‹ Le mangeur de fer drame en cinq actes, huit tableaux dont un prologueChapitre 106 sur 107 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PHÉNIX, assis et paraissant dormir, OCTAVE, BLANCHE, DIANE, pais LE DUC, pais EMMANUEL, M. ROCH.

BLANCHE, d’uno voix altérée; elle est placée de façon Si avoir Phénix derrière elle.

Octave... mon frère. ..

La voix loi manque.

OCTAVE

Blanche, chère sœur, calme-loi! A moi, lu n’as rien à dire! mais tu as compris, nest-ce pis, que tu devais quelques paroles à...

Il montre Diane qui, tout oppressée, les yeux à terre, serre sa poitrine sons ses mains.

BLANCHE. Elle la regarde, rassemble scs forces, lève les yen x au ciel, puis, va à elle.

Mademoiselle d’Hauberleuil, je m’incline devant vous, et...

DIANE, h part, avec orgueil.

Devant moi! (Bant.) Mademoiselle...

PHÉNIX, h part, admirant Diane.

Ah 1 quelle femme c’était iàl

BLANCHE, se courbant davantage.

Et je vous demande pardon !

octave, voulant l’arrêter.

C’est assez, Blanche !

BLANCHE

Non! Laissez-moi dire.., toutce que je me suis juré (avec résolution) : de dire!.. — Ma famille vous a traitée comme un de ses enl'anls, Diane 1 avant que Marie l’orpheline, devint mademoiselle d’Hauberteuil, ma mère l’aimait déjà, mon

E ère l’honorait, et tous les deux voulaient pour elle une vie eureuse. II ne lui avait fallu pour cela ni trahison, ni mensonge... C’est vrai, n’est-cc pas?

DIANE, toujours troublée.

C’est vrai...

BLANCnE, s’animant.

Ociave devait revenir un jour, et puisque vous éliez destinés à vous aimer, rien n’empêchait cela I vous vous aimiez, et, comme le voulait ma mère, je vous appelais ma sœur... un peu plus tôt. Dieu vous proiégeait donc, Diane; il vous menait aans les chemins qui éloignent du mal?...

Elle s’arrête et du regard semble interroger Diane.

DIANE, comme involontairement.

C’est vrai !

BLANCHE

Et voilà que je vous calomnie moi ! je vous soupçonne, je vous accuse d’un crime; el de quel crime!... Le plus odieux de tous 1. comme si ce n’en n’était pas aussi le plus inutile! Est-ce vrai?

DIANE, d'une voix affaiblie.

Le plus odieux! le plus inuiile! c’est vrai.

BLANCHE

Ah! vous voyez bien que c'est moi qui suis coupable! je l’avüue 1 et j’implore mon pardon!

DIANE, balbutiant.

Mademoiselle, épargnez-nous ...

OCTAVE

Diane, vous souffrez...

DIANE, les mains à sa poitrine.

Nonl je... j’étouffe!

BLANCHE

Respirez ce flacon! Vous le reconnaissez, n’est-ce pas! c’est celui de la duchesse, gardez-le I

Ah!

Elle le jette b terre.

OCTAVE

Que faites-vous donc!... Vous souffrez, vous dis-je!

DIANE

Moil nonl.. Si 1 je sens sur mon front... une sueur d’agonie.

Elle tombe assise.

PHENIX, b part.

Ce n’est plus elle!... Elle a peur...

OCTAVE

Un médecin 1 *

DIANE, le retenant avec ainonr.

Nonl ne me quittez pas!...

PHÉNIX, b part.

Comme elle l’aime I...

En ce moment les cloches recommencent à tinter, et l’orgue de la chapelle se fait entendre.

DIANE

Pourquoi ces cloches?

Page 1