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nosocomiale, un robinet d'eau de Seine. » L'argument ne manque pas évidemment de valeur. Mais il faut bien le dire, dans un certain nombre d'observations, ces explications se trouvent tout à fait en défaut. Elles sont trop exclusives et l'on est forcé, pour comprendre l'éelosion de certains eas intérieurs, de se renfermer pour ainsi dire, dans les salles de malades et de voir dans celles-ci une cause d'infection toute locale. - |
Combien de ces cas surviennent en effet en l'absence de toute épidémie régnante ! Et quand ils surviennent à l'occasion de la distribution d’une eau polluée, les cas se développent avec une fréquence beaucoup plus grande. Dans une note sur une pete épidémie de fièvre typhoïde qui a sévi à l'hôpital Beaujon, M. Fernet rapporte sept cas de dothiénentérie qui se sont développés en trois mois: cette épidémie avait pour cause une. eau de boisson empruntée à un robinet d'eau de Seine. Elle s attaqua aux malades de chirurgie comme de médecine : nous voyons de plus que ces cas ne se sont pas présentés isolément, deux surviennent dans les premuers Jours d'août, trois les 15, 23 et 24 septembre et deux dans les premiers jours d'octobre. On reconnaît tout de suite l'influence d’une infection commune qui se généralise rapidement.
Or, le plus souvent, 1l n en est pas ainsi: les cas restent plus ou moins isolés et ne portent que sur les personnes en rapport avec des typhoïdiques. Nous ne citerons ici que les exemples qui se prêteront le moins à la éritique.
Déjà en 1828, Leuret disait avoir vu un dothiénentérique transporté à l'hôpital, communiquer sa maladie à un malade placé à côté de lui, et à deux infirmières qui lui avaient donné des soins. |
Gendron rapporte aussi qu'une jeune fille de 20 ans, transportée à l'hospice de Château-du-Loir, au troisième seplénaire d’une fièvre typhoïde grave, communiqua la maladie à une sœur,
ée de 45 ans, qui lui avait donné des soins très assidus,
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Dans les Archives de médecine (1839) nous‘trouvons le fait suivant :
Ogservarion XX VIE. —— Dans une des salles de l'Hôtel-Dieu sont couchés deux typhiques, l'un au n°5, l'autre au n° 3; ils étaient arrivés l’un au dix-hutième, l'autre au douzième Jour de leur maladie, quand au n° on place un peintre en bâtiments, atteint d'une colique saturnine moyenne. Quelques jours suffisent à faire justice de cette dernière, mais bientôt, ce malheureux qui pulse intempestivement son séjour à l'hôpital est pris d'une fièvre typhoïde à laquelle ik succomba. L'autopsie vint vérifier le diagnostic.
Lombard et Fauconnet ont vu les infirmiers des salles de médecine atteints en proportion bien plus grande que celle de toutes les autres classes de la société. « En effet, sur trois infirmiers occupés dans les salles de médecine, un fut atteint 1l y a trois où quatre ans, ét quant aux infirmières dont le nombre n'est aussi que de trois, voici ce que nous avons remarqué : il y a trois ans l'une d'elles fut malade d'une fièvre typhoïde ; . dans le courant de l’année 18/47, où nous eùmes dans les salles
un grand nombre de ces fièvres, une seconde fut atteinte de
cette maladie. Une jeune fille qui la remplaça ne tarda pas à contracter la même affection, d'où l’on voit que sur un per-
sonnel très peu nombreux, et qui ne se renouvelle pas comme
à Paris, nous avons observé une proportion considérable de cas dont l'origine contagieuse ne peut être révoquée en doute. Et si l’on joint à ce fait qu'il n'est aucun des employés des salles de chirurgie qui ait été atteint de fièvre typhoïde pendant le même espace de temps, nous aurons une nouvelle confirmation de ce que nous avançons ».
