Les Jeunes ou V espoir de la France, i vol
ferons-nous? Ainsi voilà exactement où nous en sommes : nos enfants, nous ne savons qu'en faire, nous sommes tentés de les envoyer se promener ailleurs, et nous nous répétons en nous-mêmes : Que ferons-nous de tous ces fils et de toutes ces filles ! Les unes ne se marient pas assez tôt au gré de notre impatience, ni assez bien au gré de nos ambitions ; quant aux autres, nous craignons qu'ils ne tournent mal, nous ne savons où les caser. Et nous voilà en présence d'une espèce de drame qui met en conflit la société malade et les jeunes gens mal partis pour la conquête du monde.
Depuis une dizaine d'années les consultations sur la jeunesse contemporaine se sont succédé les unes aux autres avec une continuité véritablement étrange. Pendant un certain temps nous ne pouvions pas ouvrir un journal, feuilleter une revue sans y voir une nouvelle discussion sur le fameux problème. Tous les matins on nous révélait l'âme de cette jeunesse, on nous disait que nous n'avions pas fait grand'chose de bon ni d'utile et que nons n'avions qu'à céder la place à la génération « montante ». Mais voici que les observateurs de la jeunesse contemporaine ont pris un ton qui semble aussi découragé que le ton d'avant-hier était provocant. Les néanioscopes se déclarent vaincus. Non seulement ils ne prédisent plus ce que veulent faire les jeunes gens, non seulement ils n'auscultent plus les âmes adolescentes, mais ils nous
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