NÉCESSITÉ D'UNE RÉFORME
je ne sais quelle muraille de Chine, nous devons chercher surtout dans nos traditions nationales le 'eraède aux maux qui nous tourmentent.
Une nation qui fut glorieuse pendant une izaine de siècles a dû nécessairement, au cours e cette longue période, résoudre à peu près tous s cas de conscience qui peuvent se proposer aux éditations de l'humanité. Notre histoire natioile ne contient pas seulement une suite éblouisnte de victoires et de conquêtes. C'est aussi un erveilleux recueil de préceptes et d'exemples. Restons attentifs à X antique prouesse de notre tion.
Le bon chroniqueur Froissart, ayant vu beaujp de tournois, de batailles et de chevaleries
terres de Bretagne, d'Ecosse, de Brabant, de arn, de Berry, de Provence, d'Auvergne, de :ardie, de Gascogne, de Lombardie et d'Allegne, proclamait, à la fin de son récit, la préence des chevaliers français sur tous les preux 'univers entier.
I disait, en son jargon de poète flamand, que îe Fortune et dame Prouesse, personnes capriises et vagabondes, visitent beaucoup de pays e peuples, avant de choisir quelque séjour de lilection.
ortune court encore le monde, quittant et enant ses favoris d'un jour. Prouesse est ris volage, apparemment parce que ses
charmes austères et sa beauté presque inaccessible ne plaisent qu'aux volontés vaillantes et aux courages indomptés.
Prouesse s'est arrêtée, pendant plusieurs siècles, en Grèce, où les exploits d'Achille, de Diomède, d'Epaminondas et d'Alexandre furent agréables à son désir de renommée et propices à son appétit d'héroïsme.
Prouesse passa ensuite à Rome, où elle aima le chevalier César, père du nain vert Obéron et époux de la fée Morgane. Ce fameux chevalier résista aux philtres subtils de la reine Cléopâtre.
Enfin, dame Prouesse arriva en France, où elle sembla se fixer pour toujours. Elle s'assit, en de beaux palais, au pied du trône de Charlemagne. Elle versa l'ivresse aux guerriers dans des hanaps d'argent, d'or et de pierres précieuses. Sa voix exhortait au combat les paladins casqués de fer. Dans les mêlées, quand les claires épées flamboyaient au soleil, son cri faisait hennir de joie les lourds chevaux vêtus d'acier et carapaçonnés de velours. Son souffle déployait superbement la soie des bannières frissonnantes... Et, tandis que les hommes d'armes, la lance haute, la visière baissée, chevauchaient au son des trompettes, dame Prouesse devenait câline, pour rassurer, dans les donjons sombres et déserts, l'âme craintive et le frêle cœur des châtelaines.
C'est elle, évidemment, qui a dicté les lois de
la chevalerie française, calligraphiées en lettres Je vermillon, d'azur, de carmin ou de sinople, :>armi des miniatures et des armoiries, sur le )archemin des « chansons de geste » .
Ouvrons ces vieux livres. Et savourons la quinessence de loyauté, de charité, d'amour, de prudomie et d'accortise que recèle la reliure de atin, sous la triple agrafe du fermoir d'émail.
Le duc Naymes, conseiller de l'empereur Charmagne, était renommé dans toute la chrétienté
jusque chez les païens, parce qu'il protégeait s orphelins et les veuves.
Tel conseiller n'eurent onques li Franc.
Il ne donna conseil petit ne grant Par coi preudome deserité fussant, Les veves famés ne li petit enfant.
Lorsque Dieu fit couronner par ses anges le 3mier roi de France, il lui ordonna d'être, sur terre, le champion armé du droit et de l'équité.
... Le commanda estre an terre son serjant, Tenir droite Justise et la Loi mettre avant.
Le comte Roland, lorsqu'il mourut navré au
de Roncevaux, tourna son visage vers les
îemis et songea tendrement à « la douce
mce », terre de droiture et d'héroïsme, patrie
chevaliers sans peur et sans reproche. jà, on était fidèle, jadis, aux chefs dont on it juré de suivre, en tous lieux, les étendards. "sque Guillaume d'Orange, le bon vassal,
reçut l'anneau de sa fiancée, dans une belle église illuminée de cierges, devant un évêque mitre, parmi des châsses, des reliquaires et des chandeliers qui brillaient comme un étincellement d'escarboucles, tout à coup un messager vint dire que les Sarrasins, méprisant les traités, s'avançaient vers le fief du roi. Alors, Guillaume s'écria : « Mon seigneur Louis est en danger! » La jeune fille qu'il aimait était près de lui, souriante et blonde. Elle avait un visage clair et deux tresses tombantes, qui semblaient d'or effilé. Cette gente damoiselle était digne de ce fier baron. Son front était pur comme fleur de lys. Ses joues étaient aussi roses que la rose en mai. Ses lèvres étaient vermeilles et fraîches comme la fleur du pêcher. Son col était plus blanc que la neige des montagnes. Ses yeux étaient vifs et gais. Jamais un imagier n'a su enluminer un portrait comparable à ce miracle vivant. Jamais la viole des trouvères, ni la harpe des jongleurs, ni même le psalterion du roi David n'ont chanté comme cette voix de sirène... Le loyal serviteur détourne la tête. IJ craint de ne pouvoir renoncer & ce trésor de beauté s'il le regarde un seul instant, s'il en contemple l'harmonie, s'il en respire le parfum. Il se répète à lui-même : « Mon seigneur Louis est en danger! » Alors, il demande son haubert et sa cotte d'armes, sa cuirasse et son heaume, ses solerets éperonnés, ses gantelets de fer, son épée