médecin?
ARGAN Oui. De quoi te méles-tu, coquine, impudente que tHiesr TOINEIRE
Mon Dieu! tout doux. Vous allez d’abord aux invectives. Est-ce que nous ne pouvons pas raisonner ensemble sans nous emporter? La, parlons de sang-froid. Quelle est votre raison, s'il vous plaît, pour un tel mariage?
Ma raison est que, me voyant infirme et malade comme Je le suis, je veux me faire un gendre et des alliés médecins, afin de m'appuyer de bons secours contre ma maladie, d’avoir dans ma famille les sources des remèdes
qui me sont nécessaires, et d’être à même des consultations et des ordonnances.
TORNELTE Eh bien, voilà dire une raison, et il y a du plaisir 2 à $e répondre done les uns aux autres. Mais, monsieur, mettez la main à la conscience; est-ce que vous êtes ma-
lade ?
ARGAN
Comment, coquine! si je suis malade! Si je suis malade, impudente!
M'OENVENTeE
Eh bien, oui, monsieur, vous êtes malade; n’ayons point de querelle là-dessus. Oui, vous êtes fort malade, j'en demeure d’accord, et plus malade que vous ne pensez : voilà qui est fait. M votre fille doit épouser un mari pour elle; et, n'étant point malade, il n'est pas nécessaire de lui te un médecin.
ARGAN C’est pour moi que je lui donne ce médecin, et une fille de bon naturel doit être ravie d’épouser ce qui est utile à la santé de son père.
OPESENIPIRE Ma foi, monsieur, voulez-vous qu'en amie je vous
donne un conseil ?
Quel est-il, ce conseil?
T'ON, T TI De ne point songer a ce mariage-là.
ARGAN Et la raison?
IONILINTIE, JC TE
La raison, c’est que votre fille n’y consentira point.
ARGAN Elle ny consentira point?