PROLOGUE i
LE DUC
Mademoiselle est d’une nature nerveuse, et ce cri dans la nuit...
LE CHEVALIER
11 n’a rien que d’ordinaire. C’est le cri des montreurs d’ombres chinoises pour tenter les enfants. .. au coin du Teu,
l’hiver... (Le meme cri se répète, mais plus loin et moins distinct.)
« Lanterne magique. »
LE DUC
C’est bien mélancolique!
LA DUCHESSE, montrant Marie qni attache sur elle un regard efTrayé.
Mais voyez donc, messieurs., comme ces beaux yeux-là me regardent I...
MARIE, tâchant de se remettre.
Oh! pardon!... Madame la duchesse continue-t-elle à se trouver mieux ? ■>
LA DUCHESSE
Oui... pourquoi ?
MARIE
Je voudrais lui demander la permission d’aller entendre la messe de minuit à la chapelle des Missions Étrangères?
LE DUC, joyeux, à part.
Elle consentirait donc... > .
LA DUCHESSE
Allez! Mais vous refusez toujours une voiture; au moins, fai les- vous escorter.
MARIE
Je prierai Léger de m’accompagner, merci, madame la duchesse.
Elle entre dans la chambre de gauche.
LÉGER, entrant par le fond, il apporte du bois et parait trèspréoccupé.
La voiture de monsieur est atlelée... avec un e muet.
Léger, Léger., lu finiras mal.
LA DUCHESSE
Allez attendre mademoiselle Marie, Léger; vous la suivrez.
LE MANGEUR DE FEU
LEGER, joyeux.
Moi 1 je... al) !
Il sp contient, s'incliuo ot sort.
LE CHEVALIER, au duc.
Vas-tu me jeier chez moi ?
LE DUC
Tu ne serais pas resté si tard, si tu n’en avais été sur!... Dis donc: « Bulle cousine » pour la dernière lois d’aujour- » d’hui, et partons 1
LE CHEVALIER
Belle cousine...
LA DUCHESSE, l'interrompant.
A demain malin donc, Hector. (Appuyant.) Mais de bonne heure 1
LE CHEVALIER, il part, entre ses dents.
De bonne heure! O ciel! (Haut.) Belle cousine, comptez . sur moi!
LE DUC, comme pressé de partir et après un regard jeté vers la chambre de gauche.
A demain, Christine! Bonne nuit!
Merci, Henri, à demain !
Comme le duc et le chevalier sortent par le fond, Marie rentre par la gauche, une pelisse sur son bras, un chapeau h la main.