‹ Le manoir mystérieux, ou, Les victimes de l'ambition [microforme]Chapitre 37 sur 63 · CHAPITRE XXVII UNE PROMESSE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII UNE PROMESSE

Taillefer se décida donc à se placer dans l'allée du jardin où le cortège devait passer, pour atten DuPlessis. Pendant qu’il observait ceux qui entraient, il se sentit tirer par la manche par quelqu'un dont il aurait voulu fuir la rencontre, à cause de son indisérète curiosié mais il dissimula son mécontentement et

it :

—Ah |! c’est toi, mon petit rat.

—QOui, répondit Cyriaque, le rat qui à rot gé les mailles du filet, quand le lion qui s’y est laissé prendre commençait à avoir l'air d’un âne

—Mon petit Cyriaque, tu es piquant comm me du vinaigre am rd’hui. s, dis-moi,

qu'as-tu pu dire à ce géant de gardien pour aw’il nous ait si courtoisement laissés passer ? De quel charme t'es-tu servi pour museler ce vieil ours ?

—Je ne devrais pas vous le dire à vous qui me cachez vos secrets ; mais je ne sais pas dissimuler, moi. Ecoutez donc. Lorsque nous avons été près de cet hongête représentant de Huron, sa cervelle était troublée par un discours qu'on a composé pour lai et qui semble être au-dessus de son intelligence. Ce discours dû à l'éloauence de mon docte maître, Apollon Jacnues, a été répété tant de fois devant moi, que je le sais par cœur, et j'ai reconnu de su te, à quelques mots, ce qui tourmentaft le brave homme. Je lui en aï soufflé une couple

; c'est alors qu’il m'a pris dans ses bras, ai promis, s’il vous laissait passer,

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que je me cacherais sous sa peau d'ours pour venir en aïde à sa mémoire pendant que le gouverneur général entrerait.

—C'est très bien, mon cher Cyriaque, je te suis très reconnaissant. Mais retourne à ton géant qui doit être inquiet. Au revoir, portetoi bien.

—Vous ne consentez donc pas à me conter l’histoire de œtte dame, qui est votre sœur comme moi ?

—AÀ quoi cela te servirait-il, trop curieux lutin ?

--N'avez-vous que cela à me répondre ? Eh bien ! souvenez-vous que, si jamais je ne trahis un secret, je travaille toujours à faire échouer les projets que l'on veut me cacher,

—Tu sauras un jour, mon brave Cvriaque, tout ce que je sais moi-même sur cette dame.

—Oui, et ce jour-là n'est peut-être pas éloigné, maître sorcier. Adieu, je retourne près de mon géant.

—Plût au ciel que, moi, je fusse ‘déjà hors d'ici, se dit l'aillefer en voyant le jeune garçon s'éloigner en gambadant. S'il faut que ce nain malicieux mette le nez dans le secret, ce sera une belle affaire !

Pendant que ‘l'aillefer attendait DuPlessis avec impatience, celui-ci venait d'entrer par un côté opposé. Il précédait le cortège pour venir S'assurer que tout était préparé au modeste château du commandant pour la réception de Leurs Excellences. Après avoir remis son cheval à un domestique et avoir examiné rapidement les différents prénaratifs faits, il se retira dans le parterre de derrière, où régnait plus de calme, afin de se livrer aux réflexions qui l’obsédaient. Son imagination couvrait d'un voile sombre tout ce qui l'environnait. Il comparait tous les objets exposés à sa vue à d'épaisses forêts, et l’image de Joséphine errait comme un fantôme dans tous les paysages que

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lui retraçait sa triste pensée. Ce malaise du cœur, ces regrets qui nous entraînent encore à la poursuie d’une ombre, cet éternel retour vers un songe cruellement interrompu, c'est la faiblesse d’un caractère noble et généreux ; c’était celle de DuPlessis. Enfin, il sentit lui-même la nécessité de ne pas se laisser aller à ses douloureux souvenirs, et il sortit du parterre pour aller se joindre à la foule. Mais quand il entendit les cris joyeux qui retentissaient de toutes parts, il éprouva une invincible répugnance à se mêler à des gens dont les sentiments étaient si peu en harmonie avec les siens, et il résolut de se retirer dans sa chambre jusqu’à l'arrivée du gouverneur et de sa suite. Quelle ne fut pas sa surprise, en ouvrant la porte, d’apercevoir Joséphine. Cette dernière, de son côté, tressaillit et se leva à son approche, en disant :

—M. DuPlessis, que venez-vous faire ici ?

—Mais vous-même, madame, comment y êtes-vous ? Venez-vous réclamer de moi un secours qui ne vous sera jamais refusé, s’il peut dépendre de mon bras ou de mon cœur ?

. Elle garda un moment le silence, puis reprit :

—Les secours que votre dévouetnent pourrait m'offrir me seraient plus nuisibles qu'utiles. Croyez-moi, il y a ici quelqu'un que les lois divines et humaines obligent à.me protéger.

—C'est vrai, dit DuPlessis, j'ai devant moi l'épouse de Deschesnaux.….

—I/'épouse de Deschesnaux ! interrompitelle avec indignation. De quel infime nc«n1 osezvous déshonorer..…….

Elle hésita et resta muettz, en se rappelant qu'elle ne pouvait trahir un secret duquel dépendaient la fortune et l'honneur de son mari. Ses yeux se remplirent de larmes. DuPlessis jeta sur elle un regard de douloureuse pitié et lui dit :

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