Le D: Castella, médecin de l'hôpital de Neufchâtel, nous a communiqué quelques faits du même genre : (Deux malades qui étaient couchés dans les salles à côté de personnes atteintes
de fièvre typhoïde, subirent également l'influence contagieuse
et présentèrent tous les symptômes de la maladie. Une infirmière qui faisait le service dans ces mêmes salles fut également atteinte. »
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. dans leur atmosphère. »
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Piedvache, après avoir cité nombre d'exemples de contagion dans les familles, reconnait leur rareté dans les hôpitaux. « On en trouve cependant, dit}, et alors la maladie frappe surtout les religieuses, les infirmières, c’est-à-dire les personnes qui, par les soins qu'elles donnent aux malades, vivent davantage
Anglada, dans son Traité de la contagion, rapporte les faits suivants qu'il a observés à l'hôpital Saint-Éloi de Montpellier :
Osservariox XX VIEIL. — Un militaire, convalescent d’une dysenterie bilieuse, passait toutes ses journées auprès d’un de ses compatriotes atteint d'une fièvre typhoïde à forme ataxo-adynamique, lorsqu'il fat pris luimême de la maladie, mais avec des symptômes moins graves, et dont il
guérit.
Osservariox XXIX. — Le nommé Fau, natif de Montpellier, âgé de sept ans, était à l'hôpital depuis le mois de mai 1851 pour une hémiplégie droite, lorsque au mois d'octobre suivant, il fut pris d’une fièvre typhoïde qui fut confirmée de tous points après la mort par la nécropsie. Fau était toujours dans les salles où régnait la fièvre depuis plus de trois mois, lorsqu'il la contracta lui-même.
On ne peut invoquer 101 m l'âge, n1 l'acclimatement : le jeune Fau, né à Montpellier, était depuis cinq mois à l'hôpital, et l'on sait que l'enfance semble exclure la dothiénentérie. N'est-il
pas probable que cet enfant, soumis pendant plusieurs mois à
l'action de la contagion et protégé par son. âge même, a fimi par subir l'impression sans cesse répétée du bacille ?
Griesinger dit aussi que les personnes qui soignent des malades atteints de fièvre typhoïde sont souvent frappées à leur tour ; parmi 194 femmes soignées à son hôpital, il y en eut neuf qui la contractèrent pendant qu'elles remplissaient leurs fonctions de gardes-malades, ou aussitôt après. La proportion, fait à noter, est considérable dans ce cas particulier.
Nous empruntons au D° Saintin les observalions suivantes :
Osservariox XX X. — Un soldat meurt à l'hôpital militaire de Thionville
de fièvre typhoïde, dix jours après son entrée. L'autopsie confirma Île diagnostic. Dans un lit voisin, se trouvait un autre militaire convalescent
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d’une hépatite légère qui, dès le lendemain de la mort de son camarade, se plaignit de malaise, de céphalalgie, de bourdonnements d'oreilles : il avait la dothiénentérie à laquelle il succomba le dix-huitième jour. L'autopsie, confirma encore le diagnostic. L'infirmier de la salle qui, depuis deux mois seulement, faisait le service, ne tarda pas à garder le hit, étant atteint de cette même affection dont il guérit.
Ogsenvarron XXXIL — Un soldat du 32° avait été placé pendant une maladie quelconque à l'hôpital de Phalsbourg dans une salle où se trouvait un camarade convalescent de fièvre typhoïde. À son dire, il n'avait jamais touché le malade, mais son lit était voisin du sien. Le 32° change de garnison et vient à Marsal; trois jours après son arrivée à Marsal, notre Homme est pris de frissons, de céphalalgie. Le lendemain nous constatons la dothiénentérie ; il en guérit. Il avait été traité à l'hôpital de Vic. Six jours avant de sortir, son voisin de droite, traité dans le même hôpital pour un point pleurétique droit, fut pris d'une fièvre à forme ataxo-adynamique grave dont il guérit cependant. L'infirmier qui était resté constamment à faire le service de cette salle pendant la maladie de ces deux militaires, ne tarda pas à ressentir les premières atteintes de la même affection, qui le tint au lit près de cinquante jours.
