ACTE QUATRIÈME
el l’œuvre de trois complices : Mangeur de fer, la demoiselle de compagnie et M. le duc de Blamont-Novailles.
BLANCHE, qni vient d’entrer s’avançant vivement.
C'est faux!... horreur!... horreur!!!
EMMANUEL, so jetant entre elle el Phénix.
Calmez-vous, mademoiselle, calmez-vous! Il y a là un piège OÙ je ne tomberai pas. (Faisant un pas vers la gauche.) Est* ce tout, Phénix Porion ?
PHÉNIX, se mettant devant lui.
Un piège! (Résolument.) Monsieur, si vous ne me croyez (las, el si l’on me juge, l’échafaud ne sera pas replié, qu’on recevra au parquet (Appuyant.) et devant témoins, la lettre, la preuve dont vous niez l’existence! — Risquez donc cela, si vous Posez.
BLANCHE, à Emmanuel.
Mais failes-le donc taire!
EMMANUEL
Mais rassurez-vous donc! Tout cela est faux, vous l’avez dit! c’est de l’intimidation! c’est une tentative désespérée! (Montrant Phénix.) Qu’est-ce qu’il risque, lui?
PHÉNIX
Je risque ma vie, si je suis condamné : je défends ma vie. Innocentez-moi du meurtre de la duchesse, renvoyez-moi à Brest et je vous rends la lettre.
EMMANUEL, à part, avec effroi.
Dirait-il vrai?... Non!
PHENIX, reprenant.
Il faut qu’il n’y ait pas de coupable... ou qu’il y en ait trois! Je ne veux pas mourir seul, moi!... je veux montrer le chemin eux autres!...
, Emmanuel se dirige vers la gauche.
BLANCHE
Oùallez-vous?
EMMANUEL
Appeler l’officier de paix pour lui rendre cet homme.
PHENIX, lui barrant lo chemin.
Monsieur, la lettre existe!
EMMANUEL
Tu mens!
PHÉNIX, furieux.
Sang-Dieu! (Il tire la lettre dosa poitrine en disant.) La voilà! (A Blanche en lui montrant la lettre h bout de bras.) Est-CC l'écriture?...
(A Emmanuel do même.) Est-Ce la signature!.., (Lisant.) « Au Blamonl, 8 septembre 1828. Vous ne me reprocherez plus mes hésitations, ma bien-aimée! ce Oui si terrible à prononcer et que demandait votre jalousie, je vous l’écris, je vous l’accorde. Quel crime pourtant que de sacrifier celle douce créature qui m’aimait... et qui t’aime aussi!... tanton est forcé de t’aimer! mais il s’agit de ton bonheur! -r- Pauvre victime! quel pressentiment lui faisait donc, dire hier, quand elle souffrait sans savoir pourquoi : si j’allaisbienlôt mourir! — Pasde regretslje n’aime que toi! lu es mon seule! dernicratnourlje... je veux qu’il n’y ait plus rien, ni personne entre nous ; je veux consacrer le reste de ma vie à ton bonheur et à ton ambition puisque nous voilà réunis... et pour toujours!... Que ce que tu as voulu se fasse promptement et surtout en dehors de moi. Tu as à toi une personne dont lu es sûre... (Phénix te mootro et reprend.) C’est bien. Mais pour notre tranquillité, pour les enfants, nous devons prévenir jusqu’à l'ombre d’un doute sur la vraie cause de celte disparition...» (Peudant cette lettre dont Phénix a accentué les' mots significatifs, Blancho a souvent, par des gestes de désespoir, voulu l’arrêter. Il se tait enfin en ajoutant seulement-)
Signé! c’est signé!...
Emmannel est anéanti.
BLANCHE, allant h lui.
Monsieur de Kérall suspendez tout! ahl... je voulais punir I mais accuser mon père! voir mon père traîné devant des juges à côté... de ces monstres! condamné., à l’échafaud peul-éire! eL pour'avoir... Emmanuel! mon frère! Renvoyez-les! donnons-leur... toul'ce qu-’ils voudront! mais qu’ils inc laissent mon pèrel... Ah! qu’atlendez-vous? hâtezvous donc I
EMMANUEL
Je ne vous entends pas pauvre fille! je n’entends que la voix terrible de mon devoir!...
BLANCHE, qui ne comprend pas.
De voire devoir?
EMMANUEL
De mon devoir de magistrat, qui veut que je frappe le coupable où je le trouve, quel qu’il soit!
BLANCHE, égaré.
Qu’est-ce que vous dites?
EMMANUEL
Je dis qu’il faut livrer à la loi l’homme que voici, la femme qui est là, et le duc do Novailles coupable comme eux...
BLANCHE
Mon pèrel