SCÈNE VII
FIRMIN, seuL
que c est que
rouianesqne, on est le jouet des e'vënemens. Excellent pâtél... Dieuî en ai-je eu des e've'nemeus dans ma vie! Quand j'aurai des enfans et des petit-senfans, je îenr raconterai mes aventures, mes caravanes; je ne Jeur dirai pas que j'en suis le héros, par exemple! je leur dirai comme ça : Il y avait une fois le fils d'un négociant, qui demeurait à Orléans , rue de la Bretonnerie , ]N° 12 ; ce jeune homme avait une tête comme on en voit peu dans le commerce. Vis-à-vis la maison de son père, était un pensionnat de demoiselles, un pensionnat où l'on était très-bien élevé....
C'est n mes cafnns que je raconte ça. Un jour, le jeune hommeremarqueparsncroise'e une pensionnaire, qui le remarque aussi de son coté : la sympatfiic s'e'tablit entr''cux, et ils ne quittent plus leur fenêtre , doîi ils se lancent des regards brûlans. Cependant, le jeune homme est forcé de se rendre à Paris, il arrive chez M. Duperrier, avoué, où il avait affaire. On lui offre une chambre, il accepte... Et que trou\e-t-il dans dans cette chambre?... un portrait de femme!... et quel portrait de femme?... celui de sa pensionnaire, de son inconnue... C'est toujours à mes eufans que je raconte ça ; l'im d'entr'cux, l'aîné ou le cadet, me dit : Papa , c'est impossible , vous nous faites une histoire Moi, je lui reponds : Mon enfant, c'est la vérité, et la preuve, c'est que ça na^cst arrivé à moi-même. ( // se lève. ) Et en efîét, c'était bien le portrait de mon inconnue, enveloppé d'une romance qui semblait avoir été composée pour moi.
» Toi que j'aimais sans le connaître. «
Pour être pins sûr , je m'informe auprès de Jacques , le factotum de la maison. Il m'apprend que Mademoiselle Natalie est sur le point de sortir de pension, qu'elle doit revenir chez son père dans quelques jours. Et moi, j'allais partir I j^allais retourner h Orléans. . . Que devenir? il me fallait un moyen de rester dans la maison... l'amour me ]e suggère : je tombe malade. Jusques-là ça allait bien, si le docteur Perrière , mon ami intime , ne s'en (-Lait pas mêlé ^ c'est qu'il n'y a pas à badiner avec ces geus-l.M
Air de Ma Tante Aurore.
Se jouer dn la maladie, C'est fort mrd , car on voit soufcnt Eu huit jours celte comédie Finir, lîélas ! tragiquement.
Le lundi , d'abord on plais^mle , Mais le docteur vient le mardi ; ï>e niercreiii le mal augmente, On est en danger le jcu(h' , Puis on va mieux le vendredi On est sauvé le samedi , Kt le dimanclie on est gm m , Pour être enterié le lun<h
Et je crois que j'en viendrais-là , parole tî'lionnear ! Je suis obli^^é (le dérober ma subsistance , et d'exister en cachette... heureusement ça va finir. Natalie arrive ce matin. . . Attention au coup de sonnette. . . J'entends quelqu'un.
( // va sa replacer dans la bergère. )
SCÈIVE VIII.