Murchison dit que les partisans de la contagiosité de la fièvre typhoïde ont invoqué à l'appui de leur opinion des faits de contagion chez des infirmiers et des domestiques. Il est inutile de rappeler que lui-même n’est pas partisan de cette théorie de la contagion et, dital, l'expérience hospitahère est peu favorable
à celle opinion. Il n'en rapporte pas moins que MM. Bristowe
et Holmes purent découvrir dans leur enquête officielle, en
1863, le cas de deux infirmières, à l'Hôpital libre, qui furent contagionnées en soignant des typhoïdiques. Sur 5 988 dothiénentéries qui furent admises en 23 ans au London Fever Hospital, 1l y eut 17 personnes habitant l'hôpital qui contractèrent la maladie ; une infirmière de l'hôpital King's College, âgée de 20 à 30 ans, mourut également dans ces conditions.
Pendant l'épidémie de 187 2-73, le P' Zimmermann a observé à l'hôpital de Bâle six ou huit cas de fièvre typhoïde chez des étudiants en médecine et chez des infirmiers, et plusieurs autres chez des malades entrés pour d’autres affections.
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Les relevés de la clinique infantile de H. Roger signalent six cas’de contagion hospitalière pour une période de huit années (1867-74) où l'on compile 531 admissions pour dothiénentérie. Plusieurs, parmi les petits, furent atteints presque simultanément, en 1979, après l'admission d'un typhique.
Le D' Vallin signale, en 1875, sur 230 cas de fièvre typhoïde et 140-cas de fièvre continue (désignation s'appliquant à des typhoïdes légères), deux cas intérieurs chez un blessé et un convalescent de rougeole : pendant l'épidémie de 1876, sur 300 cas et plus, 1l y eut 3 cas intérieurs ; deux se sont produits dans les salles de chirurgie, un dans une salle de médecine où se trouvaient des typhoïsants. En outre, trois infirmiers employés dans les salles prirent cette fièvre. Suivant M. Vallin, Liebermeister a noté 45 cas intérieurs à Bâle, sur 1900 cas de fièvre, soit 2,5 pour 100 environ.
En 1876, à l'hôpital militaire Saint-Martin, six infirmiers furent atteints et l'un d'eux, étudiant en médecine, succomba à une dothiénentérie qu'il avait évidemment contractée en soignant un malade gravement atteint.
A propos de l'épidémie de Vincennes (1876), M. Lauza écrit :
« Les cas quise sont produits à l'hôpital sur les infirmiers pa-
raissent devoir être attribués à la contagion plus évidente 1e1 qu'ailleurs. Aucun cas, depuis le commencement de l’année jusqu'au mois d'août, ne s'était produit. Le premier, au lieu de remonter à la fin de juillet, comme partout ailleurs, ne remonte qu'au 14 août, c'est-à-dire dix-huit jours après l'entrée des premiers typhiques qui élaient alors plus de 300. Aussi, c’est pendant l'encombrement de l'hôpital, au mois d'août, que sept cas se produisent : deux autres cas surviennent encore dans la première quinzaine de septembre. Cette proportion de 9,6 sur -100 est énorme, neuf cas et deux décès sur 120 hommes. » Pendant cette épidémie, M. le D' Masse à observé également deux cas intérieurs sur des malades entrés à Fhôpital militaire
pour d'autres affections.
Lei A l'hôpital de Lyon, service de M. Alix, un infirmier a été
atteint.
