‹ Le manuel des chrétiens protestants: Simple exposition des croyances et des pratiques qui lesChapitre 7 sur 20 · PSAUME XXIII · texte numérisé non relu

PSAUME XXIII

« L'Etemel est mon berger ; je n'aurai point de disette. Il me fait reposer dans des parcs herbeux et il me conduit le long des eaux tranquilles. Il restaure mon âme et il me mène par des sentiers unis pour l'amour de son nom.

Même quand je marcherais dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrais aucun mal; car tu es avec moi ; c'est ton bâton et ta houlette qui me consolent. Tu dresses ma table à la vue de ceux qui me persécutent ; tu oins ma tète d'huile et ma coupe est remplie.

» Quoi qu'il en soit , les biens et la miséricorde m'accompagneront tous les jours de ma vie , et mon habitation sera dans la maison de l'Eternel pour longtemps. »

« Mes Frères !

» En rendant à notre frère décédé les derniers devoirs , ce n'est point sur sa dépouille mortelle, sur cette poudre qui retourne à la poudre d'où elle avait été tirée, qu'il convient de fixer nos pensées. — Si la mort est un châtiment infligé à l'humanité à cause du péché , elle est devenue par Jésus-Christ une déli-

vrance pour Tâme fidèle , qui , enlevée aux misères et aux tentations de la vie présente , revêt , par Tefficace du sang , de Christ et la puissance du Saint-Esprit, une nature incorruptible et sainte. L'univers appartient au Seigneur ; en sortant de ce monde nous ne sortons pas de son empire ; et si , sur cette terre , où nous ne faisons que passer, il a accumulé tant de biens , quelles ne doivent pas être , dans sa Jérusalem céleste , les richesses de sa gratuité envers ceux qui , pendant la vie , ont mis leur entière confiance en lui. Que les yeux de notre corps s'arrêtent sur cette fosse, séjour des vers et de la corruption, pour humilier notre orgueil et confondre notre vanité; mais que les yeux de notre esprit, éclairés par la foi, contemplent le ravissant séjour que Jésus- Christ lui-même a préparé pour ceux qui le servent , et qu'il embellit de sa divine présence et de sa gloire étemelle. Que ces leçons terribles du sépulcre , que ces avertissements de la vie , que ces espérances de la foi , nous rendent attentifs à nos propres voies ; que ces appels de la grâce nous disposent à travailler à notre salut avec crainte et tremblement , et à chercher le Seigneur pendant qu'il se trouve. Mortels, apprenons à compter nos jours, afin que nous en ayons un cœur plein de sagesse ;

affligés, ne pleupons point comme ceux qui sont sans espérance , mais versons nos lames dans le sein de Dieu ; chrétiens > pensons , non point aux choses de la terre , qui périssent, mus aux choses du ciel , qui sont perananentes; et puisque Dieu est la seule source de toute force et de toute consolation , élevons à lui nos esprits et nos cœurs. »

PRIBRfi.

ce Dieu tout-puissant I Père de miséricorde ! tu as déclaré dans ta Parole que tu n'es pas le Dieu des morts , mais le Dieu des vivants. Tu dis aux fils des hommes : <c Retournez dans la poussière, » et soudain ils ne sont plus; mais tu retires des liens du sépulcre , pour les appeler à la glQire , ceux qui t'aiment , et la mort n'est ainsi qu'une des voies admirables de ta sagesse, par laquelle tu rassembles autour de toi» Père tendre et bienfaiteur suprême , la famille de tes élus! Puisse celui dont nous rendons maintenant à la terre la grossière dépouille , avoir été marqué de ton sceau pour la vie étemelle 1 Et nous , Seigneur, que tu as honorés des mêmes espérances , aide-nous , par ta grâce , à les comprendre et à les accepter avec une entière confiance ; que nous cherchions avec une véri-

-âi3-

table anxiété la seule chose nécessavre qui d6 nous sera jamais ravie ; que nous ressuscitions, dès maintenant , de la mort du péché , pour vivre à la justice , afin qu'au sortir de ce monde nous rentrions dans ton repos , et qu'au jour de la résurrection gén^le , rendus semblables à Celui qui nous a rachetés , nous recevions de sa boucKe divine la bénédiction qu'il prononcera sur ceux qui t'aiment et te craignent. A ce glorieux Rédempteur, comme à toi, Père céleste, et au Saint-Bsprit , soient honneur, louange et gloire aux siècles des siècles. Amen ! »

Selon les circonstances, le pasteur ajoute à cette prière des supplications en faveur de la famille qui a perdu Tun des siens.

Enfin le pasteur bénit le peuple , en disant : « Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, que Famour du Père et la communion du Saint- Esprit j. soient et demeurent avec vous tous éternellement. Amen. »

K^e deuil.

