‹ Le manchot de Frontenac. --Chapitre 24 sur 32 · I.A VIE CANADIENNE · texte numérisé non relu

I.A VIE CANADIENNE

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LA VIERGE D'IVOIRE

(Suite de la page 89)

Parfois aussi, il frappe, entre, puis s'en va. Et Ton pourrait dire que c'est presque toujours ainsi. Le bonheur, tout comme la fortune, est capricieux et inconstant !

Un jour, d'un misérable il avait fait un bienheureux: Philippe Danjou. Puis il avait apporté la joie dans la maison du restaurateur, Amable Beaudoin. Pendant de nombreuses années il avait habité au foyer de M. Eoussel. Or, un jour, il avait eu la fantaisie d'aller ailleurs: il avait déserté Philippe tout à coup en le mettant dans l'impuissance de soulager la douleur de son patron. Oui, depuis que Philippe n'avait pu rendre à M. Roussel la Vierge d'Ivoire qu'il avait trouvée et donnée à Amable Beaudoin le jeune homme était malheureux. . très malheureux. Il avait abandonné le restaurant de la rue Xotre-Dame et, sans le vouloir, il avait fait une misérable: Eugénie qui ne së consolait plus ! Et Eugénie étant malheureuse, toute la famille tombait sous le coup de sa souffrance.

Le lendemain de ce soir où Philippe avait couru chez Amable Beaudoin pour lui redemander la Vierge d'Ivoire, le jeune homme avait demandé à sa maîtresse de pension de la Place Viger de lui fournir les vivres. La bonne femme, qui estimait Philippe, ne l'avait pas refusé, et pour elle cela représentait un revenu suplémentaire. Du reste, elle avait longtemps demandé au jeune homme de prendre ses repas chez elle. Mais elle ignorait que Philippe préférait manger chez Amable Beaudoin par reconnaissance pour ce dernier et par amitié pour Eugénie.

Mais cette amitié s'était tout à coup effacée lors(]ue la jeune fille avait annoncé à Philippe la ])erte de la statuette d'ivoire, et

Philippe gardait à la jeune fille une rancune pour la négligence qu'elle avait montrée en ne mettant pas en lieu sûr la statuette. Il lui en voulait énormément encore, à ce point qu'il finissait par la haïr.

Il n'avait donc plus reparu au restaurant de la rue Notre-Dame, et il avait tout fait })our éviter une rencontre avec Eugénie. Il s'abstenait d'aller à l'église Xotre-Dame par crainte d'y rencontrer la fille du bossu. A présenté c'était à l'église Saint- Jacques qu'il allait entendre la messe le dimanche, ('ette église était également celle de son patron, M. Roussel.

Celui-ci, un dimanche, ayant aperçu (Suite à la page 91)

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