‹ Le Manitoba [microforme]Chapitre 7 sur 71 · TS CR UE · texte numérisé non relu

TS CR UE

ti

Tout ce que vous dites à ce sujet est parfaitement vrai. La fertilité extraordinaire de la terre dans ce pays est une chose tellement évidente, que, vouloir la nier, serait simplement absurde et ridicule. Je suis depuis bientôt huit ans dans le Manitoba : depuis le premier jour, j'ai observé et noté exactement toutes les variations météorologiques ; de plus j'ai comparé ces observations avec ce que j'avais vu en Europe, et pendant.six ans dans les Etats Unis, et voici mes conclusions: J'ai trouvé que les étés sont assez chauds dans le Manitoba pour la culture du blé, de l'orge, de l’avoine, du lin et des pois. Les légumes, comme patates, na\ ‘ts, betteraves, carottes, radis, choux, choux-fleurs et beaucoup d’autres, réussissent mieux que partout ailleurs où j'aipassé. Le foin naturel est non seulement en grande abondance, mais d’une qualité supérieure.

On parle des années 1883, 1884 et 1885. Voici ce que je puis dire des environs de Saint-Léon. En 1883, l’avoine et l'orge n’ont point souffert de la gelée ; le blé semé de bonne heure était mûr et coupé sans avoir eu de dommages ; le blé tardif a souffegt, mais il valait encore mieux que le meilleur seigle pour faire du pain. En 1884, les gelées n’ont point fait de dommages, mais beaucoup de blé fut coupé trop vert et d'autre fut endommagé par la pluie ; pourtant tout ce blé faisait d'assez bonne farine. L'année 1885 fut une des années froides et humides, causées par des perturbations générales, dont les savants ne savent indiquer les causes, et qui affectent non seulement un pays, mais bien souvent la moitié du globe. Aussi, en 1885, les mêmes nuits qu'il y avait des gelées dans le Manitoba, il y en avait aussi non seulement dans les Etats, mais même en Europe.

Je me rappelle avoir lu dans les vieilles chroniques de l'Europe, que bien des fois toutes les récoltes furent détruites dans les pays les plus favorisés par le climat. Et combien de fois en Allemagne, en Belgique et même en Angleterre, les cultivateurs ne voient ils pas tous les produits de leurs terres ruinés presque entièrement ? Qui ne connaît les terribles famines de 1817 et 1846, et d’autres années ? Ici, il n’y a jamais eu de famine.

Comme vous, j'ai consulté les anciens du pays, des hommes nés et élevés dans la Rivière Rouge, pour savoir si des gelées précoces avaient déjà détruit d’autres fois les récoltes. Tous me dirent qu'’ilsse rappellent une seule année où le blé avait souffert un peu. Encore faut-il noter

que les anciens ne semaient qu’au mois de mai.

D'où je conclus que les années 1883, 1884 et surtout 1885, furent des années exceptionnelles.

Permettez que j'ajoute une dernière réflexion de la plus grande

nn Ce

2e TO Î

importance, qu’un catholique, et surtout un père de famille, doit mûrement considérer avant d’émigrer dans les Etats.

Les deux grandes plaies des Etats-Unis sont : 1° Les écoles publiques dans lesquelles les enfants perdent bien souvent tout sentiment de foi ; et 20 le divorce qui tue la famille. (Comment les catholiques peuvent-ils échapper aux atteintes néfastes de ces deux plaies ? Combien d’âmes se perdent, qui auraient été sauvées en restant au Canada P i Qu'on y réfléchisse un peu. Ce double danger n'existe point dans le î Manitoba : cela doit être d’un grand poids pour celui qui a à cœur son salut éternel et celui de ceux que Dieu lui a confiés.

J'espère que ceux qui liront ces lignes ne diront point que je les ai écrites pour des avantages temporels ; un pauvre missionnaire comme moi a des aspirations plus hautes et plus saintes. T

= 0 dr

THÉOBALD BITSCHE, Missionnaire du Précieux Sang.

Saint-Léon, le 20 décembre 1886.

SAINT-CHARLES, 16 février 1887, 7". A. BERNIER, Ecr.