Dieo essaiera tonte larme de nos yeux.

Apoc.,V1I,17.

Après avoir veillé au chevet du mourant ,

après avoir accompagné ses restes inanimée jusqu'à sa dernière demeure , la religion n'oublie point les affligés qui sont appelés par la Providence à survivre à ceux qui laissent dans leurs rangs une place vide : elle a pour eux ses consolations et ses espérances ; elle verse sur leurs plaies le vin et l'huile de la compassion chrétienne ; elle sanctifie le deuil de ceux qui pleurent chrétiennement. Il est chez nous une coutume touchante qui consista de la part des affligés à se réunir quelques jours après le décès d'un parent. Personne ne manque à cette assemblée de famille , même les parents les plus éloignés, pour lesquels cette douleur commune est une occasion de rapprochement. C'est le premier jour de sortie, et le lieu où Ton se rend d'abord est la maison de Dieu. Les auteurs de notre liturgie , qui ont prévu ce cas intéressant, ont inséré dans la prière la collecte suivante : « Dieu créateur ! qui disposes à ton gré de la vie de tous les hommes , arbitre suprême de tous les événements, toi qui ne nous places sur la terre que pour nous préparer à un monde meilleur, prends pitié , dans tes compassions paternelles, de toutes les personnes qui sont dans le deuil et qui pleurent sur de cruelles séparations; verse toi-même sur leur plaie un baume salutaire ; comble par ton amour le triste

vide que la mort a laissé dans leur cœur; essuie leurs larmes ; relève leurs pensées abattues; que la' foi en tes promesses leur donne la force de continuer le pèlerinage auquel tu les appelles ici-bas; que les biens qui leur restent les dédommagent de ceux qu'ils regrettent , et que la perspective assurée d'un séjour de paix et de repos pour ceux qui supportent l'épreuve avec patience, les soutienne , les console et leur fasse trouver encore quelques douceurs dans la route de la vie. Amen ! )>

Oonséeratlon d'an intnistre.

Le Saintp-Esprit leur dit : Séparei-moi Pan et Barnabas pour l'œsTre à laquelle je let ai

AcTBS , Xm , 9.

Conformément aux coutumes établies dans la primitive Eglise , la consécration au saint ministère est conférée aux candidats par l'imposition des mains. Avant de procéder à cette cérémonie, les pasteurs consacrants, réunis au nombre de sept au moins, examinent soigneusement les titres du candidat, qui co'nsistent en un diplôme de bachelier en théologie, et un certificat d'aptitude au saint ministère , délivrés

par une faculté de théologie compétente. Mais, comme ces titres sont plutôt universitaires qu'ecclésiastiques, les pasteurs procèdent d'ordinaire à un examen consciencieux et approfondi des garanties morales et religieuses qui témoignent du zèle et de Torthodoxie du candidat. On comprend qu'ici chacun apporte pîus ou moins d'attention et de sévérité, selon la mesure de ses scrupules de conscience et de ses propres convictions intimes. Une fois satisfeits sur ces divers points, les pasteurs consacrants procèdent à la cérémonie. Un d'entre eux est chargé de la présider : c'est d'ordinaire le président du Consistoire. Il ouvre la cérémonie par la confession des péchés; après un chant religieux, il annonce à l'assemblée le but de la réunion, et lui présente le candidat, qui est placé en face de la chaire. Après cet avis, le pasteur , chargé d'adresser la parole au récipiendaire au nom de ses collègues , monte en chaire , et prononce un discours où il a soin de retracer les devoirs, les peines et les joies du ministère évangélique. Il termine son allocution en appelant le candidat à prêter le serment d'usage. Alors le candidat , accompagné par les deux pasteurs les plus âgés , et suivis de tous les autres ministres de l'Evangile , monte les degrés d'une estrade qui aboutit auprès de la

chaire; là il se prosterne, et, plaçant sa main droite sur la sainte Ecriture ouverte devant lui , il prête serment. Nous rapportons ici Texpression de ce serment, telle qu'elle a été rédigée à Moatauban, et employée daaa une consécration qui a eu lieu en 1839.

D. Conformément à la discipline de nos Eglises réformées , d'après laquelle le candidat au saint ministère de rEvangile doit rendre témoignage de la pureté de sa foi avant de recevoir l'imposition des mains , je vous invite à répondre aux questions suivantes :

Vous promettez devant Dieu , et sur les saintes Ecritures ouvertes devant vous , de prêcher purement et fidèlement la. Parole de Dieu , telle qu'elle est contenue dans les livras sacrés de l'Ancien et du Nouveau Testament , sans y rien ajouter ni en rien retrancher , comme le commande la Bible elle-même ?

