ACTE QUATRIÈME
EMMANUEL, avec fièvre.
Celle lettre, M. le duc, n’a pas été écrite à mademoiselle d’Hauberleuil?
LE DUC, sans lui répondre.
Mes yeux s’en vont, ma fille... Lis donc, toi!..
BLANCHE, lisant d’une voix tremblante.
« Que ce que tu as voulu se fasse promptement! et surtout » en dehors de moi. Tu as à toi une personne dont lu es » sûre. »
LE DUC, interrompant.
Colette, qu’elle voulait rappeler ici...
BLANCHE, va continuer, mais on voit qu’assez convaincue elle y renonce j elle laisse tomber la lettre, les mains jointes, regardant le duc et suffoquant.
Mon pèrel.. Monjièrel.. Ah! vous m’avez rendu des larmes... je peux pleurer, je pleure... Merci!
Elle sanglote.
EMMANUEL, saisi.
Ce n’est pas à mademoiselle d’IIauberteuil que vous avez écrit celle lettre 1 1 1
LE DUC
C’est à la duchesse, vous dis-jel ne m’entendez- vous pas? (a Blanche.) Je te ferai voir sa réponse, ma fille ; une généreuse lettre que je relis souvent... Elle me pardonne, elle tne rappelle, elie veut garder Diane... Pourquoi, pleures-tu, ma fille?., (a Emmanuel.) Pourquoi me regardez-vous ainsi, vous? et pourquoi demandiez-vous si c'est à mademoiselle d'Huuberteuil que cette... (Songeant). Mademoiselle d’Hauberleuil... peut-être coupable... m’avez-vous dit!.. (Après un silence, il
roprend vivement la lettre, la relit, se rend compte, regarde l’un après l'autre Emmanuel et Blanche et s'arrêtant A elle qui plie sons son regard, il dit d’une voix terrible : Vous avez soupçonné voire pèrel
BLANCHE, éperdue.
Non ! non 1
LE DUC, avec tonte sa force revenue.
L’as*lu entendu, mère de mes enfantsl Et sais-tu de quel crime ils ont pu ine croire coupable!...
EMMANUEL, vonlant le calmer.
Monsieur le duc!
LE DUC, sans rien entendre.
Ranime-toi, duchesse de Novailles! sors de la tombe, viens me défendre; viens le joindre à moi... Je vais maudire.
BLANCHE, il genoux.
Grâce!
LE DUC, chancelant tout il coup.
Maudire! maudire! moi!!! Non! jamais! Ce soupçon épouvantable, c’esl mon châtiment! Je l’ai mérité (ti retombe assis cachant son visage dans ses mains.)
EMMANUEL, à paît.
Innocent! .
BLANCHE, au duc, écartant ses mains, le couvrant do baisers, de caresses et de larmes.
Mon père, mon bon père!..
LE DUC
Oui! je l’ai mérité! car j’ai menti il mes serments, j’ai encore aimé Diane, je le lui ai dit! Hier... hier encore!., je voulais l'épouser! Oubliant mes enfants, oubliant leur mère... que je ne verrai plus, qui ne m’aimera plus, qui ne me pardonnera plus.
EMMANUEL
Il faut la venger, M. le duc.
LE DUC
Pardonncz-inoi , vous qui me restez! Pardonnez-moi, mes enlânls! A moi, mes enfants! A moi!..
Il retombe épuise.
LA VOIX d’octave. '
Les Voici, mou p^jfC (La porto de gaucho s’ouvre. Octave fait passer Diane devant lui en disant) : L)S Voici tous.