‹ Le manoir mystérieux, ou, Les victimes de l'ambition [microforme]Chapitre 49 sur 63 · LE DUEL · texte numérisé non relu

LE DUEL

Celui qui venait de parler à l'intendant, était vêtu de noir ; et bien qu'il eût la figure couverte d'un masque; il ne faisait pas partie

des acteurs.

—Qui êtes-vous ? et que me voulez-vous ?

demanda M. Hocquart. :

articulier,

__Je ne puis vous je dire qu’en P monsieur.

Je ne puis parler avec un i est au moins votre nom ? .

__Je capitaine DupPlessis. Ma langue a te liée pendant vingt-quatre heures, mais ce délai est expiré. Je puis parler maintenant, et c'est par égard pour vous q sse à vous

‘d'abord.

nconnu ; quel

ue je m'adre

L'intendant resta un instant immobile en entendant le not de celui qu'il croyait son en” r fit aussitôt place à son

nemi ; mais sa Stupeu désir de vengeance. Cependant, il eut assez d'empire sur lui-mème pour ajouter avec sang-

froid :

ptque demande de moi M. le capitaine

DuPlessis ?

—Justice, monsieur.

__Justice ! Tous les hommes y ont d et vous surtout, M: DuPlessis ; SOYEZ sûr qu'elle ne tardera pas à vous être faite.

__Je n'attendais Pas moins de vous, M.

l’intendant. Mais !: temps presse : il faut que je vous parle ce uit meme. Puis-je aller vous trouver dat tre appartement, a l’heure que vous indiqu.eiez

roit,

214 LE MANOIR bee

—Non, répondit M. Hocquart &'un air farouche ; non, ce n’est pas sous mon toit que nous devons nous expliquer, mais sous la voûte du firmament.

—Vous êtes irrité, monsieur ; Je me demande pourquoi. Je ne vois rien pour exciter votre colère. Mais le lieu de notre rendez-vous m'est indifférent, pourvu que vous m'accordiez une demi-heure d'entretien.

—Un temps plus Court suffira, je l'espère.

Trouvez-vous dans le parterre en aïrière du château dès que le Bouverneur sera rentré dans ses appartements.

— 1} suffit, monsieur, j'y serai.

—Le ciel se montre enfin propice à mes vœux, se dit l’intendant après que DuPlessis se fut retiré ; i] livre à ma Vengeance le miséralle auteur du coup qui m'a frappé si cruellement.

Au bout d’une heure environ, il se retira dans une chambre que M. Bégon tenait à sa disposition au château, et envoya chercher Deschesnaux. On revint l’informer que M. Deschesnaux était parti depuis une demi-heure de la maison du docteur Alavoine, avec trois per- Sonnes, dont l’une était enfermée dans une litière.

—Est-il resté auelnu'un de sa suite ? de manda M. Hocquart.

—Monsieur, répondit le domestique du docteur Alavoine, au moment où M. Deschesnaux allait partir, Sonserviteur, Michel Lavergne, était absent, ce qui a grandement Contrarié M, Des-

—Allez lui dire de venir me trouver ici de suite, ajouta M. Hocquart.

Dès que le domestique fut sorti, l’intendant se dit avec agitation :

MYSTERIEUX —Desclresnaux s’est trop pressé ; il m'est

fidèle, attaché, mais son zèle l'er:patte. Il a ses desseins qu'il veut faire réussir. Si je m'élève, il s'élève, et ilnese montre que trop pressé de m'affranchir de l'obstacle qui me ferme le chemin du pouvoir. Je ne veux pas de précipitation. Elle sera punie, mais après y avoir réfléchi froidement. Pour aujourd’hui, une première victime me suffit, et cette victime m'attend dans le parterre, à deux pas d'ici.

I1 se mit en toute hâte à écrire le billet suivant :

‘Mon cher Deschesnaux, “J'ai résolu de différer l'affaire confiée à “ vos soins, et je vous enjoins expressément de ‘ne pas aller plus loin pour.ce qui la regarde. “ Je vous recommande de revenir au plus tôt “ici, aussi vite que vous aurez mis en sûreté

(le dépôt qui vous est confié. Mais dans le

‘cas où ces soins Vous retiendraient plus long-

‘ temps que je ne le suppose, renvoyez-moi de “ suite mon anneau. Je compte comme tou- ‘ jours sur votre fidèle obéissance.

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