‹ Le Malade Source de Contagion dans la Fièvre TyphoïdeChapitre 29 sur 30 · CONCLUSIONS. — PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS. — PROPHYLAXIE

De l'exposé qui précède nous tirerons les conclusions suivantes :

1° Si l’eau est le mode de transmission de la fièvre typhoïde, le malade n’en est pas moins dans beaucoup de cas une source directe ou indirecte de contagion. *

2° Îlest une source de contagion non seulement pour ceux qui le soignent, mais aussi pour ceux qui l’approchent ou sont en rapport avec lui, soit dans sa famille, soit parmi les gens qui habitent la même maison ou vivent dans le même village. Il l'est également à l'hôpital.

3 IL est une source de contagion :

. Directe : par lui-même et par l'atmosphère qui l'environne ;

Indirecte : &) par son linge, sa literie, ses vêtements et en général les objets à son usage ;

b) Par l'habitation qu'il a occupée ;

c) Par l'intermédiaire de tierces personnes qui servent de véhicule au contage qu’elles ont pris au chevet du malade ; d) Par l'intermédiaire de l'air qui peut transporter la maladie hors du foyer créé par le malade ou ses déjections.

4° Le plus souvent, dans ces cas, l'organisme est envahi par le bacille au niveau de l'arbre aérien, par inspiration de l'air contenant en suspension des poussières spécifiques.

5° Il est difficile de se faire une idée exacte de la fréquence de cette contagion parce que, tout d’abord, on ne rapporte pas à leur véritable cause tous les cas de dothiénentérie ; elle semble pourtant plus commune qu’on est porté à Le croire aujourd'hur.

Rocer. 9

ee 130 Pb Ce mode de contagion atteint surtout les gens des campagnes

et l’armée. | Puisque le malade est susceptible de transmettre, dans cer-

taines conditions, la fièvre typhoïde, il importe de prendre les

mesures prophylactiques les plus sévères.

Nous n'avons pas l'intention de nous étendre sur les mesures :

usitées en pareil cas, désinfection des garde-robes, nettoyage du malade après chaque selle, aération de la chambre, etc., etc. Nous insisterons seulement sur quelques points.

Quand un cas surviendra dans une famille, on fera tout

d'abord l'isolement. Cette mesure s'impose; nous ayons vu combien facilement l'entourage est contaminé, surtout si la famille contient des individus jeunes, mal portants ou convalescents. -

Le ou la garde-malade sera autant que possible une personne ayant déjà eu la dothiénentérie, ou tout au moins d'un âge auquel la réceptivité est beaucoup moindre (au-dessus de trente ans). On lui renouvellera les conseils habituels : savonnage et désinfection soigneuse des mains et des ongles avant de prendre ses repas; ne jamais manger dans la chambre du malade, porter une blouse par-dessus ses vêtements, se rincer la bouche avec soin deux fois par jour au moins. Si cette mesure était facilement applicable, nous n'hésiterions pas à prescrire le lavage des fosses pasales, malheureusement elle n’est guère possible. Heureux déjà si nous pouvions obtenir les mesures ‘élémentaires de précaution.

La salle où le malade est couché sera ventilée le plus largement possible, tant pour renouveler l'air respirable que pour remplacer par ie atmosphère plus pure l atmosphère chargée de germes qui environne le typhoïsant.

Les linges seront immédiatement plongés dans une solution désinfectante avant d'être donnés au blanchissage.

La literie sera également l'objet de soins d'antisepsie minutieux. Le mieux serait de passer le tout à l’étuve, en ayant soin

M. an Te

d'éventrer les matelas. Un four de boulanger peut suffire à la Campagne ou dans les pays dépourvus d’étuve à désinfection.

Quant aux objets qui servent au malade, ils ne doivent servir qu'à eux exclusivement ; on fera bien, après la maladie, de les détruire s'ils n’ont que peu de valeur ou de les soumettre également à des nettoyages énergiques.

La chambre sera débarrassée de ses tentures, rideaux etautres superfluités : elle ne sera jamais balayée, mais lavée avec une solution antiseptique. Les par quets conservant le germe avec la plus grande facilité, on prendra les plus grandes précautions pour les souiller le moins possible. Après la maladie, ce local sera désinfecté, soit avec des vapeurs de soufre ou de formaldéhyde, soit avec des pulvérisations phéniquées ou de sublimé.

À l'hôpital, à moins d'une épidémie intérieure, il est moins

utile de faire de l'isolement; nous avons vu en effet que les

malades étaient moins aptes à prendre la maladie, tout au moins dans les hôpitaux civils : dans les hôpitaux militaires, les malades de l'entourage, au contraire, offrent une très grande réceplivité.

Cependant, à chaque fois qu'on le peut, cet isolement est toujours préférable. Si les typhoïdiques sont réunis dans une salle vaste et bien aérée, leur état ne peut que s’en ressentir favorablement : ces malades ont en effet besoin de repos, de silence, conditions qu'on ne trouve pas toujours dans les salles communes. [ls sont aussi plus faciles à soigner quand ils sont réunis dans une même salle que quand ils sont dispersés dans tout un service, particulièrement quand on les traite par les

bains. La réunion des typhoïdiques dans une salle a seulement

pour effet d'augmenter les risques de contagion pour les infirmiers allachés à ce service: mais, d’une part, ce risque diminue

pour les infirmiers attachés aux autres salles et d'autre part on peut choisir comme gardes-malades dans les salles de dothiénen-

tériques des personnes ayant eu la maladie ou sh ont passé

l'âge de la réceptivité.

Fe nettoyage des salles d'isolement ne s'en fera que mieux,

car on sait combien É est difficile de désinfecter une salle d’hô-

pital, tout au moins à Paris où l’on a toujours besoin des lits:

disponibles.

On pourrait prévenir les ] jeunes gens où nouveaux venus Dos

les villes du danger qu ils courent en rendant visite trop longtemps à leurs amis où parents alteints de fièvre typhoïde. Com-

bien ont dù en effet remporter le germe d’une simple visite à

l'hôpital ?

Les objets dont se servent les malades, eee Canulis a

bassins, etc., devraient être spécialement et exclusivement aflectés à leur usage. é

Nous ne parlons pas des Logis ni des vêtements qui sont à

l'hôpital, toujours désinfectés. | Mais c’est à l'hôpital, moins encore qu'en ville, qu'il faudra se servir du balai. D’après les recherches du P' Straus, dans une salle de malades contenant habituellement 15 à 20000 colonies par mètre cube à l'état normal, le nombre de celles-ci s'élève à 233 000 par mètre cube après le balayage, le retapage

des oreillers, traversins, édredons. Si l'on songe que presque

tous les germes inspirés restent dans l’rabre aérien et qu’un adulte respire 900 litres d'air par heure, on est efrayé de la quantité de germes ainsi absorbés et surpris de ne pas constater une contagion plus grande de toutes les maladies infectieuses.

Les murs seront lavés aussi avec des solutions antisepliques.

Il est enfin un danger contre lequel il est difficile de prendre

des mesures sérieuses, c’est dans le cas du transport du contage par une tierce personne, mais ce cas se produisant rarement dans la fièvre typhoïde, il serait délicat d'assujetür chaque personne qui pénètre auprès du malade à se vêtir d’une blouse, comme pour la scarlatine ou la variole.

Il n'en est pas de même des émanations des fosses d’aisances et des cloaques : on voit là toute l'importance qu'acquiert la désinfection soigneuse des déjections avant de les déverser dans les latrines ou sur les fumiers,

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