LE POSITIVISME
Victor Cousin pontifia, Auguste Comte a cherché, lui aussi, les moyens de remédier à l'anarchie intellectuelle et morale qui a été la maladie chronique de notre siècle tumultueux. Effrayé par la folie de Tindividualisme, il a cherché un principe positif, pour y asseoir la société. Sur les débris des religions révélées et des métaphysiques arbitraires, il a entrepris d'édifier la doctrine morale et la « physique sociale » du positivisme *. On aimerait à insister sur cette doctrine; mais n'ayant pas été une « philosophie d'état », elle n'occupe pas, dans l'histoire politique de ce siècle, une place aussi considérable que dans l'histoire des idées.
Il est visible que les fondateurs de la troisième République, lorsqu'ils ont mis la main aux affaires, ont senti, comme leurs prédécesseurs, le besoin de créer un nouveau « pouvoir spirituel ».
Avant même que la constitution de 1875 eût été promulguée, on s'occupa de distribuer à la France républicaine une indispensable provision d'idéal.
Le génie de Michelet, la poésie vertueuse de Quinet furent d'abord les deux principales sources d'idées et de sentiments où s'alimenta la morale laïque du régime nouveau.
L'Université reprit, sous la troisième Répu-