LA COURSE AUX EXAMENS
Létonrner de l'Ecole de médecine un nouveau HlsL\ide Bernard, que notre race, après tout, ne semlle pas incapable de fournir. Mais j'attends îles indications plus précises. Or, que dit Le Roux? Ceci : « Soyez agriculteurs, marchands, mécaniciens. » Et ceci surtout : « Allez aux colonies! » J'interroge un autre conseiller, le très éloquent Père Didon. Il a parlé souvent à la France tout entière, par-dessus les casquettes de ses élèves d.* Arcueuil et par-dessus les biceps des athlètes du Havre. Il a dit ceci : « Soyez agriculteurs, marchands, mécaniciens. » Et surtout : « Allez aux colonies. »
Évidemment, ces conseils sont excellents, à condition toutefois que Ton ne force pas les vocations, que Ton n'oblige pas un ébéniste à labourer la terre, un poète à faire faillite dans les huiles, un ataxique à conduire une locomotive, et un manchot à tenir un gouvernail. Mais les prédicateurs n'ont pas besoin d'entrer dans les nuances. Hugues Le Roux et le Père Didon auront fait beaucoup de bien s'ils réussissent à désencombrer les antichambres où foisonnent les solliciteurs, et à dégager les couloirs de Facultés, où abondent les candidats.
Seulement, j'en reviens à ce que je disais. Le meilleur moyen de réformer la jeunesse, c'est de nous réformer nous-mêmes. N'abusons pas de la néanioscopie. Il ne faut pas trop confesser, aus-
cultcr, tarauder les jeunes gens. II faut les hi. no peu libres de chercher leur voie. Si bobs à ions que les postulant» aux postes aiJniit) soient moins nombreux, ne guettons pas les h réats, au sortir des lycées, alïn de leur octroyé des licences illusoires ou des agrégations dé* vantes. Les excellents conseils de colonisait viendront trop tard, s'ils sont précédés pal al culture intensive de mandarins. Si nous ne f Ions plus de ronds-de-cmr, cessons de recrulw artificiellement des stagiaires... Ayons soin, sur tout, de prêcher par des exemples. Ce sont l< meilleurs arguments. Les jeunes gens valen autanl que nous, allez! Faisons notre examen*! conscience. Commençons par mettre un peu d'esprit de suite dans nos préoccupations et dans no actes. C'est nous (soyons francs!} qui avons appri à ces enfants la morale de l'intérêt égoïste, I mesquine ambition, l'indifférence envers la cho publique, l'habitude de traiter « à la blague i 11 problêmes graves et de révérer considérableniefl les fariboles ou les cabotinages. Nous n'avons pi île grands vices. Nous avons même une quantité de petites vertus casanières. Mais nous somme* affligés de menues défaillances dont le total e attristant. Réagissons là-contre. Sans quoi jeunes gens pourront nous retourner nos mercu riales et nous dire : « A qui la faute* a
Lorsque je vois les nêanioscopes se plaindre <1