Dans sa thèse inaugurale, le D' Bouchard (1879), à propos:
d'une épidémue de fièvre typhoïde à l'hôpital des Enfants-Malades, a observé trois cas intérieurs sur 68 malades : un des garçons, porté sur la stalistique comme venant du dehors. rentrait dans le service en pleine attaque de dothiénentérie, quinze Jours après en être sorti. Sa mère avait voulu l'emmener, bien qu'il fût un peu souffrant. La première fois il était entré pour un icière catarrhal. L'autre garçon atteint était convalescent d'une anasarque essentielle; enfin un petite fille qui venait d'avoir la
scartatine.
Au D' Brugère nous empruntons ces faits :
OgsErvarion XXXIL. — Salle Saint-Vincent, à la Charité, service de M. Laboulbène; au mois de décembie 1877, était couchée, au n° 13 bis, une jeune fille de 17 ans, atteinte de chorée; elle était en traitement depuis un mois déjà, lorsqu'au n° 14, devenu vacant, entre une malade atteinte de fièvre typhoïde. Quatorze jours après l’arrivée de sa voisine, la jeune fille est prise de céphalalgie, de bourdonnements d'oreilles, d'épistaxis. La maladie se confirme et retient la malade au lit pendant deux
mois,
Osservarion XX NIIL. -— Dans le service de M. Monneret, un homme de 29 ans, fort, robuste, bien constitué, n'ayant pas d'ouvrage, demande à être gardé quelques jours à l’hôpital. On le reçoit malgré les règlements. Il fut couché dans un lit occupé la veille par un convalescent de dothiénentérie qui était sorti guéri. Cet homme, qui faisait pendant la journée le service d'un infirmier, resta ainsi onze jours bien portant : le douzième il éprouva les premiers symptômes de la fièvre typhoïde : lassitude, épistaxis, bourdonnements d'oreilles. Il succomba le 24° jour et l’autopsie
confirma le diagnostic.
MM. Coustan et Dubrulle racontent qu'un dragon, simulateur d’ankylose du genou, passait depuis près d'une année à se faire mettre en observation dans les hôpitaux. Après avoir séjourné au Val-de-Grâce, il revient à Chambéry (1880) avec la mention qu'il pouvait faire son service. Quinze jours après
il recommença ses manœuvres suspectes et rentra à l'hôpital. Il y était depuis un mois lorsque éclata dans la garnison une formidable épidémie de fièvre typhoïde. On fit sortir tous les blessés pour ne loger que des typhoïsants. Il refusa de sortir, vécut huit jours au milieu des dothiénentériques, fut atteint par la maladie et mourut. !
Dans le rapport de M. Colin sur la fièvre typhoïde dans l’armée (1882), nous remarquons que sur les trente infirmiers militaires employés à l'hôpital de Rennes, dix ont été atteints en deux mois. On se rend compte, ajoute l'auteur, des dangers de la contamination qui devaient surgir en cet établissement, composé d'un seul bâtiment de 4 étages où se trouvèrent simultanément superposés jusqu'à 170 malades frappés par l'épidémie. -
Un malade entré à l'hôpital de Morlaix pour une maladie de peau, y contracte la fièvre typhoïde ; de même un autre entré à l'hôpital de Troyes pour une congélation d’orteils et qui prend la maladie dans les salles où depuis trois ans étaient passés environ 300 cas; tel aussi le cas d'un jeune soldat entré à l'hôpital de Saint-Germain pour eczéma de la jambe.
Mareschal, en deux années, à Montmédy (1876-77), voit six cas à l'hôpital, quatre militaires traités dans la salle commune pour des affections chirurgicales et deux infirmiers. L'isolement, dans ce cas, a interrompu cette petite épidémie nosocomiale.
Le D: J. Arnould, de Lille, a raconté par le détail une épidémie de fièvre typhoïde qui éclata à l'hôpital militaire en 1881 : Ogservarion XXXIV (Résumée). — Depuis cinq ans que je dirige le service des fiévreux à l'hôpital militaire, j'ai presque toujours eu dans mes salles un ou deux typhoïsants, rarement davantage au même moment.
