PROLOGUE
JEANNINÊ
C'est un air arabe ?
LUC
Asiatique, plutôt.
JEANNINE
Cela ressemble étrangement... à la musique arabe.
LUG
Toutes les musiques orientales se ressemblent.
JEANNINE
Allez-vous le rejouer ?
LUC
Demain, avec plaisir.
JEANNINE
Ah... demain.
LuCj souf-itiht.
Tout de suite, si cela vous est agréable.
JEANNINE
Oui, j'aimerais.
(Il se remet au piano. La vieille dame lui sourit el se relite à gauche. Jeanhine s'esl assise sur le cantipé du fond el a plongé son visage entre ses bras repliés. Il joue ; au bout de quelques mesures, il s'aperçoit qu'elle est en larmes et s'arrête.)
LUC
Vous pleurez ?
JEANMNE
Ce n'est rien. Continuez.
Non. Je vois que cette musique vous rend nerveuse...
JEANNINE
Mais je n'ai pas les nerfs malades, Monsieur.
LUC, conlinuanl.
... qu'elle vous trouble, en tout cas.
JEANNINE
Personne n'est plus calme que moi. Est-ce qu'on vous a dit que j'étais une malade nerveuse?
LUC
Pas précisément.
JEANNINE
On vous a dit que j'étais folle, n'est-ce pas ?
LUC, proleslanl.
Madame !
JEANNINE
Cela n'aurait rien d'étonnant. J'ai passé une année dans la clinique du docteur Mayen... Mais j'aurais pu la quitter depuis longtemps.
LUC
Pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?
JEANNINE
A quoi bon ? Vivre là ou ailleurs...