PRODUITS DE LA LAITERIE
L'industrie laitière est appelée à prendre au milieu de nous un développement considérable.
Durant l'été dernier, (1886) notre gouvernement local a eu l'heureuse idée d'appeler ici un homme expérimenté pour donner à notre population les renseignements dont elle a besoin en cette matière. M. Barré, un canadien^français,qui a eu également l'honneur d'être nommé professeur d'industrie laitière dans la province d'Ontario, a parcouru notre province, donnant dans chaque comté, et en plusieurs endroits même de chaque comté, des conférences instructives et intéressantes, enseignant la manière de confectionner un article — beurre ou fromage — qui puisse commander Inattention sur les marchés européens, faisant toucher du doigt à nos colons les avantages extraordinaires qu'offre notre province sous ce rapport.
Ces conférences semblent avoir ouvert de nouveaux horizons à nos
cultivateurs, qui déjà, d'ailleurs, n'étaient pas sans y avoir pensé, et en certains cas, sans avoir lait des essais fructueux.
Nous sommes heureux de dire ici en passant que les premiers prix dans l'industrie laitière à notre dernière exposition provinciale, ont été remportés par un canadien- français, M. Caron, de Saint Charles. M. Caron a aussi remporté les premiers prix à Toronto pour son beurre.
A l'heure actuelle, on avise, dans nos paroisses, à établir des beurreries ou des fromageries. Les établissements de Saint- Pierre de la Rivière aux-Rats, en ce genre, font concurrence à ceux de Saint* Charles, de Saint-François-Xavier et de Saint-Laurent,
Cette dernière, dirigée par M. Lacoursière, est la création de M. le duc de Blacas, maintenant en Europe, mais qui a passé une couple d'années parmi nous, donnant à notre population l'exemple d'un grand esprit d'initiative.
La beurrerie de Saint Pierre a été créée par MM. Barré et Mignault. On peut voir plus loin, dans la notice sur Saint Pierre, les revenus qu'a donnés cet établissement.
Tous ces exemples et tous ces intelligents efforts auront pour effet de créer, à côté de la ferme, l'industrie laitière dans des conditions absolument avantageuses. Et contrairement à ce qui a été une opinion assez répandue, l'agriculture, au lieu de se limiter à la production des céréales, ira chercher un complément et un soutien dans l'élevage des animaux; par ce système de culture mixte, toutes les ressources du pays seront mieux utilisées, on parera aux dangers exceptionnels, il est vrai, mais possibles, d'une saison inclémente ; l'on ajoutera une nouvelle source de richesses à celle que le pays nous offre dans la fertilité du sol; bientôt nous exporterons non plus seulement du blé, de la farine, des céréales généralement, mais aussi des animaux de boucherie et les divers produits de la laiterie.
Cette perspective engagera peut-être quelques-uns des habiles fabri cants de beurre et de fromage de là province de Québec, à venir tenter des établissements dans notre pays.