L'un venait remplacer l’autre; jamais il ne m'est arrivé d’un seul coup
OU à quelques jours de distance, cinq ou six malades qui pussent faire
songer à un effort épidémique dans la garnison. En février-mars dernier
(1881) il se présenta tout à coup, à cette habitude, une dérogation notable
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et ce qu'il y eut de remarquable, c'est que l'origine en était dans l'hôpital
même, la gar nison restant aussi étrangère que par : le passé à toute mani-
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Un malade quitte l'hôpital le 28 janvier convalescent d'une dothiénentérie grave. Cinq jours auparavant, le 23, un typhique était venu occuper le n° 2 de la même salle 5: Cet homme guérit également et sortit le 17 mars. Or au ne 12 de la salle 5 se trouvait couché un jeune soldat, entré le 23 janvier, comme le précédent, avec une pleurésie droite. Cet homme allant mieux, je pensais l'envoyer en convalescence le ro février suivant, lorsque, le lendemain, il a de la fièvre, de la courbature et des râles de bronchite à gauche, douleur à la pression du ventre. Je pensai tout d’abord à une généralisation tuberculeuse rapide, mais peu à peu se déroulèrent les symptômes d’une fièvre typhoïde, dont il guérit ; il sortit le 5 avril.
A deux lits plus loin, au n° 14 de la même salle, une autre malade avait eu presque simultanément des signes à peu près identiques. Opéré de l’empyème en avril 1880 et rentré dans mon service le 8 décembre après des péripéties diverses, il avait encore un drain dans la poitrine. Le 12 février cet homme cesse de se lever, accuse du malaise, de l’insomnie, a de la fièvre, puis la diarrhée se déclare et s’accentue, une éruption rosée apparaît et une fièvre typhoïde se déclare qui fut assez bénigne. Le malade quitte l'hôpital le 5 avril. |
Le 16 février, l’infirmier de la salle 5, 22 ans, m'est signalé comme étant en proie, depuis cinq à six Jours, à de la céphalalgie, de l inappéténce, de la courbature. On le fait entrer à |’ hôpital le 17 février, mais je fais ouvrir une nouvelle salle et il est couché au n° 3 de la salle 4. Une dothiénentérie se déroule, dont la convalescence fut longue ; le malade pAèue en congé le 1°" avril.
Ce cas paraissait bien pouvoir se rattacher à la présence prolongée du sujet dans les salles. Un second infirmier, le sieur Bourgeois qui se présenta quelques jours plus tard à la visite, se disait employé au jardin ; il l'était en effet. Mais le jardinage ne prenait pas beaucoup de temps en cette saison et cet infirmier parlageait avec les autres le service de garde
dans les salles, et il avait passé au moins 2 nuits dans notre salle 5 à la fin
de | janvier. À son entrée, le 21 février, il est placé au n° 18 de la salle 4. Le cas se montra bénin et l’homme sortit le 26 mars
Pendant que le 1 infirmier, Garnesson, de ORMlRNRE sa première phase pyrétique dans cette salle 4 tout récemment ouverte, un jeune soldat, Ternon, vint occuper, le 24 février, le lit no 27 de la même salle, absolument en face du n° 3, celui du typhoïsant Garnesson. Cet homme accusait
des douleurs articulaires vagues et offrait aux membres inférieurs de l’érythème noueux. Les manifestations cédèrent aisément et le 14 mars Ternon allait très bien, se plaignait encore de ses douleurs juste assez pour prolonger quelque peu son séjour à l'hôpital, lorsque dans la journée, il fut pris d'un malaise général et d’une fièvre assez rapidement ascensionnelle. Le 20, la fièvre typhoïde était évidente; elle fut assez grave, mais le malade guérit cependant.
