‹ Le manoir mystérieux, ou, Les victimes de l'ambition [microforme]Chapitre 17 sur 63 · USA · texte numérisé non relu

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tionnés. On finit par le maudire et le menacer. Il commençait à trouver aussi que je pénétrais trop dans les secrets de son art médical. Un bon jour il disparut, me laissant un billet où ilme déclarait que nous ne nous reverrions + plus. 11 me-léguait ses appareils scientifiques, et me conseillait de poursuivre ses travaux, si Je voulais arriver à la découverte du grand œuvre. Par bonheur, je suis prudent ; avant d'allumer le feu, je fis une recherche soigneuse partout, et je découvris un petit baril de poudre caclié sous l’âtre du foyer, sans doute pour me faire trouver ici mort et sépulture, afir: qu'ainsi ses secrets ne fussent pas divulrués. Ai-je besoin de vous le dire ? cela me refroidit considérablement pour la poursuite des sciences occultes, et je me décidai à retourner à mon premier métier de maréchal. J'avais gagné l’amitié de cet intéressant garçon qui vous a conduit à ma forge, et qui rôdait souvent autour d'ici. Je lui fis part de mon projet et de l'embarras où j'étais pour le mettre à exécution. Grâce à la réputatior de mon maître et à l'intelligence de Cyriaque, qui exploita la crédulité des paysans et des voyageurs, en me représentant comme une espèce de sorcier, on m'amena des chevaux à ferrer, à soigner. Je réussis mieux que je ne pourrais le dire. Néanmoins, cette réputation de sorcier me fait trembler, et je vous avoue que je ne serais pas À fâché de quitter ce genre de vie pour un autre quine m'exposerait pas à la colère et à la vengeance de la populace, par laquelle je crains toujours d’être reconnu, cas où elle pourrait bien me faire un mauvais parti.

—Vous désireriez embrasser une autre carrière ? demanda DuPlessis.

—Oui, monsieur, mais je ne sais pas trop quoi faire maintenant pour gagner ma vie.

—Que diriez-vous, continua DuPlessis, si je

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vous proposais de me suivre, en vous promettant de m'occuper de votre avenir ?

—Oh ! je remercierais monsieur du plus profond de mon cœur.

—Vous n'avez pas de cheval, sans doute ?

—S$Si, vraiment : j'ai oublié de vous en

arler ; c'est pourtant la mcilleure partie de a succe ::cn du docteur. ,

—Eh bien, habillez-vous le mieux possible ; et si vous voulez étre discret et fidèle, vous pourrez me suivre jusqu’à ce que l’on ait oublié votre réputation de sorcier.

Taillefer accepta avec empressement cette proposition et assura DuPlessis de son dévouement. En quelques minutes il eut revêtu de nouveaux habits, arrangé sa barbe et ses cheveux, et le changement était tel que personne n'eût pu reconnaitre en lui le maréchal sorcier. Dès que sa transformation fut opérée, il alla chercher son cheval et celui de DuPlessis.

—Vous allez donc me quitter ? lui dit Cyriaque Laforce, et je ne pourrai plus m’amuser aux dépens des bonnes gens qui tremblaient de tous leurs membres lorsque je les guidais ici pour faire ferrer ou soigner leurs chevaux par le diable. Mais je ne vous dis pas adieu ; nous nous reverrons probablement encore quelque part, aux prochaines fêtes des Trois-Rivières, par exemple, où ‘‘Domine”’ Apollon m'a promis de me conduire.

—A la bonne heure, répondit Taillefer, mais ne fais rien sans y bien réfléchir. Ne dis rien aux gens de propre à me nuire, et je te serai reut-être utile avant que tes cheveux commencent à blanchir.

. «Avant que vous soyez à une demi-lieue d'ici, vous comprendrez que je suis un lutin qui Sait arranger les choses avec réflexion pour votre avantage.

Et le garçon les quitta en leur souhaitant bon voyage eten faisant une cabriole. Nos

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