LE SPIRITUALISME
de tous les grands professeurs de ce siècle, fut oratoire. Pour s'emparer des Français, — qui, malgré la légende, ne sont pas nés malins, — il faut crier fort. On s'est trompé lorsqu'on a cru devoir introduire dans nos Facultés l'usage des leçons bredouillées à la manière allemande. Le bégaiement et le huis-clos ne réussiront jamais dans notre pays... M. Cousin avait déjà essayé son spiritualisme sur l'auditoire de la Sorbonne, avant de le divulguer dans les lycées et collèges du royaume. Il avait remarqué, autour de lui, dans les esprits et dans les cœurs, une lassitude qui n'allait cependant pas jusqu'au reniement complet du rationalisme. On éprouvait un vague besoin de croire, sans toutefois se résigner encore à la foi du charbonnier. M. Cousin sut inventer un catéchisme qui, sans choquer l'humeur voltairienne de MM. les officiers de la garde nationale, s'accordait assez bien avec les cantiques modulés par Béranger en l'hqnneur du Dieu des bonnes gens.
La religion de Cousin fut prêchée par Amédée Jacques, par Emile Saisset, même par Jules Simon. Le Dictionnaire philosophique d'Adolphe Franck en fut le résumé et, pour ainsi dire, la somme.
C'était un édifice harmonieux où l'on apercevait d'abord l'âme immortelle dûment séparée du corps. Le dogme de la liberté humaine* démontré