Cette dernière observation est entourée de circonstances vraiment frappantes. Ternon était presque le voisin de l’un des deux typhoïsants couchés à la salle 4. Cette salle était restée vide depuis l'hiver dernier et n'avait que quelques semaines d'usage. Il est donc impossible qu'en un aussi court espace de temps se soient accomplies les phases successives d’évolution que certains prêtent au germe typhoïde; il aurait en 15 jours, végété, fleuri, fructifié.
Remarquons qu'on ne peut guère ne pas admettre la transmission dans nos cas. Nous avons dit que, depuis longtemps, la fièvre typhoïde épidémique n'existe pas dans la garnison de Lille. Or, pendant que nous observions ces cas intérieurs à l'hôpital, l’immunité de la garnison, loin de, se démentir, s’affirmait davantage encore. Depuis le malade entré le 23 janvier, il ne nous est pas venu du dehors un seul typhoïsant et nous sommes à la fin de juillet. Cependant un nommé Rouzé était entré le 19 mars 1881 dans le service des blessés pour une entorse du pied. Au commencement de juin, le 3 ou le 4, cet homme a de la fièvre, une poussée de broncho-pneumonie, puis bientôt s'affirme le diagnostic de dothiénentérie, dont le malade guérit du reste. Bien que les salles des blessés soient au 1° étage et celles des fiévreux au 2°, il n’est nullement impossible que, grâce aux allées et venues du personnel, grâce peut-être à la rencontre des fiévreux et des blessés dans les promenoirs communs, il y ait eu des rapports plus ou moins immédiats entre Rouzé et quelqu'un des typhoïsants qui pouvaient aller, en avril ou en mai, prendre l'air hors de leur salle.
Cette observation est des plus probantes ; elle ne saurait en effet être passive de cette objection que l'eau a été la cause de l'épidémie ; ce serait vouloir inutilement compliquer la situation. La succession de ces cas s’explique d'une façon lumineuse par la contagion du malade à ses voisins. D'ailleurs ces faits avaient profondément surpris le D° Arnould qui, entraîné jusqu'alors àrelier la transmissibilité dela fièvre typhoïdeà l'existence
préalable d’un foyer infectieux, était fort peu disposé à accepter ce mode de contagion. |
Dans un autre travail le D' Arnould rapporte que M. Breton, à Valenciennes, a relevé 3 cas intérieurs et 8 atteintes d’infirmiers de salles pendant l'épidémie de 1880: un cas intérieur et A atteintes d'infirmiers dans celle de 1881 : ces cinq derniers sont tombés malades quinze à vingt jours après l'entrée à l'hôpital du dernier typhoïdique de la garnison, et alors que les troupes qui la composaient étaient toutes campées hors des murs.
IL relate aussi que le P' Lindwurm, de Munich, à constaté un cas survenu chez un malade entré pour une autre affection à l'hôpital où il avait séjourné quatre semaines.
Pendant l'épidémie qui a régné à Paris en 1882, les cas intérieurs ne paraissent pas avoir été très rares dans.les hôpitaux; le D' Quinquaud, à la fin du mois de novembre, en signale 24 dans les hôpitaux civils : 8 malades, 11 infirmiers et infirmières, { religieuses et 1 élève en médecine.
M. A. Ollivier a vu plusieurs fois en dehors de toute épidémie, dans une salle d'hôpital, un individu étant seul atteint de fièvre typhoïde, la communiquer à ses VOISINS :
OsservarioN XXX V. — Une jeune fille de 18 ans entre le 4 janvier 1882 à l'hôpital Saint-Louis pour une dothiénentérie. Elle est couchée au n° 23 de la salle Saint-Thomas. Le 18 février, elle entrait en convalescence.
