BLANCHE, COLETTE
COLETTE, en entrant par le fond, olle vient vivement à Blanche, lui écarte la main des yeux et l’embrasse à plusieurs reprises, en disant.
Ma Blanche! ma fille 1 ma chérie!
BLANCHE
Toi, Colette 1
COLETTE
Oui, mais n’ dis rien! Vous n* pouvez pas avoir le cœur , à parler, toi, ma lillel laisez-vousl je suis vol’ Colette, oui I ta Sœur de lait, vol’ amie d'enl'ance!
BLANCHE
Tu avais donc quitté ma mère!
COLETTE
Eh! oui!... j’ suis mauvaise, moi! Mais n’ dis rien I n’ faites qu'écouler, ma Blanche... parce que d’ m’entendre un peu dire, ça apaisera p't'êlr’ un moment ton chagrin... (S’arrêtant et pleurant.) Quel chagrin, ma fille 1 quel malheur I... Ah! mon Dieu! quel malheur!... liens! voila son mouchoir, le dernier qu’elle a tenu dans ses mains... je l’ai gardé pour loi... (Blanche embrasse le mouchoir. Colette reprend apiis avoir essuyé ses
larmes.) Moi, telle vous m’avez connue, telle je suis restée : Jalouse, empo;lée, têlue, volontaire... et... jalouse Et quand j'ai vu ici mademoiselle Marie... mademoiselle Diane si on veut : aimée plus que moi en un rien de temps, et qu’on lui donnait ma chambre. . là... (Ella montre la gauche.) J’ai fait un coup de ma tête, j’ai quitté madame la duchesse et M. le duc, oui ! et l’hôlell et Léger... tout! et j’ai été servir notre frère de lait.
BLANCHE, tressaillant.
M. de Kérall... Il va venir, n’est-ce pas?
COLETTE
Il vient.
BLANCHE
Mais me voilà : Tu vas la reprendre ta chambre.
COLETTE
Pardi 1... (S’arrêtant et écoutant.) Ail I je l’entends, mon mai Ire!