A M. LE DIRECTEUR DU ‘*‘ MANITOBA
Monsieur,
‘ Manitoba : Champ d’Immigration,” tel est le titre d’un travail important que M. Bernier, surintendant d'éducation de notre province, vient de terminer. Ce travail ne peut passer inaperçu et se recommande de lui-même à l’attention de tous les esprits sérieux.
Je considère, cependant, que les personnes qui connaissent Manitoba font une œuvre patriotique, en donnant leur application sur ces écrits importants. C'est dans ce but que j'écris ces quelques lignes.
Voilà sept ans que j'habite cette province.
J'ai eu souvent occasion de visiter nos établissements français, et depuis bientôt deux ans, à tous les trois mois, je parcours, dans l'exercice de mes fonctions judiciaires, la plupart de nos paroisses.
Je n’éprouve aucune hésitation à affirmer que ce travail présente un
tableau fidèle des ressources du pays et des avantages qu’il offre aux colons laborieux.
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lé qui Le plus grand mérite de ces articles, à mon sens, c’est qu’ils sont testa- scrupuleusement vrais, et qu’on n’y trouve rien d’exagéré ou de surfait. classe ” Les renseignements qu'on y puise peuvent être acceptés par tous ceux d'ici, ; qui désirent se fixer au milieu de nous, sans crainte de se ménager des artir. k déceptions. e ncée, En effet, on peut considérer comme informations certaines et vraies, ation #. les conclusions suivantes de ces écrits : droit 1° La culture au Manitoba est très-facile ; icles ï 29 Les colons ne souffrent point du manque de bois et d’eau ; aussi 3° Le froid est très supportable ; | vos 4° Les terra ::s sont actuellement à bon marché, et c’est le temps le urait | plus propre pour s'emparer des terres ; liger ; 5° Les pâturages et le foin sont à l’état naturel, abondants et ante 1 gratuits ; 60 L'élevage des bestiaux donne des profits qui dépassent encore È ceux de la culture ; ë 7° Sous le rapport religieux et de l'éducation, Manitoba possède les ‘ mêmes avantages et les mêmes libertés que la province de Québec. a. ne Il serait fort désirable que ces articles fussent publiés en brochure et 1 distribués en grand nombre ; Manitoba, et nos compatriotes, pourraient # en retirer de précieux résultats.
È L. A. PRUD'HOMME, - Juge de comté, Saint-Boniface, 19 mars 1887.
ail ce, T. A. BERNIER, Ecr., ri Surintendant de l'Education, Manitoba.
be Mon cher Monsieur, its J'arrive de mon voyage, qui s’est opéré de la manière la plus heureuse. C’est encore sous le charme des impressions les plus agréables ressenties dans l’accueil trop bienveillant que l'on m'y a fait, dans et l'hospitalité si cordiale, c’est-à-dire si canadienne-française, que j'ai ns reçue partout, que je vous écris aujourd’hui pour vous remercier de ce que vous avez fait pour moi. Je vous remercie surtout de m'avoir in
“ donné l’idée de faire ce voyage. Il me fant l'avouer ; j'avais entendu x ji dire tant de bien, et aussi tant de mal du Manitoba, que j'étais dans le scepticisme relativement aux avantages d’une immigration vers votre
province. J'en étais là, en février dernier, lorsque notre ami commun, M. l'abbé F. Tétreau, du Séminaire de Saint Hyacinthe, me passa vos remarquables articles intitulés ‘ Manitoba : Champ d'Immigration.” Je les ai lus et relus avec avidité. La question me paraissait traitée de main de maître. Avantages et inconvénients étaient exposés sous leur vrai jour, avec tous les caractères de franchise et de vérité que peuvent fournir les témoignages des hommes les plus compétents et les plus désintéressés. Ebranlé par vos articles, invité dans vos lettres, je décidai d'aller étudier par moi-mème afin de me former des convictions arrêtées.
Je partis donc, le 30 juin, encore un peu prévenu contre le Manitoba : tant un préjugé est difficile à guérir ! Aussi quelle agréable surprise pour moi en visitant vos admirables établissements d'éducation, en étudiant vos excellentes lois scolaires, marquées au coin du meilleur sens pratique.
Seule l’objection de la rareté de l’eau et du combustible se dressait encore devant moi ; une étude plus approfondie, sur les lieux visités, la fit bientôt s’évanouir avec mes autres préjugés.
Je suis converti aujourd’hui à votre idée sur les avantages immenses qu'offre le Manitoba comme champ d'immigration canadienne. française, Ah ! si nos compatriotes, au lieu d’abdiquer leurs libertés religieuses et de s’étivler dans les fabriques américaines, allaient demander aux terres inépuisables de votre belle province l’aisance, la prospérité et l'avenir de leurs enfants. quelle assistance ne seraitce pas pour vous qui luttez si généreusement, quel avantage pour Québec de retrouver des amis fideles aux jours des luttes parlementaires ! Et ce sera en grande partie le résultat de votre travail patriotique trop longtemps isolé. Je fais des vœux pour que nos concitoyens reconnaissent d'une manière tangible les efforts et les sacrifices que vous avez faits en faveur de l'immigration au Manitoba, et qu’ils vous fournissent les moyens de travaiiier plus efficacement à cette grande cause,
Je fais des vœux surtout pour que vos excellents articles que je viens de relire, et qui me paraissent si bien calculés pour détruire ici les préjugés, soient mis en brochure et répandus à profusion dans la province de Québec.
Plein d’espoir dans les résultats de vos travaux.
Je demeure bien cordialement, } Monsieur, Votre tout dévoué,