Or, une jeune blanchisseuse de 17 ans était entréele 10 janvier pour une ulcération syphilitique du genou, et couchait au n° 21, dans un lit contigu à celui de la première malade. Le 22 janvier se montrent les premiers symptômes de la fièvre typhoïde, le 27 des taches rosées. Elle guérit. Cette jeune fille nous a déclaré et une enquête nous a démontré l’exactitude de son assertion, qu'il n’y avait aucun cas de maladie analogue dans la maison qu'elle habitait, ni dans les maisons voisines ; de plus elle nous a affirmé n'avoir été en rapport, avant son admission à l'hôpital, avec aucune personne atteinte de dothiénentérie. Nous pouvons donc admettre que la maladie a 6t6 contractée dans nos salles après une incubation de neuf à dix jours.
€ La contagion ne saurait non plus être douteuse chez une
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autre malade de la même salle, dont le lit, au n° 8, se trouvait à quelques mètres de celui qu occupait la première malade, et dans la rangée opposée. Cette femme, 23 ans, était entrée 10 mois avant pour des syphilides ulcéreuses. Le 20 jañvier, seize jours après l'entrée de la première malade et presque en mêmé temps que la seconde, elle se plaint de céphalalgie qu'on attribue à la syphihis, de courbature et de défaillances. Le 30 janvier, on porte le véritable diagnostic de fièvre typhoïde. Elle en guérit après une convalescence assez longue. Afin de prévenir le développement de cas nouveaux, la salle fut évacuée, la literie renouvelée, les murs furent lavés et les latrines désinfectées. » Ces faits nous semblent encore des plus probants : à l'époque où ils se passaient, 1l n'y avait pas d’épidémie à l'hôpital Saint-Louis ;: depuis plusieurs mois aucun individu atteint de la maladie n'avait été reçu dans le service du D Ollivier et même dans tout l'hôpital. Enfin l’état sanitaire du quartier ne laissait absolument rien à désirer sous ce rapport. Il était donc impossible d'invoquer une cause générale, telle que l’eau, qui eût pu expliquer le développement de ia maladie. Seul le mode de contagion n'est pas facile à saisir entre la malade et ses voisines de lit : l'atmosphère a été sans doute le véhicule, à moins que
ce ne soient des objets communs à ces malades.
Le D' Letulle rapporte qu'il eut loccasion d'observer sur quatre-vingts fièvres typhoïdes trois cas de contagion nosocomiale ; un de ces cas est plus particulièrement intéressant.
OsservarioN XX X VE Une jeurielille tuberculeuse, âgée de dix-septans, habitait l'hôpital depuis deux mois environ quand elle contracta la fièvre typhoïde : or il s'agissait d’une malade alitée, bien rigoureusement internée, car elle ne recevait aucune visite. Nous avions eu un petit nombre de dothiénentéries à soigner dans la salle (huit environ) avant qu'elle tombât malade. Toutefois un détail qui ne manque pas d'importance à nos yeux est le suivant : la malade se gavait régulièrement malin el soir, et c'était l'infirmière unique de la salle qui préparait ses aliments, lavait le tube Faucher, et pansait les dothiénentériques. J'ajoute qu'une malade atteinte de fièvre typhoïde légère coucha pendant un mois dans le lit voisin de la malade.
Ce fait est indiscutable : faut-il dans ce cas incriminer la contagion par l'infirmière, celle-ci négligeant de se laver les mains
avant de gaver la malade, ou bien la voisine de lit qui resta
pendant un mois à côté d’elle. Quoi qu'il en soit, ce fait ne peut que venir à l'appui de l'idée que nous défendons.