PR A t

Re "S

Monsieur,

Ayant eu plusieurs demandes d'informations sur le Manitoba, je ne crois pouvoir mieux faire que de référer ces personnes aux articles que vous avez publiés dans Ze Manitoba sous le titre de ‘ Manitoba : Champ d’'Immigration.”’ Je crois que si ces articles étaient reproduits par les journaux de la Province de Québec, ça aurait pour effet de nous amener un bon nombre d’immigrants ; car, après les explications que vous avez données, et qui sont en tous points conformes à la vérité, le choix de la route à suivre sera vite fait pour tout homme sensé qui

Ï a l'intention d’émigrer.

J'espère que vous continuerez à faire connaître les avantages de L - notre Province, et qu'à force de dire la vérité, vous réussirez à faire ; disparaître les préjugés qu’on entretient contre le Manitoba et surtout contre son climat.

Malgré les histoires qu’on a inventées, il n’en est pas moins vrai :

19 Qu’on a à peine maintenant dix-huit pouces de neige ;

29 Qu’au rer février encore, les chars urbains à Winnipeg voyageaient sur leurs roues ;

4 sm ]1 —

\re- 3° Depuis que je suis ici, nous n'avons pas eu de tempêtes pour nous empêcher de vaquer à nos affaires et de voyager de Saint-Charles à

bli- à Winnipeg. Si l’on en croit les rapports des journaux sur les contrées

ent qui nous environnent, on finira par croire que nous sommes des mieux

1es ! partagés sous le rapport du climat.

)m- 4 Veuillez croire à ma considération distinguée.

ne Votre très humble serviteur,

eur | ' ISAAC LAVERY.

T. A. BERNIER, Surintendant de l'Education.

ng. ( ‘ 8 ; Cher Monsieur,

4 Permettez-moi de vous adresser mes félicitations au sujet des admirables lettres que vous avez écrites sous le titre ‘ Manitoba : Champ d’Immigration,”’ et qui sont parues dans Ze Manitoba. Je les ai lues avec un grand plaisir et un grand intérêt. Durant une visite que j'ai faite récemment à mon ancienne cité, j'ai rencontré des personnes anxieuses Ê : d’avoir des informations authentiques sur notre province et ses grandes ressources. Vos lettres répondent à ce désir, et contiennent les renseignements voulus. Je pense qu’il serait désirable qu’elles fussent mises en brochure pour être distribuées... Je suis convaincu que

Be

ne % le résultat de cette publication serait tout à l’avantage du pays. Le que : gouvernement pourrait faire cette dépensé, dans l'intérêt de la ba : k province. * uits Ai Bien sincèrement, de Votre etc., etc.

[ons JAMES A. GREEN.

rité, qui ne de SAINT CHARLES, 6 févri + / , vrier, aire T, À. BERNIER, Ecr., tout Surintendant de l'Education.

ai : Cher Monsieur,

J'ai lu avec le plus vif intérêt les articles que vous avez publiés dans Ova- Ze Manitoba sous le titre ‘ Manitoba : Champ d’'Immigration,” et je

suis heureux de pouvoir vous rendre ce témoignage que vous ave: tou-

a EE

TT NES Pres

jours su représenter les choses sous leur vrai jour. Ce procédé qui n'est peut-être pas le meilleur pour attirer les masses, est incontestablement plus recommandable parce qu’il nous amènera une classe d'immigrants décidés et constants, qu'aucune déception n'attend ici, et qui une fois arrivés au Manitoba ne songeront jamais à en repartir.

Cette œuvre toute patriotique que vous avez si bien commencée, est appelée à rendre d'immenses services à la cause de la colonisation au Manitoba ; mais afin qu’elle produise les résultats qu’on a droit d’en attendre, je erois qu'il serait nécessaire que ces différents articles fussent réunis en pamphlets pour être distribués aussi loin et en aussi grand nombre que possible. Cette tâche de réunir et publier vos importants écrits devrait être laissée à notre gouvernement qui aurait là une nouvelle opportunité de prouver qu’il n’entend rien négliger

de ce qui pourrait contribuer au progrès de notre jeune et florissante province.

Bien à vous.

Votre très-humble serviteur,

Page 1