LES ANGLO-SAXONS, PROFESSEURS D'ÉNERGIE
x tend s une France digne du passé, et non pas une république sud-américaine, transplantée par l'ironie du destin sur le sol même où dorment les os d'un Richelieu, d'un Dupleix, d'un Thiers, d'un Ferry.
C'est à l'examen de ce problème effrayant, que M. Edmond Demolins emploie toute sa force et tout son temps. S'il n'a pas encore osé lé résoudre, on peut dire du moins qu'il en a énoncé les données avec une volonté persévérante. Son évolution intellectuelle mérite d'être racontée.
M. Demolins est un Marseillais, descendant d'une famille arménienne. Ses origines méridionales auraient dû lui infliger des superstitions jacobines ou césariennes. Or il est résolument particulariste et antisocialiste. Il est donc un argument vivant contre la théorie des « milieux », encore qu'il se plaigne parfois de lutter contre l'esprit provençal et les hérédités levantines qui bouillonnent en lui... Il a suivi les cours de l'École des chartes. Parmi les professeurs dont il reçut alors la doctrine, il s'attacha surtout au catholique Léon Gautier. Il goûta sans doute, chez ce maître impétueux, l'union de la science avec l'enthousiasme et de l'enseignement avec l'apostolat. L'influence de cette âme chevaleresque et violemment amoureuse du « bon vieux temps » aurait pu l'incliner vers un « moyenâgisme » dont il s'est écarté prudemment.
L'amitié du numismate Baljrlon, arec tapi il vivait fraternellement, «laits un mod de la rue du Pré-aux-Clercs, a pu contribuer i l'éloigner des [iltrases toutes faîtes, el à lui faire désirer, de tout son ctrur, la plénitude de satisfaction intellectuelle que procure la méffcotl d'observation.
En 181i, M. Ikmolins essaya de se plier ma disciplines de l'Ecole pratique des Hautes La vivacité de son intelligence et son aptitude nu prosélytisme furent remarquées par les hommes ém inouïs et libéraux qui ont fait de cette éeol alors pauvrement installée dans les galetas la vieille Sorbonne, un riche foyer d'idées.
nota aussi quelque chose d'excessif et d'irrêgulier dans sa logique rapide et un peu trop absolue. 11 était bienveillant pour les personnes, avec de l'intolérance pour les idées, et une certaine propension lyrique aux erreurs défait.
Son premier livre fut une étude sur le Mouvement communal en France. Ensuite il publia, sous les auspices de la Société bibliographique, une Histoire de France en quatre -volumes. Ce récit, dont l'auteur n'approuverait plus les tendances ni les conclusions, marque un Bincèfl désir de recourir directement aux sources d'informations les plus instructives- L'historien s'esl enfermé en tète ù tête avec les témoins des événements qu'il raconte. Volontiers il interrompt
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