LI.S
-Si'
de la
Démocratie
fi LE MALAISE DE LA DÉM tATH
Oise. Mais avant d'être fonctionnaire, Tocqueville le père s'étail essayé dans le j philosophique et grave où son lils devait irouvi la célébrité. On a, de lui, une Histoire philm /ilu'r/ii? (lu règne tir Louis XV et un Coup d'e sur te règne dé Louis XVI. Sa ('iii'rcspnndai administrative, conservée aux Archives nales, a paru fort instructive à Taîoe, ipii craint pas de mcltrp le préfet TocqueviÔÉ j môme rang que les grands préfets Hhalirol, musat, Harante '.
La comtesse de Toi- que vil le, née Le Peletier A Roaambo, était petite-fille de l'illustre Malesherb
La sœur aînée de la comtesse de ïocqueville avait épousé Jean-lïaptiste de Chateaubriand, frère de l'auteur des Martyrs '.
On rêva pour Alexis de Tocqueville la douce inamovibilité de la magistrature assise. Il lui juge, pendant quelque temps, à Versailles. Mais
i. Taille. I.f Hcf/ime nunlei'iie, t. 1, p. JDU.
3. V. dans les Mémoire* iT Outre-Tombe (t. 1, p. 215), un amusant tableau île la famille [losamlio, et un croquis ilu vi,-ux Malestievbes - au euinuieni'einenl de h HévulLilioii, arrivant cliez M'" île Hosamtio, tout éetiaulTé ilo politique, jetant sa perruque, se ciiuclianl mii II' lapis rie In ctiautlint et se laissant lutiner nvec un tapage affreux par 1rs enfants ameutés ». On voit, dans celle curieuse description, 411e les magistrats île l'ancien n-uiii.L- 11 etaicnl p.is toujours solennels ni gourmés. I.li'i 1 . ',1 il. nul pr. tend même qu'ils ne IcLnieiiL pas assez. • Le piv-i<l.t!i Le Peletier de Rosauilio, qui joua le Barbier i\r Séptite die? M. île Lfltnoîgnon Était, dît illialcautiriaiHi, Hn vioiiéle 'le légèreté. • Cf. le? Mémoires du chancelier Pasquier,
il n'avait pas cette vocation du fonctionnarisme qui devient, à présent, la maladie quasiment nationale des Français. Il rua dans les brancards. Il voulut se sauver comme un cheval échappé, craignant le caveçon, le licol et la longe. « J'en suis à craindre, disait-il, de devenir une machine à droit, comme la plupart de mes semblables, gens spéciaux s'il en fut jamais, aussi incapables de juger un grand mouvement qu'ils sont propres à déduire une suite d'axiomes et à trouver des analogies et des antinomies. J'aimerais mieux brûler mes livres que d'en arriver là. »
Sans craindre de scandaliser les mânes de son arrière-grand-père, M. de Malesherbes, il envoya sa démission à Louis-Philippe. Puis il demanda au comte de Montalivet, ministre de l'intérieur, de lui confier une mission, à l'effet d'étudier les prisons d'Amérique. Il fit le voyage d'outre-mer en 1831, se passionna pour le régime cellulaire, admira les cataractes du Niagara et consigna, sur son carnet, un grand nombre de notes, dont il se servit, plus tard, pour étudier les progrès (on ne disait pas alors 1' « évolution ») de la Démocratie.
Tocqueville est un de ceux qui ouvrirent à la curiosité de l'Europe ce vaste monde américain dont l'inquiétant tapage est un des événements les plus considérables de l'histoire moderne. Il étudia de près cette maison de commerce et cette usine. Il circula parmi ces brasseurs d'affaires et
ces fabricants de produits. Il s'étonna, comm tant d'autres, de l'extraordinaire vitalité de i États-Unis qui, après avoir été un syndicat < marchands, deviennent, maintenant une nali disciplinée par l'uniforme militaire el ennobl par le culte du drapeau.
Tocqueville s'appliqua surtout à observe outre-mer, le développement hàtif d'une détB cralie affairée '. 11 voulait, par ce moyen, donn des leçons à ses compatriotes.
En effet, après le remue- ménage de 181)0, cruelle énigme s'imposa aux nouveaux tenancîe du pouvoir. Il s'agissait de réconcilier la liL avec l'autorité et de faire vivre la nation françai fii pair sans quelle s'ennuyât. La consultation < Tocqueville venait donc à propos.
Cet homme sérieux disait : a Ceux qui, comm le duc de Broglie, ont cru fermement la ftévolu lion finie, se livrent au désespoir et joignent i mal réel dont nous souffrons mille maladies plu terribles encore, que leur esprit dérouté et Jeu imagination effrayante leur font inventer... » ] par là il prévoyait toutes les hallucinations toutes les folies où mène le conservatisme béa ïl disait aussi le 21 mai 1830: » Changarnior s le concurrent de Louis-Napoléon, maison comp que le prince le battra parce qu'il est meillei