‹ Le mangeur de fer drame en cinq actes, huit tableaux dont un prologueChapitre 48 sur 107 · ACTE DEUXIÈME M · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME M

OCTAVE, résolùment.

Je viens savoir qui vous aimez.

DIANE, l’œil étincelant.

Et de quel droit ?

OCTAVE, tombant b genoux.

Je vous aime.

DIANE, b part, avec on accent d’ivresse.

Enfin... (Haut.) .Monsieur! je ne dois pas vous entendre... partez! laissez-moil

OCTAVE, s’animant.

Non! impossible! Cette heure est suprême! Quelque chose vous dit comme à moi que notre destinée va en sortir. Ah ! Diane!...

DIANE

Vous ai-je autorisé à me nommer ainsi ?

OCTAVE

Non, jamais! Mais je vous aime : vous m’âimerez. Cela doit être, cela sera ! Je vous nommerai « Diane,» alors, pour vous répéter : « Je vous aime! »

DIANE, b part, avec bonheor.

Enfin! enfin!...

OCTAVE, continuant.

El puis... n’est-ce pas ce que voulait ma mère en vous appelant sa fille?

DIANE, se détournant.

. Ne parlez pas de votre mère!

OCTAVE

Vous avez donc peur que son souvenir intercède pour moi!... Mais non! El si je vous offense en parlant ainsi, c’est que ce n’est pas moi que vous aimez, c’est... c’est M. de Kéral, peut-être !...

DIANE, avec nn cri de baine.

Lui!... non. (Sc calmant.) Je n’aime personne. Si j’ai dit que mon cœur était donné, c’est parce que je devais ôter au duc tout espoir. Mais je n’aimerai jamais, je l’ai juré, jamais.

OCTAVE

Serment trahi d’avance 1 Serment des femmes qui aiment le mieux!

DIANE, s'animant b son tour,

Je serai de celles-là l Et voilà ce qui m’épouvante!... Du jour où je ne me défendrais plus d’aimer, moi, l'amour aurait toutes les religions de mon âme, toutes les flammes de

mon sang. Ah! l’homme que j’aimerais!... pour lui j'accomplirais des prodiges!... Les battements de son cœur retentiraient dans le mien, ma vie passerait dans sa vie!... Ahl l’amour... Mais vous le voyez bien... mon être n’est pas fait pour contenir, sans s.e briser, de pareils délices... Ne m’aimez pas! ne me faites pas aimer! Grâce! ne me laissez pas me jeter dans cet enfer où je me consumerais toute vive. Ayez pitié de moi!

Diane, vous m’aimez I

DIANE, emportée.

Oui!!! (En ce moment on entend au loin le cri du prologue.)

« Lanterne magique! »

Diane tressaille, la voix meurt sur ses livres; elle chancelle et va tomber.

OCTAVE, la recevant et la soutenant sur son bras.

Qu’est-ce donc?.,. Vous souffrez!

DIANE, pouvant parler à peine.

Avez-vous entendu?

* OCTAVE

Quoi? non! rien! Pourquoi cette angoisse?... Vous avez la fièvre! Faut-il que j’appelle? que je me retire?

DIANE, le retenant instinctivement et 4’une voix altérée encore.

Alors... vous n’avez rien entendu?

OCTAVE

Mais nonl rien. Nous seuls avons parlé, ou plutôt nos âmes qui se cherchaient, et dont les voix couvraient tous les bruits de la terre en se rencontrant dans le même aveu !

DIANE, à elle-mêmp.

R m’enivre!...

OCTAVE

Diane 1 (Lui prenant les mains pour l'attiror do son cdlé.) Oh I écoulez-moi encorel parlez-moi encore! Vous m’aimez! vous m'aimez! Vous me l’avez dit!

Moi I... Ouf, je me souviens! J’étais folle! ne m’écoutez pas! ne me croyez pas! j’ai menti! Parlez! fuyez-moi! Oubliez un mot crie dans un rêve, mais que ina bouche ne répétera jamais 1

OCTAVE

Jamais! Et quand vous serez ma femme.car vous serez ma femme!... ne le répéterez-vous jamais, ce mot qui contient ma vie?...

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