ÉLEVAGE DES ANIMAUX
Mais à la culture des céréales ou des légumes ne se borneni point les avantages offerts par notre province : elle est en outre éminemment favorable à l'élevage des animaux. Ses vastes prairies forment d'immenses pâturages dont l'usage est libre et gratuit, et qui fournissent au bétail la nourriture de l'été et de l'hiver.
Les territoires du Nord-Ouest seront sans aucun doute des pays
producteurs de céréales ; mais l'élevage des bestiaux, et les industries agricoles qui peuvent se greffer sur un système de culture mixte, sont destinés à prendre également de fortes proportions.
Il suffit de dire que le foin croît naturellement dans nos prairies ; que pendant un grand nombre d'années encore, le colon en aura gratuitement, dans la plupart des endroits, l'usage en été, et la coupe pour les mois d'hiver, pour apercevoir de suite les bénéfices qu'on peut attendre de l'élevage des animaux. Aussi voit on actuellement nos cultivateurs s'efforcer de se monter de nombreux troupeaux. Leur but est de profiter d'abord des ressources que la nature a répandues tout autour d'eux, et ensuite, de se ménager un moyen d'alléger les pertes possibles par l'effet des gelées précoces.
1/ abondance des fourrages, leurs fortes qualités nutritives, favorisent la croissance des animaux ; nous mettrons sur les marchés des produits tellement supérieurs que le commerce les recherchera. Nos cultivateurs pourront donc espérer écouler habituellement à des prix raisonnables, tout le bétail dont ils voudront disposer.
Avec une telle perspective, ils voient l'avantage de combiner leur culture avec l'élevage; car, au cas d'une gelée précoce, ils pourraient écouler le grain avarié et en retirer un excellent bénéfice en le faisant consommer par leurs animaux. La vente de ceux-ci constituerait la vente du grain.
Quand on parle d'élevage, l'idée se reporte naturellement vers les races bovines ; néanmoins, ici, il faut comprendre également dans ce terme général les chevaux, les moutons, les porcs, et les volailles de toutes sortes.