‹ Le mangeur de rêvesChapitre 33 sur 56 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

FEARON

Dans des caisses, en gare de la Source Jaune.

BELKAÇEM

Quand peux-tu me les livrer ?

Laisse-moi réfléchir. Cinq et cinq dix... et cinq quinze...

BELKAÇEM

L'insurrection commence dans un mois.

FEAROiN

Dans quinze jours, je serai au caravansérail du Tombeau de la Chrétienne j avec tes fusils.

BELKAÇEM

Et mes amis les Français, comment tromperas-tu leur surveillance ?

FEARON

Les officiers ? Ces bons jeunes gens qui me font tous la cour? Ils me donneront des chevaux pour transporter mes caisses. Est-ce qu'une lady n'a pas le droit de tirer le sanglier, dans les montagnes?

BELKAÇEM

Il y a du feu dans ton âme. J'aimerais t'avoir pour fille.

FEARON, mutine, revenant au coffre.

Si j'étais ta fille, est-ce que tu me vendrais cette friperie pour huit cents douros ?

BELKAÇEM

Peut-être. Voilà des années que la soif des douros m'a quitté.

Eh bien, imagine que je suis ta fille. Et j'emporte le lot.

BELKAÇEM

A huit cents douros ?

FEARON

Pas un de plus. Et c'est pour t'obliger, pour t'en débarrasser.

BELKAÇEM

Prends-le, petite sangsue juive. Pieuvre de ghetto.

FEARON, enchaniée.

Je te signe un cheq P

BELKAÇEM

Que ferais-je d'un chèque, probablement faux, à dix jours de la banque la plus proche ?

FEARON

Je n'ai pas d'argent comptant.

BELKAÇEM

Peu importe. Je retiendrai les douros sur le prix des fusils.

FEARON

niîrhl.

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