R. Oui, je le promets.

D. En conséquence de oet engagement :

Vous promettez d'enseigner que , par un. seul homme, le péché est entré dans le monde , et par le péché la mort ; que tous ont péché et sont assujétis à la condamnation , et que nul ne sera justifié devant Dieu par les œuvres de la loi ?

R. Oui , je le promets,

D. Vous promettez d'enseigner que Jésus- Christ est notre Seigneur et notre Dieu ; Dieu sur toutes choses , béni éternellement 7

R. Oui , je le promets.

D. Vous promettez d'enseigner que Jésus- Christ est mort pour nos péchés; que nous avons en lui la rédemption par son sang , savoir , la rémission des péchés , et que nous sommes sauvés par la grâce , par la foi ?

R. Oui , je le promets.

D. Vous promettez d'enseigner que nul ne peut voir le royaume de Dieu, s'il n'est né de nouveau par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit , lequel Dieu répand abondamment sur nous par Jésus-Christ, notre Sauveur ?

R. Oui , je le promets.

D. Vous promettez d'enseigner que la foi sans les œuvres est morte, et que, sans la sanctification , nul ne verra le Seigneur ?

R. Oui, je le promets.

D. Vous promettez encore de faire tous vos efforts pour édifier l'Eglise du Seigneur , en vivant dans le siècle présent, selon la tempérance, la justice et la piété, et en vous appliquant à remplir les devoirs de votre sainte vocation ?

R. Oui , je le promets.

D. Vous promettez, enfin , de tenir secrètes toutes les confessions qui vous seraient faites à décharge de conscience, excepté celles qui concerneraient des crimes de haute trahison ?

R. Oui , je le promets.

En conséquence de ces engagements, conformément à l'usage de l'Eglise primitive, en vertu de la chaîne que nous exerçons dans l'Eglise comme ministre de Jésus-Christ, au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit , nous vous autorisons à prêcher la Parole de Dieu , à bénir les mariages contractés suivant la loi , à administrer les sacrements , partout oix le Seigneur vous appellera, et nous vous conférons le ministère évangélique par l'imposition des mains.

L'accolade fraternelle et le chant du psaume GXXXIV terminent la cérémonie.

Ejem fS§te*.

Gélébroos la ftte non avec le vieux levain , ni avec le levain de la malice et de la méchanceté, mais avec les pains sans levain de la sincérité et de la vérité.

IGOR., y. 8.

Reconnaissant que, dans la mesure déterminée par le Créateur lui-même , le travail est aussi impérieusement ordonné à l'homme que

le repOâ, le protestantisme est extrêmement sobre de fêtes religieuses.

Il accepte comme un .bienfait et observe comme une ordonnance le repos du dimanche.

Ce premier jour de la semaine rappelle aux chrétiens celui où le Seigneur Jésus, sortant vainqueur du tombeau, déixuisit à jamais la puissance du sépulcre et justifia les pécheurs repentants auprès de la justice de Dieu. Selon nos principes , ce jour doit être donné tout entier à la piété et au repos , et tout ee qui ne contribue pç^s réellement à l'amélioration du cœur , au développement de la vérité évangélique dans les âmes , ou è l'exercice du bien , nou^ semble uno véritable profanation du dimanche. Nous en réclamons l'observation pour le soulagement ^t l'instruction des pauvres , aussi bien que pour le bien-être des classes supérieures , et nous croyons que les progrés de la vraie piété , et par conséquent ceux du bonheur, sont attachés à oettesage observation.

A part le dimanche , nous observons les fêtes suivantes , non à titre d'institutions divines , portant , en conséquence , un caractère d'obligation rigoureuse , mais comme convenables et bienséantes dans Tordre de l'Eglise „ qui offre en elles au peuple chrétien les souvenirs les plus augustes et les plus édifiants.

Le jour de Noël ouvre la série des souvenirs évangéliques ; il nous rappelle la naissance de \ notre Emmanuel, Dieu incamé, Sauveur du monde , qui ne dédaigna pas notre chair infirme ; Homme de douleurs , qui connut et prônait de guérir toutes nos douleurs.

Le jour de l'an , qui appelle les enfants du siècle à se visiter et à s'adresser de mutuelles félicitations , réunit le peuple de Dieu dans sa maison sainte , pour attirer les bénédictions du ciel sur la terre , et pour méditer salutairement sur la fuite du temps qui nous échappe, et sur l'approche de Tôternité , que le pardon évangélique peut seul dépouiller de ses terreurs.

