‹ Le mangeur de fer drame en cinq actes, huit tableaux dont un prologueChapitre 95 sur 107 · EMMANUEL, BLANCHE, LE DUC · texte numérisé non relu

EMMANUEL, BLANCHE, LE DUC

LE DUC. Depuis le quatrième tablean un grand changement s'est fait en

lui j le chagrin, l’angoisse et l'abandon des soins qu'il prenait de lui-

mènie, laissent maintenant voir en lui un vieillard. Il a les cheveux presque blancs, les mains nn peu tremblantes, la démarche indécise.

C’est loi, ma fille! je ne t’ai pas vue depuis longtemps, il me semble!.. Bonjour, mon enfant! Mais, Blanche... Qu’astu? Parle-moi! purle-inoi doncl dis-moi... que tu m’aimes bien!..

BLANCHE

Oui mon pèrel mon bon père! Oui, je vous aime bien!..

(Elle sembla saisie de le voir si changé, elle lui écarlo les cheveux sur lo front et le regarde avec attendrissement jusqu'au fond des yeux, en disant avec mie grande tendresse) Moll psre!.. (Puis scs yeux tombant sur II lettre qu’elle a dans la main, elle recule avec horreur). Oll ! ! !

LE DUC, qui la regarde douce mont.

Que c’est beau, une belle bonne fille comme toi! et que je suis heureux de l’avoir encore à aimer, quand... (Changeant, de ton brusquement). Car ta mère est morte... —Comme lu lui ressembles! Elle avait ton âge, quand je l’ai connue, ta mère. (Avec un sentiment très-émn). Ta pauvre mère? (A ce mot ainsi prononcé, blanche so rapproche et le regardo encore longuement avec des

youi pleins d'amour et de douleur, et, tout à coup, la lettre lui échappant sans qu'elle y prenno garde, elle saisit dans ses deux mains la tête du vieillard, et, comme malgré elle, elle l'embrasse fortement, puis ses yeux so relevant sur Emmanuel, elle revient à lui en disant.

BLANCHE

Je ne peux pas... non! je ne peux pas le croire coupable.

LE DUC, qui a relevé la lettre tombée près de loi.

Qu’est-ce que cela ?.. tiens!.. Mon écriture 1 ..

BLANCHE ET EMMANUEL, so serrant l’un contre l'autre dans le même sentimeut d'épouvante.

Dieux!..

I,E DUC, après avoir lu tout bas et avec un sourire navrant.

Ah!., c’est une lettre que j’ai écrite à la duchesse. ..

BLANCHE, avec un cri.

A la duchesse!

LE DUC, doucement et tristement.

Oui ! (Se souvenant peu h pen). Oui !.. j’aimais déjà trop Marie, Diane, veux-je dire, et la duchesse, dans une heure de jalousie... — Hélas, trop juste! - La duchesse voulait'la congédier... Je m'y opposais, moi! Enfin à la suite d’une altercation trop vive... (s’interrompant.) Comme on regrette ces jours-là quand il est irop tard!.. J’étais parti pour notre terre de Hlamonl ; là, seul avec mes souvenirs de tant d'années heureuses, dans un instant de raison, de repentir, j’écrivis celle lettre... Oui, celle-ci... à ma chère Christine.

BLANCUE, palpitante.

A ma mère!

LE DUC, en regardant la lettre ouverte.

Chère femme!.. C’était bien mon cœur qui te parlait! (n rit en souriant txistcmeui). « Vous ne me reprocherez plus mes » hésitations, ma bien-aimee! Ce » oui » oui si terrible à » prononcer, je vous l’écris... »

BLANCHE, b part.

Mon Dieu!

LE DUC, continuant.

« Quel crime pourtant que de sacrifier celte douce créa- » turc qui m’aimait et qui l’aime aussi. » (S'interrompant). Elle • était malade, alors, la pauvre Diane! mais la duchesse aussi souffrait. (Reprenant.) « Mais il s’agit de ton bonheur!.. •"Pas de regrets! je n’aime que toi!.. Je veux qu’il n’y » ail plus rien ni personne entre nous. »

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