‹ Le malaise de la démocratieChapitre 83 sur 108 · V Enseignement secondaire du 15 avril · texte numérisé non relu

V Enseignement secondaire du 15 avril

âÔO LE MALAISE DE LA DÉMOCRATIE

incompétentes, il y avait mieux à faire que d'échanger, dans des conversations privées, des épigrammes dans le tour d'Horace et des consolations à la manière de Sénèque- Ils ont compris que le classique Suave mari magno est preuve d'imprévoyance, car nul n'est à l'abri du naufrage, et la mesure imméritée qui frappe l'un de nous atteint la dignité même et la sécurité de la corporation tout entière... La solidarité active de collaborateurs libres, voilà le principe qui, pour la première fois, revêt une forme vivante*.

Ces déclarations sont datées du 15 avril 1896, peu de temps après la manifestation de Bordeaux. Elles indiquent assez W état d'âme » de TUniversité sous M. Combes. Peu s'en fallut que ces désirs, fort respectables, de solidarité et d'entente cordiale n'aboutissent à la formation d'un « syndicat », dont la direction aurait été prise, inévitablement, par la moins bonne partie du personnel universitaire. Les professeurs ont compris qu'ils avaient mieux à faire que de suivre l'exemple des maîtres d'étude. Leur charge les oblige évidemment à une réserve que l'opinion publique n'exige pas des autres fonctionnaires. Étant une élite, ils sont à part, et beaucoup de personnes seraient péniblement surprises en les voyant sortir de la région élevée et sereine où ils sont haussés par leur profession même. Ils ont un rôle national et social dont ils ne pourraient perdre le sentiment sans abandonner la meilleure part de leur

Page 1