‹ Le malade par circonstanceChapitre 2 sur 15 · LES MÉMSS , JACQUES, FIRMIN · texte numérisé non relu

LES MÉMSS , JACQUES, FIRMIN

( I enière court à Firmin, et lui }>rend le bras. ) Air de la Guarrac/ie. ( di- la Mutile )

Toi doul la souflrauce Nous aHlij^c tous , Déjà la présence Esl un hu M j)Our nous ; Ta marche inccrlaitu;

Le Malade. à

ENSEMBLE

A besoin d'appui , Accepte sans gêne Le bras d'un ami.

Ce zèle

Fidèle, Qui prévienfmes vœux , Ici me rappelé Deux amis fameux j Oreste malade , Weût pas le bonheur D'avoir dans Pilade , Un ami docteur.

r£RBIÈEE.

Oui, quand ta soufFrance Nous afflige tous .

Déjà ta présence Est un bien pour nous.

Ta marche incertaine A besoin d'appui , Accepte sans gêne , Le bras d'un ami.

FlRMlN.

Oui, quand ma souffrance Vous afflige tous, Et que ma présence Est un bien pour vous , Ma marche incertaine A besoin d'appui, J'accepte sans gène Le bras d'un ami.

mad. démah.

Oui , quand sa souffrance Nous afflige tous , Qu'ici sa présence Est un bien pour nous; Sa marche incertaine Qui cherche un appui , Rencontre sans peine, Le bras d'un ami.

Ah ! si sa souffrance Nous afflige tous , C'est que sa présence

Est trisle pour nous.

Oui , pour qu'on l'emmène Au plus tôt chez lui , J'offre aussi sans peine.

Le bras d'un ami.

JACQUES

SUITE / Quoique sa souffrance DE l'ex.semk. ) Les afflige tous ,

Pour moi, sa présence Est un sort bien doux.

Que V ciel le retienjie Bien long-temps ici , Car il m' paie ma peine Vraiment en ami.

( Jacques met le couvert avec un autre domestique qui apporte le

déjeuner, )

ferrIÊre , à Firmin assis à gauche , auprès d'une chemine'e.

Comment te trouves-tu?

riRMIN.

Bien faible , mon ami. . . extrêmement faible.

PERRIÈRE

Tant mieux.

FIRMIN

Tu crois que c'est tant mieux?

Ça prouve que l'irritation se dissipe. . . la diète y a mis bon ordre 1

FIRMIN

Je trouve , au contraire , que rien ne m'irrite comme la diète.

FERRIÈRE

La diète ! dieu ! la diète î mon ami ! Je te parlerai de ses immenses avantages après déjeûner.

DUPSRRIER.

Allons , à table.

FERRIÈRE

De tout mon cœur. J'ai un appétit. . .

FIRMIN , à part.

Et moi donc ! Quelle odeur suave!

DUPERRIER

Est-ce que ce jeune homme ne se met pas à table avec nous ?

FIRMIN , haut.

Ail ! oui . . . Dis donc , mon ami , si je mangeais un peu ?

TERRIÈRE

Toil y penses-tn?. . . Jacques , une tasse de tisane pour mon ami.

JACQUES

Oui , Monsieur.

( // entre t'ans la chnmhre (Je Flrnihi )

riRMiN , à part.

Le diable lemporle avec sa tisane ! ( Haut. ) Tu manges bien , loi.

PERRIÈRE

Moi, c'est diffe'rent . . . Nous antres médecins, nous ne gardons la diète que pour nos malades.

JACQUES, rentrant avec une tasse quil présente à Firmin. Voilà, Monsieur.

FiRMiPC , à part ^ pendant que les autres mangent. Air : Jh ! si Madame me voyait !

Le vin serait mieux de mon goût , A quels tourmens le destin me condamne ! Toi , Jacque, ainies-tu la lisanne?

JACQUES

Oui , Monsieur, je l'aime beaucoup, Lorsque le sucre v domine , avant tout ,

FIRMIN

Bois-là pour moi , je t'eu conjure , Ça me fera le même etfet. . .

Même plus de Lieu , je t'assure. . .

JACQUES , prenant la tasse et se cachant derrière la bergère.

Ah ! si le docteur me voyait !

( // boit. ) Si le dortenr me vovitil !

FERRIÈRE

Eh bien, que faites-vous donc là-bas?

FIRMIN

Rien , mon ami ! . . . Je disais à Jacques que je n^avais jamais trouve' la tisane si bonne qu'aujourd'hui !. . .

C/est vraiment dommage que ce jeune liommc soit malade. . . Sous un autre costume il doit avoir assez bonne tournure ...11 n'est pas mal !.. .

FERRIÈRE

A\\\ Madame s'en est aperçue?

M™* DÉMAR

Mais oui , Monsieur , je ne le cache pas.

PERRIÈRE

Au fait , c'est assez naturel. . . an homme qui souffre , attire toujours l'attention des femmes , et ça fait leur e'ioge... mais j'ai remarqué aussi que mon umi Firmin portait bien souvent ses regards sur Madame.

M™*' DÉMAR

Voilà bien Pidëe la plus extravagante!

FEKRIÈRE.

Tenez, dans ce moment même , il vous regarde encore.

FIRMIN ^ part.

J'ai beau l'examiner, elle n'a pas la moindre ressemblance avec sa sœur.

DUPERBIER.

Comment, docteur, de la jalousie ?

FERRIÈRE

Moi , jaloux I . . . moi , avoir peur de mes malades I . . . Seulement ce que je viens d'observer ajoute encore à certains soupçons. . .

j^jme DÉMAR , se levant.

Ah ! Monsieur, vos soupçons me font perdre pat ence , et je saurai m'y soustraire en m'ëloignant de vous à Pa venir.

( Elle sort. )

FERRIÈRE

Fort bien , Madame , je vous comprends.

DUPERRIER

Allons, voilà l'humeur, le dépit qui s'en mêlent... jamais je ne parviendrai à les mettre d'accord. p

FERRIERE

Adieu, Firmin; il faut que je te laisse un instuut... je vais faire une visite dans le voisinage.

FIRMIN

Comment, tn t'en vas 7

\in : .4 mis , xoici la riante semaine. Déjà quilter ce rtpns deflcctahie!

FERKIÈRJ-:.

C'csl lin plaisir pour moi fort ciinuyeux , • Quand les chagrins viennent s'asseoir à Liblc.

FIRMIN

Je mangerais très-bien à coté d'eux.

Ah ! que ne puis-je , après tant de supplices ,

Comme un vampire, à sa proie attaché.

Dans un festin dévorer trois services ,

Et mes chagrins par-dessus le marché !.

FERRIÈRE

Je désire que tu sois bientôt à même d'accomplir un pareil vœu; en attendant, de la tisane... Jacques aura soin de toi en mon absence. ( // sort. )

jAques.

Soyez tranquille , j'aurai l'œil à tout.

DUPERRIER , se levant de table.

Mais attendez-moi donc, docteur. . . nous sortirons ensemble. . . Oh ! quelle têtel quelle tête î

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