ACTE QUATRIÈME
c’est l’homme à la guitare que j’ai entrevu avec Colette, avant-hier sojr, et même... oui!... c’est luit plus je le regarde... plus c’est lui!... (Affirmant.) C’est bien lui!
EMMANUEL
Mais... est-ce aussi l’homme que tu as cru voir la nuit de Noël, dans l’appartement de madame la duchesse?
Ça, monsieur... non !
OCTAVE
Léger, regarde bien.
LÉGER
Monsieur, ce n’est pas lui.
EMMANUEL
Ah! (Il se tourno vers le cheralior, celni-d fait nn bond.) Monsieur le chevalier, reconnaissez-vous cet homme pour celui que, le 24 décembre au soir, vous avez vu entrer dans le jardin de cet hôtel par la petite porte du boulevart des Invalides? Le reconnaissez-vous?
LE CHEVALIER, apres une courlo hésitation.
Non, monsieur de Kéral.
pnÉNix.
Il n’est pas méchant, ce chevalier !
EMMANUEL
Monsieur de Saint-Sauveur, faites un effort de mémoire!
LE CHEVALIER
Eh! mon ami! j’aurais pu peut-être en parlant, prévenir un crime!... jerne snis lu! et ce remords-là me ronge!... Mais j’ai beau interroger ma mémoire! je ne reconnais pn* cet homme; non! ce n’est pas lui que j’ai vu entrer dans le jardin !...
EMMANUEL
Et vous, Léger, vous n’avez rien de plus à dire!
Non, Monsieur, (court silence.) Monsieur, sait d'ailleurs que si j’ai vu quelqu’un cette nuit-ià... je n’en ai jamais été bien sur!...
EMMANUEL, rommo saisi d’une idée.
Ah ! (tl ta parler b l'officier de pair, puis revient dire-h Phénix.) Suivez monsieur! (Phénix sort avec l’officier de paix. Aux autres qui restent dans le salon.) Attendez!
Il sort après l’officier do paix et Phénix parla terrasse.
DO
LE CHEVALIER
Ne pas pouvoir vivre tranquille I... je ne dors plus, moi! je ne digère plus moi l... et personne ne me plaint... Oh! les égoïstes! les égoïstes!
BLANCHE, bas à Colette en lui montrant Diane.
Comme elle est pâle!
OCTAVE, de son coté.
Diane, vous souffrez!
DIANE, so forçant & sonrire.
Non!... non!... (A elle-même les yeux sur la porte par où Phénix vient de sortir.) Tout à l'heure, ce sera à moi de le reconnaître!...
Phénix réparait poussé en avant par l’officier de paix : il a les lunettes et le
chapeau de celui-ci, avec une cravate blancho et l'habit d’un agent. Il
rappelle ainsi lo faux médociu du prologue.
LEGER, l’apercevant dans la glace et s’écriant.
Le voilà ! c'est lui! c’esi lui.
LE cnEVALlER, vivement.
C’esi lui! je le reconnais! Monsieur de Kéral, je reconnais maintenant cet homme, c'est lui que j’ai vu ouvrant la petite porte... (Mouvemont. Après un silence le chevalier reprond.) Ail ! messieurs! tout ceci abrège ma vie 1...
PHÉNIX
Et la mienne donc! (liant.) Il me semble que c’est tout, monsieur le magistrat?
■ EMMANUEL, sans l’écouler.
Cet homme doit encore être reconnu par une personne... dont le témoignage est important.
OCTAVE
Cette personne?
EMMANUEL
C’est mademoiselle d’Hauber'.euil. (a Diane.) Vous avez le malheur de connaître Phénix Porion depuis longtemps, mademoiselle, et, quelles que soient ses transformations, vous pouvez' toujours dire : c'est lui.
Il semble attendre un mot de Diane. Elle ne dit rien.
PHÉNIX, à part.
Nous ne sommes pas à la noce, là, ma poulet
EMMANUEL, lui montrant Phénix.
Est-ce bien là le fils de la femme qui vous a élevée ?