‹ Le malaise de la démocratie (volume 2)Chapitre 32 sur 98 · LE BESOIN DE S'AMUSER · texte numérisé non relu

LE BESOIN DE S'AMUSER

obligées de célébrer, par des ripailles solennelles, cette nuit mémorable de Fan 750 de Rome, où naquit, dans un village de Judée, Jésus le Nazaréen.

Pendant tout le mois de décembre, des arrivages d'huîtres préoccupent l'âme soucieuse de nos principaux restaurateurs. La Chambre syndicale de l'alimentation est sur les dents. Des caisses de Champagne encombrent les cabarets où fréquente l'aristocratie de la troisième République. Et le boudin blanc abonde dans les gargotes voisines des Halles. Pourquoi? C'est que le « réveillon » de la nuit de Noël, destiné par la prévoyance de la primitive Eglise à réconforter les fidèles affaiblis par le jeûne, s'est changé en une mangeaille quasiment nationale, en une sorte de quatorze juillet nocturne auquel il n'est pas nécessaire d'apporter l'excuse d'une longue abstinence ni la sécurité d'âme que donne une bonne communion. Evolution des genres... <* En ma jeunesse, dit le bon Estienne Pasquier, c'estoit une coustume que Ton avoit tournée en cérémonie de chanter tous les soirs, presque en chaque famille, des nouels qui estoient chansons spirituelles, faites en l'honneur de Nostre-Seigneur; lesquels on chante encore en plusieurs églises, pendant que l'on célèbre la grand'messe le jour de Nouel lorsque le prestre reçoit les offrandes. »

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