Le Dr Laveran, dans un travail fortintéressant, paru en 188/ sur la contagion de la fièvre typhoïde, a réuni une cinquantaine d'observations de dothiénentérie contractée à l'hôpital, par de jeunes soldats entrés pour d’autres affections. Dix cas ont été constatés à l'hôpital Saint-Martin, en 1869, cinq au Val-de-Grâce (1877-78) dans le service des consignés. Les conditions dans lesquelles se trouvaient les malades du service des consignés ont évidemment favorisé la transmission de la maladie : les salles étaient basses, mal aérées : il n’y avait pour les détenus que quelques heures de sortie par jour et la plupart des malades restaient dans les salles pendant ce temps-là, la promenade dans les jardins entre quatre hommes armés étant considérée par les détenus comme une corvée ; ajoutons que les chaises renfermant les matières fécales des typhoïdiques séjournaient dans les salles, surtout pendant la nuit. Dix autres cas ont été observés en Algérie, de 1878 à 1883 : en 1883, à l'hôpital du Gros-Caillou, trois infirmiers attachés au service des typhoïdiques prennent la maladie. Cinq cas intérieurs. aussi dans le service de MM. Balley et Jacob à la même époque. En 1884, toujours au même hôpital, le D" Laveran a relevé treize ‘cas nouveaux parmi lesquels nous remarquons quatre infirmiers militaires ; deux de ces infirmiers étaient employés spécialement auprès des typhoïdiques ; le troisième était employé à la buanderie et le quatrième à la matelasserie, pour le cardage des matelas, c'est-à-dire dans des conditions très favorables à la contagion, car beaucoup de matelas portés à la matelasserie avaient appartenu à des typhoïdiques. Au mois de mai 1884, dit-il, je
quitta la 3° division des fiévreux installée dans les vieux bâti-
D ç à pu
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Fr 000 ments pour prendre la 2° division ; la disposition des locaux me permit d'isoler les dothiénentériques et à partir de ce moment je n’eus plus à déplorer l'apparition de cas intérieurs, bien que la fièvre typhoïde fût alors épidémique. Le D' Laveran rapporte encore les faits suivants observés à l'hôpital de Guelma par le D' Demmiler. k
Osservarion XXX VII. — Au mois de novembre 1882, un cavalier du 7° chasseurs à cheval, R..., entre à l'hôpital militaire de Guelma pour fièvre typhoïde. L'escadron auquel appartenait ce malade arrivait de France par Bône, où il n'avait séjourné que deux jours, et il se rendait à Sétif; il est donc probable que le malade avait contracté la maladie en France ; la fièvre typhoïde régnait d’ailleurs à Moulins, dernière garnison du 7° chasseurs, et il n°y avait à Guelma aucun cas de fièvre typhoïde. R... fait une fièvre ataxo-adynamique qui se termine par la guérison.
IT y avait alors à l'hôpital de Guelma des infirmiers'auxiliaires appartenant à un bataillon du 34° de ligne, arrivé depuis un mois : l’état sanitaire du bataillon ne laissait rien à Ha. Un jeune soldat du 34° de ligne, L..., qui avait été de garde auprès de R..., présenta, quinze jours après l'entrée à l'hôpital de ce dernier, les symptômes d’une fièvre typhoïde qui suivit son cours régulier et se termina par guérison.
- et L... avaient été placés dans un cabinet voisin d’une salle dans laquelle se trouvait notamment un soldat du 59° de ligne, Bou..., atteint d’arthrite du genou. Au mois de décembre, ce malade fut pris de fièvre et il présenta bientôt tous les signes d’une fièvre typhoïde grave à forme adynamique qui nécessila deux mois de traitement.
Enfin, un infirmier militaire, chargé de la matelasserie à l'hôpital de Guelnia, et qui avait dû, par conséquent, défaire et désinfecter les matelas des typhoïdiques, fut atteint peu de temps après d’une fièvre typhoïde adynamique suivie de rechute qui se termina par guérison. SE
. Comme le dit M. Demmiler, 1l ne parait pas douteux que la
fièvre typhoïde ait été importée dans ce cas à : l'hôpital de Guelma par le cavalier du 7° chasseurs.
Le D' Collie, chargé du service des fiévreux à l'hôpital d'Homerton, cite sept cas de fièvre typhoïde survenus chez des infirmières. Celles-ci étaient chargées d’un service de scarlatineux, lorsque ceux-ci furent évacués pour faire place à des typhoïdiques ;