‹ Le manoir mystérieux, ou, Les victimes de l'ambition [microforme]Chapitre 31 sur 63 · LE MANOIR A · texte numérisé non relu

LE MANOIR A

. — Assez forte, Louise ? je suis prête à franchir tout abîme qui puisse me séparer de ce on .Sanguinaire, Echappons-nous de cet horri-

le lieu

ras-tu pas avec moi, le donc te perdre ?

afin que l’on part.

aut m'en aller seule ait une intrigue con- ) IE,

, il doit être sincère, et ion comme à celle d’un

1, car jamais personne ment dévoué que ce paubliait lui-même pour ren- S. Hélas ! ilen a parfois

les effets dont

pouvait avoir besoin et en for-

Elle sut soin d'y joindre ses

qui pouvaient devenir une ressource

besoin. Mme Hocquart revêtit les ha-

bits que Louise avait l'habitude de porter quand elle sortait, puis toutes les deux descendirent dou lorsqu'elles pensèrent aue la maison étaient endor-

rent près de la porte du

parc, Mme Hocquart se retourna et aperçut une lumière qui paraissait venir de la terrasse.

Ils nous poursuivent, murmura-t-elle avec effroi. :

Mais Louise, moins agitée, remarqua que la lumière était immobile, et elle rassura sa maîtresse en lui disant que cette lumière venait de l'appartement souterrain où le docteur Dis. ce avait son labcratoire.

—Ï1 est, ajouta-t-elle, du nombre de ceux qui veillent la nuit pour commettre l'iniquité.

uel malheur qu’un funeste hasard ait amené fci cet homme, qui, mêlant dans ses disoours l'espérance des trésors de la terre à des idées de science surnaturelie, réunit tout ce qu'il faut pour séduire mon pauvre père ! Mais, de quel côté comptez-vous diriger vos pas ? sans doute vers la maison de M. votre père ?

—Non, Louise, je me rends seulement aux Trois-Rivières, où M. Hocquart doit se trouver à l'occasion de la visite de M. et de Mme de Beauharnais.

—Je prierai Dieu, madame, pour que vous y receviez bon accueil. Mais avez-vous oublié que M. l’intendant n’a donné des ordres si sévères vis-à-vis de vous que parce qu'il voulait tenir son mariage secret, et pouvez-vous croire ee ue apparition soudaine lui serait agréa-

. —Ne cherche pas à combattre ma résolution, Louise ; je suis décidée à connaître mon sort des lèvres mêmes de mon mari, et rien ne m'empêchera de paraître aux Trois-Rivières.

Si j'allais chez mon père, M. Hocquart ne me le pardonnerait peut-être pas. Je dois donc m'adresser d’abord à lui.

Louise finit par penser que, tout bien considéré, le devoir de sa maîtresse était d'aller expliquer à M. Hocquart les raisons qui lui avaient fait fuir la maison où il l'avait reléguée, Mais elle lui reoommanda la plus grande

Prudence pour faire savoir à SOn mari son arrivée aux Trois-Rivières. , . Louise, dit Mme Hocquart, as-tu pris

—Il n’a rien appris de moi, madame, et il ne Sait que ce que l’on croit ici de votre position.

—Et que croit-on ?

—Que vous avez quitté la maison de votre père pour épouser M. Deschesnaux.

quelque distance de la petite porte du Parc, dont Louise avait une clef et qu'elle avait ou-

sé de m'en vendre un, de Peur qu’il ne Jui arrivât malheur, et je n'ai su cela qu’au dernier

j'en trouve un autre à acheter, On ne pourra NOUS suivre, si vous n'oubliez pas votre leçon, charmante enfant.

ve ne l'oublierai Pas, bien sûr. Je dirai que madame ne peut sortir de sa chambre, Ce ne sera pas un mensonge, attencu qu'elle n'y us.

—Oui, c’est cela, reprit Taillefer, Ajoutez aussi qu’elle a la tête PéSante, et qu'elle a des Palpitations de Cœur ; ils Comprendront à demi-mot : ils COnnaissent ja maladie.

l arti- , —Mais s'ils allaient se venger sur Louise, pris lorsqu'ils découvriront mon absence ? observa le ce Mme Hocquart. Louise, viens avec nous, je ne pas puis consentir à te laisser seule ici. È —N'ayez point peur, ma chère maîtresse, et il je ne cours aucun risque. Plût à Dieu que vous posi- ré aussi sûre d’être bien accueillie où vous allez, que je le suis que mon père ne souffrira pas qu’on me fasse le moindre mal, quelle que rotre soit Sa colère contre moi.

—Adieu donc, Louise, dit Mme Hocquart ligée en pleurant. A .

as ! —Adieu, madame. Puisse la bénédiction dimon vine vous accompayner ! répondit Louise... )ngé Et vous be pe en se tournant du lon- côté de Tail efer, puisse le ciel vous traiter, quand vous l’implorerez, comme vous aurez SS traité cette malheureuse dame, si injustement are, persécutée. À ou- —Je justifierai votre confiance, excellente ail- enfant. Mais hâtons-nous de nous séparer. ; Mme Hocquart monta sur le cheval de À Taiïllefer, et ils s’éloignèrent tous les deux du pu triste manoir. Quoique Taillefer fit toute la difu- ligence possible, cette- manière de voyager était ri- si lente qu’au lever du soleil ils ne se trouvèee rent qu’à deux lieues du manoir de la Rivièreal, du-Loup. - , re —Peste soit de ces aubergistes aux belles ra paroles ! dit Taillefer. Si ce M. Gravel m'an vait averti plus tôt que sa frayeur de Desches- ; naux l'empêcherait de me vendre un cheval, ai j'en eusse trouvé un ailleurs. Si M. . Desclos *s n'eut été absent avec les deux siens, il m'en y aurait peut-être vendu un. N'importe, pourvu $ que nous arrivions sans encombre, et que d’al- > ler à cheval ne vous fatigue pas trop, mada- 4 me.

—Oh ! la fatigue n'est rien pour moien ce moment, répondit-elle. Tout ce que je souhaite, c'est que les forces nécessaires ne me manquent

Pas. Combien Y a-t-il encore aVant d'arriver aux Trois-Rivières ? ; . —Environ cinq lieues ou cinq lieues et demie.

Ici un incident imprévu vint leur offrir Je moyen de continuer leur route plus Ccommodé-

ment et surtout avec plus de célérité.

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