PREMIÈRE PARTIE
Définition
L'eau est le principal facteur étiologique de la fièvre Lyphoïde ; elle seule doit être responsable de la plupart des cas, 90 fois sur 100, a dit M. le P° Brouardel en 1887. L'expérience de tous les jours est bien faite pour nous confirmer dans cette idée : depuis que l'attention des médecins a été sollicitée en ce sens, les exemples d'épidémies dues à la pollution des eaux potables se multiplient : tout un quartier d’une ville est envahi par la fièvre typhoïde et la zone de maladie concorde avec
celle de la distribution des eaux souillées : à plusieurs reprises
les habitants d'une maison sont atteints de dothiénentérie et
l'eau retirée du puits contient le bacille d'Eberth.
: Loin de nous donc la pensée, e& nous insistons sur ce point, de refuser à l'eau ce rôle de facteur typhogène de prenuer ordre. Est-ce à dire qu'elle seule soit en cette occasion la coupable ? On conçoit que, par sa simplicité et sa précision, cette étiologie ait d'emblée séduit le plus grand nombre, et soit devenue pour beaucoup de médecins la formule pathogénique la plus générale de la fièvre typhoïde.
Nous hésitons cependant à partager cette intolérance, et nous pensons qu'il est d’autres modes de transmission de la maladie que l’eau polluée. « Tout en rendant un hommage sincère et mérité aux généreux eflorts tentés dans ces derniers temps pour
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assurer aux centres populeux une eau de consommation trré- L . . « prochable, dit M. Kelsch; nous ne croyons pas que ce progres,
si grand qu'il soit, suffise à l'extinction de la cruelle endémue
de nos villes ». C’est qu'en effet, le bacille pathogène vit en permanence dans les milieux où nous nous agitons, et où sans le soupçonner nous risquons à Sitre instant de le prendre, par des pe océdés aussi variés qu'imprévus.
Nous n'avons pas l'intention, dans ce travail, de fouiller dans tous ses détails ce côté de la question étiologique, ni de passer en revue tous les véhicules du contage autres que l'eau. La tâche serait lourde et nous entraînerait au delà des limites que nous nous sommes fixées.
Nous voudrions seulement montrer, ou plutôt rappelér ce fait qu’on semble trop négliger aujourd'hui, que le malade atteint
de fièvre typhoïde est dangereux pour ceux (qui, directement ou
indirectement, sont en rapport avee lui. La cohabitation avec un de ces malades, son voisinage, les soins qu'on est appelé à lui
donner, l'occupation d’un appartement qu'il a habité ou l'emploi
de vêtements qu'il a portés entraînent avec eux des chances de ‘contagion qui sont assez grandes.
C'est dans ce sens qu'il faut entendre le titre de notre travail : le malade, source de contagion. Celle-ci sera quelquefois immédiate, directe, au contact du malade, la contamination se faisant par la peau, les excréments, l'air respiré, le contact, etc. Elle sera plus souvent médiate, indirecte, par la conservation des germes dans l'appartement, dans le sol, dans les latrines, et par la dissémination de ces mêmes germes par l'air, par le linge, les
vêtements ou une lierce personne qui restera indemne, etc., etc. $ \
Historique.
Cette question de la contagion de la fièvre typhoïde, si Jongtemps discutée, à passé par différentes phases qu'il est intéres-