Scène III
LAURENT, ALICE, MANDINE.
Laurent.
Enfin ! te voilà ! Je commençais à croire Que tu m'avais oublié !
Alice (riant).
C'est trop fort ! Ne t'ai-je pas dit cent fois Que je dois aider père à dresser ses comptes ? Ses malades ne lui en laissent guère le temps, Au pauvre homme. (Apercevant le bouquet :) Oh ! les belles fleurs ! Je gagerais...
Laurent.
Qu'elles sont pour toi ? Juste.
Elles valent bien un baiser, j'espère?
(Ll l'embrasse avec effusion, sur les deux joues .)
Viens voir au jardin ;
Je crois qu'il en reste encore
Et — tu verras — la glycine est magnifique...
(77 l'entraîne par la main et tous deux sortent, à droite. Pendant ce dialogue, Mandine est restée à la même place. C'est d'un air morne qu'elle a regardé entrer Alice et écouté la conversation des deux jeunes gens. Mais le baiser lui arrache un geste de stupeur douloureuse et elle porte son tablier a sa bouche comme pour étouffer un cri . Laurent et Alice sortis, elle se couvre la figure des deux mains et se précipite en courant vers la porte de
gauche ; — mais elle se heurte à Daniel qui rentrait précisément, un bras chargé de livres, l'autre enserrant quelques fioles que, au début de la scène suivante, il posera méthodiquement sur le bureau de son maître.)