LES MÉMSS , JACQUES, FIRMIN
( I enière court à Firmin, et lui }>rend le bras. ) Air de la Guarrac/ie. ( di- la Mutile )
Toi doul la souflrauce Nous aHlij^c tous , Déjà la présence Esl un hu M j)Our nous ; Ta marche inccrlaitu;
Le Malade. à
ENSEMBLE
A besoin d'appui , Accepte sans gêne Le bras d'un ami.
Ce zèle
Fidèle, Qui prévienfmes vœux , Ici me rappelé Deux amis fameux j Oreste malade , Weût pas le bonheur D'avoir dans Pilade , Un ami docteur.
r£RBIÈEE.
Oui, quand ta soufFrance Nous afflige tous .
Déjà ta présence Est un bien pour nous.
Ta marche incertaine A besoin d'appui , Accepte sans gêne , Le bras d'un ami.
FlRMlN.
Oui, quand ma souffrance Vous afflige tous, Et que ma présence Est un bien pour vous , Ma marche incertaine A besoin d'appui, J'accepte sans gène Le bras d'un ami.
mad. démah.
Oui , quand sa souffrance Nous afflige tous , Qu'ici sa présence Est un bien pour nous; Sa marche incertaine Qui cherche un appui , Rencontre sans peine, Le bras d'un ami.
Ah ! si sa souffrance Nous afflige tous , C'est que sa présence
Est trisle pour nous.
Oui , pour qu'on l'emmène Au plus tôt chez lui , J'offre aussi sans peine.
Le bras d'un ami.
JACQUES
SUITE / Quoique sa souffrance DE l'ex.semk. ) Les afflige tous ,
Pour moi, sa présence Est un sort bien doux.
Que V ciel le retienjie Bien long-temps ici , Car il m' paie ma peine Vraiment en ami.
( Jacques met le couvert avec un autre domestique qui apporte le
déjeuner, )
ferrIÊre , à Firmin assis à gauche , auprès d'une chemine'e.
Comment te trouves-tu?
riRMIN.
Bien faible , mon ami. . . extrêmement faible.
PERRIÈRE
Tant mieux.
FIRMIN
Tu crois que c'est tant mieux?
Ça prouve que l'irritation se dissipe. . . la diète y a mis bon ordre 1
FIRMIN
Je trouve , au contraire , que rien ne m'irrite comme la diète.
FERRIÈRE
La diète ! dieu ! la diète î mon ami ! Je te parlerai de ses immenses avantages après déjeûner.
DUPSRRIER.
Allons , à table.
FERRIÈRE
De tout mon cœur. J'ai un appétit. . .
FIRMIN , à part.
Et moi donc ! Quelle odeur suave!
DUPERRIER
Est-ce que ce jeune homme ne se met pas à table avec nous ?
FIRMIN , haut.
Ail ! oui . . . Dis donc , mon ami , si je mangeais un peu ?
TERRIÈRE
Toil y penses-tn?. . . Jacques , une tasse de tisane pour mon ami.
JACQUES
Oui , Monsieur.
( // entre t'ans la chnmhre (Je Flrnihi )
riRMiN , à part.
Le diable lemporle avec sa tisane ! ( Haut. ) Tu manges bien , loi.
PERRIÈRE
Moi, c'est diffe'rent . . . Nous antres médecins, nous ne gardons la diète que pour nos malades.
JACQUES, rentrant avec une tasse quil présente à Firmin. Voilà, Monsieur.
FiRMiPC , à part ^ pendant que les autres mangent. Air : Jh ! si Madame me voyait !
Le vin serait mieux de mon goût , A quels tourmens le destin me condamne ! Toi , Jacque, ainies-tu la lisanne?
JACQUES
Oui , Monsieur, je l'aime beaucoup, Lorsque le sucre v domine , avant tout ,
FIRMIN
Bois-là pour moi , je t'eu conjure , Ça me fera le même etfet. . .
Même plus de Lieu , je t'assure. . .
JACQUES , prenant la tasse et se cachant derrière la bergère.
Ah ! si le docteur me voyait !
( // boit. ) Si le dortenr me vovitil !
FERRIÈRE
Eh bien, que faites-vous donc là-bas?
FIRMIN
Rien , mon ami ! . . . Je disais à Jacques que je n^avais jamais trouve' la tisane si bonne qu'aujourd'hui !. . .
C/est vraiment dommage que ce jeune liommc soit malade. . . Sous un autre costume il doit avoir assez bonne tournure ...11 n'est pas mal !.. .
FERRIÈRE
A\\\ Madame s'en est aperçue?
M™* DÉMAR
Mais oui , Monsieur , je ne le cache pas.
PERRIÈRE
Au fait , c'est assez naturel. . . an homme qui souffre , attire toujours l'attention des femmes , et ça fait leur e'ioge... mais j'ai remarqué aussi que mon umi Firmin portait bien souvent ses regards sur Madame.
M™*' DÉMAR
Voilà bien Pidëe la plus extravagante!
FEKRIÈRE.
Tenez, dans ce moment même , il vous regarde encore.
FIRMIN ^ part.
J'ai beau l'examiner, elle n'a pas la moindre ressemblance avec sa sœur.
DUPERBIER.
Comment, docteur, de la jalousie ?
FERRIÈRE
Moi , jaloux I . . . moi , avoir peur de mes malades I . . . Seulement ce que je viens d'observer ajoute encore à certains soupçons. . .
j^jme DÉMAR , se levant.
Ah ! Monsieur, vos soupçons me font perdre pat ence , et je saurai m'y soustraire en m'ëloignant de vous à Pa venir.
( Elle sort. )
FERRIÈRE
Fort bien , Madame , je vous comprends.
DUPERRIER
Allons, voilà l'humeur, le dépit qui s'en mêlent... jamais je ne parviendrai à les mettre d'accord. p
FERRIERE
Adieu, Firmin; il faut que je te laisse un instuut... je vais faire une visite dans le voisinage.
FIRMIN
Comment, tn t'en vas 7
\in : .4 mis , xoici la riante semaine. Déjà quilter ce rtpns deflcctahie!
FERKIÈRJ-:.
C'csl lin plaisir pour moi fort ciinuyeux , • Quand les chagrins viennent s'asseoir à Liblc.
FIRMIN
Je mangerais très-bien à coté d'eux.
Ah ! que ne puis-je , après tant de supplices ,
Comme un vampire, à sa proie attaché.
Dans un festin dévorer trois services ,
Et mes chagrins par-dessus le marché !.
FERRIÈRE
Je désire que tu sois bientôt à même d'accomplir un pareil vœu; en attendant, de la tisane... Jacques aura soin de toi en mon absence. ( // sort. )
jAques.
Soyez tranquille , j'aurai l'œil à tout.
DUPERRIER , se levant de table.
Mais attendez-moi donc, docteur. . . nous sortirons ensemble. . . Oh ! quelle têtel quelle tête î