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ESSAI SUR LE MANCENILLIER

De tous les végétaux toxiques des pays intertropicaux, il n’en est point de plus célèbre que le mancenillier.

On a, et depuis longtemps, beaucoup écrit sur cet arbre. Les récits les plus fantastiques et les plus contradictoires ont été faits sur lui par les voyageurs; de prodigieux effets lui ont été attribués.

Malgré les travaux, assez récents, qui ont été publiés par d'excellents observateurs, il ne faut pas croire que le sinistre prestige et le merveilleux dont ce poison a été environné aient disparu. C’est aux lieux mêmes où croît cet arbre que l’exagération sur ses effets est la plus grande. Que de contes font sur ca sujet aux Antilles, non-seulement les premiers venus, mais encore les personnes éclairées et intelligentes.

En entreprenant l'étude de ce végétal, j'ai pensé qu’un témoignage de plus pour ce qui est vrai, et une arme de plus contre ce qui est faux, ne seraient point inutiles à la science.

Il faut, en effet, chaque fois qu’on le peut, chercher à détruire certains préjugés qui règnent dans toutes les classes de la société, et qui souvent nuisent autant à leur développement intellectuel, qu'à leur prospérité industrielle et commerciale.

C'est guidé par mon savant maitre, M. Amédée Coutance, pharmacien professeur de la marine, que j'ai entrepris cette étude. Il me l’a facilitée en mettant à ma disposition les notes et observations qu'il a recueillies à la Martinique, lorsqu'il s'y trou-

ile vait il y a quelquelques années en qualité de chef du service pharmaceutique.

Je lui adresse ici tous mes remerciements, pour les bons conseils qu’il m'a donnés, et pour la sympathie qu'il m’a toujours témoignée, depuis mon entrée dans le corps de santé de la marine.

Je dois à l’obligeance de M. le Dr Léon Soubeiran, plusieurs renseignements qui m'ont été très utiles; grâce aux excellentes relations qu'il m'a procurées, j'ai pu me livrer à quelques recherches de botanique qu'il m'aurait été difficile de poursuivre sans son bienveillant concours. Je le prie de vouloir bien agréer ici l'expression de ma profonde gratitude.

ED. BROUSMICHE.

15 avril 1874.

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