FT
rude D ne 0
sant de rappeler,-parce qu'à propos de chaque variation, on retrouve l'influence des doctrines médicales régnantes.
Ce n'est qu'au commencement de ce siècle que la fièvre typhoïde fut nettement dégagée des affections avec lesquelles on la confondait jusqu'alors, et dès cette époque la question de sa propagation souleva des controverses.
A Bretonneau, médecin de l'hôpital de Tours, revient le mé-
rite d’avoir appelé le premier l'attention sur la contagion de
cette maladie.
Vers la même époque, le D' Leuret publiait des faits intéressants de contagion observés à Nancy pendant l'épidémie qui régna en 1828. 1! cite l'observation d'un homme qui, placé à l'hôpital de Nancy à côté d’un typhoïdique, fut bientôt atteint de la maladie, et aussi les observations de deux infirmières frappées pour avoir donné des soins au premier malade.
En 1834, Gendron, médecin à Château-du-Loir, se montre nettement conlagionniste dans son beau mémoire intitulé : Recherches sur les épidémies des peliles localités, dans lequel il étudie la transmission de la dothiénentérie $
1° À un seul individu : ’
2° A plusieurs individus de la même famille :
3° Dans les hameaux, les bourgs et les petites villes.
« Quel que soit le principe contagieux de la fièvre typhoïde, dit}, 1l nous est démontré que cette maladie se transmet :
1° Directement Par contact immédiat et ; et 2° Indirectement Par contact médiat /
1° Directe immédiate, des malades aux gardes-malades, c’est la plus ordinaire: 2° directe médiate, du malade à ceux qui le
visitent ou l'approchent, sans le toucher; 3° indirecte immé-
diate, elle a heu sous l'influence d’un contact immédiat avec
les effets qu'ont portés les malades : 4° indirecte médiate, par celle-ci la maladie se propage hors du foyer des malades, à des
individus qui n'ont eu de rapport qu'avec. des tiers, visiteurs ou gardes des malades, restés sains eux-mêmes. »
Mais déjà l'école de Paris se montrait réfractaire à l’idée de la contagion de la fièvre typhoïde. Pour Andral, l'affection n'avait aucun caractère contagieux. « Une fois développée, écrit-il, la fièvre typhoïde est-elle susceptible de se propager par contagion ? Dans ces derniers temps, le D' Bretonneau, M. Gendron et quelques autres médecins ont soutenu que la dothiénentérie était une affection éminemment contagieuse. Nous ne nions pas les faits cités par ces auteurs, mais ce que nous avançons avec assurañce, c'est que Jamais à Paris, soit dans les hôpitaux, soit hors des hôpitaux, nous n'avons reconnu à cette maladie le moindre caractère contagieux. »
Louis, dans ses Recherches sur la fièvre lyphoide, déclare que,
dans toute sa carrière, 1l n'a observé que 3 cas de transmission
de la fièvre typhoïde ; 1l reconnaît cependant que la maladie
s'est montrée plusieurs fois contagieuse dans les départements. Chomel, en 19 ans, n’a connu que 4 cas contractés dans les
salles de l'Hôtel-Dieu et il dit qu'en France, il n'ya pas plus
d’un médecin sur cent qui la considère comme contagieuse. Cependant, en province, le D' Rueff signalait des faits de contagion dans une note sur une épidémie de fièvre typhoïde qui a régné, en 1832, à Bischofsheim, en Alsace. Putégnat à Lunéville, Forget à Strasbourg, Lombard et Fauconnet à Genève,
Féron à Bayeux, Castella à Neufchâtel, observaient de nombreux -
cas de transmission de la fièvre typhoïde par contagion. Enfin, en 1849, le D' Piedvache (de Dinan) présentait à l'Académie un excellent mémoire, qui fut couronné, sur la
contagiosité de la fièvre typhoïde. Après avoir cité et apprécié
très impartialement les arguments pour ou contre la contagion, l'auteur arrivé à celte conclusion que la maladie est contagieuse, mais seulement dans certaines conditions, et il admet en même temps que beaucoup de faits prouvent que ce phénomène n'a pas toujours lieu.
ur: