LA PÉDAGOGIE ALLEMANDE
Souvenirs historiques. — La Prusse après Iénaetla France après Sedan. — Gabriel Monod à l'armée de l'Est et à l'armée de la Loire. — Le choral de Luther. — Les Discours de Fichte à la nation allemande. — Les discours des pédagogues et des philologues à la nation française. — M. Buisson. — M. Pécaut. — Échec de la pédagogie allemande. — Réflexions sur la littérature française.
Le 7 juillet 1807, trois grands personnages, très décorés, très chamarrés, très solennels, se réunirent autour d'un tapis vert, à Tilsit, en Prusse.
C'étaient :
M. Charles-Maurice de Talleyrand, prince de Bénévent, grand chambellan et ministre des relations extérieures de S. M. l'Empereur des Français, grand cordon de la Légion d'honneur, chevalier grand-croix des ordres de F Aigle-Noir, de l'Àigle-Rouge, de Saint-Hubert, etc. ;
M. le prince Alexandre Kourakine, conseiller
privé de S. M. l'empereur de toutes les Russies, membre du Conseil d'État, sénateur, chancelier de tous les ordres de l'empire, chambellan, ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire, chevalier des ordres de Saint-André, de Saint-Alexandre, de Sainte-Anne, de Saint- Vladimir, de l'Aigle-Noir, de l'Aigle-Rouge, de Saint Hubert, bailli de Tordre souverain de Saint- Jean de Jérusalem, etc. ;
M. le prince Lobanof, lieutenant général, chevalier des ordres de Sainte-Anne, Saint-Georges, Saint-Vladimir, etc.
Ces messieurs, après avoir été introduits par un maître des cérémonies, selon les règles de l'éternel protocole, signèrent un traité dont le premier article est ainsi conçu :
II y aura, à compter du jour de réchange des ratifications du présent traité, paix et amitié parfaite entre S. M. l'empereur des Français roi d'Italie, et S. M. l'empereur de toutes les Russies.
Mais « toute alliance, selon la forte expression d Albert Vandal, est faite de haines partagées ». Le traité de ïilsit réduisit la Prusse au désespoir. On a pu dire que ce contrat fut un chefd'œuvre de destruction. L'alliance franco-russe fut fondée sur les ruines de la puissance prussienne.
Or, tandis que les courriers des « hautes parties contractantes » parcouraient l'Europe au