La Semaine sainte rappelle aux fidèles la suite des douleurs humaines et des gloifes divines par lesquelles Jésus* Christ dut passer avant d'opérer et de confirmer notre justification. Le dimanche des Rameaux, Jésus entra d'une manière triomphale dans la ville de Jérusalem, salué du peuple par de glorieux hosannas. Le JeuM samt , Jésms institua la cène , qui nous rappelle, soue le touchant emblème d'un repas fral;emel , l'effusion de son sang et la fhiction de son corps qu'il donna pour racheter nos âmes coupables. Le Vend/redi saint offre à notre mémoire le jour marqué par la prescience du Père pour l'abolition du sacrifice et l'accom-

plissement entier du salut. Alors TÂgneau de Dieu ôta les péchés du monde, s'offrant luimême en holocauste volontaire , saint et toutpuissant pour satisfiûre les exigences de la loi et pour nous réconcilier avec notre juge. Le jotur de Pâqvss , en présentant à notre souvenir la résurrection de Jésus-Christ , confirme toutes les promesses évangéliques et résume tous les trésors de compassion que le Père amasse dans son cœur en faveur de ses faibles enfants.

Le jowr de l'Ascension réunit encore les fidèles pour diriger spécialement leurs pensées et leurs désirs vers la demeure que Jésus est allé nous préparer lui-même dans le ciel ; il scelle aussi pour jamais les espérances que nous pouvons fonder sur Celui dont le Père a accepté la mission et le sacrifice, en le rappelant dans son propre sein , glorieuse patrie qu'il avait habitée de toute éternité.

Le jow de Pentecôte fut signalé, dans les temps apostoliques, par une effusion extraordi* naire du Saint-Esprit sur son Eglise naissante. Une semblable dispensation , moins éclatante sans doute , mais non moins efficace , a été promise à l'Eglise dans tous les âges ; « la promesse, » dit saint Pierre, « a été faite à nous et nos enfants ; » c'est pourquoi les fidèles s'assemblent dans le jour où la promesse fut faite et

ratifiée, afin d'en appeler le glorieux accomplissement.

Nous avons dit ailleurs que la sainte cène est célébrée chez nous les jours de Noël , Pâques et Pentecôte; on ajoute aussi le premier dimanche de septembre , non que ce jour rappelle aucun souvenir biblique, mais afin de répartir sur toute l'année , et d'une manière à peu près égale, les époques où les fidèles s'approchent de Dieu par la communion visible, au nom du Seigneur Jésus-Christ.

Un jeune spiriPuelj c'est-à-dire l'humiliation et la tristesse religieuse , a remplacé , chez les protestants , le jeûne matériel , dont l'observation leur paraît plutôt expédiante que nécessaire. Il a paru convenable à nos pères de consacrer un jour tout entier à l'humiliation publique. La plupart de nos Eglises l'ont fixé aux approches de Pâques. Dans ce jour , les prédications sont plus multipliées , les prières plus pressantes , les exhortations plus sévères, l'exposition de la loi plus intime et plus incisive ; c'est une précieuse occasion, pour les conducteurs du troupeau, de lui faire entendre des vérités utiles , pénibles peut-être, mais trop souvent méritées...

Les protestants n'observent point le carême , et ils ne font aucune distinction entre les ali-

ments gras ou maigres. Les passages scripturalres suivants leur paraissent justifier sufiBsamment leurs croyances sur ce sujet :

<c Le royaunae de Dieu ne consiste ni dans le manger ni dans le boire (1). Ce qui souille l'homme n'est pas ce qui entre dans sa bouche , mais ce qui en sort (2). Que nul ne vous condamne au sujet du manger et du boire (3).

Mangez de tout ce qui se vend à la boucherie sans vous en inquiéter au sujet de la conscience (4). »

Les fêtes que nous venons d'énumérer ont un caractère plus spécialement ecclésiastique ; il en est d'autres qui sont commandées par le pouvoir civil.

Les fêtes auxquelles nous faisons allusion sont celles dans lesquelles le Monarque réclame des prières spéciales sur sa personne auguste , sur sa famille et sur son gouvernement , ou celles qui sont commandées par quelque circonstance particulière , telle qu'une éclatante victoire , le rétablissement de la paix, etc.

Nous nous associons de bon cœur à ces solennités et comme citoyens et comme disciples de Jésus-Christ , dociles à cette injonction de

(1) Rom., XIV, 17. — (2) Matth., XV, 11. — (3) Col., n, 16. — (i) 1 Cor., X, 25.

TApôtre , qui écrivait à Timothée ( 1 Tim. , II , 1 , 2 , 3) : <( Je recommande donc avant toutes choses qu'on &8Se des requêtes, des prières, des supplications et des actions de grâces pour tous les hommes , pour les rois et pour tous ceux qui sont constitués en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille en toute piété et en toute honnêteté; car cela est bon et agréable à Dieu notre Seigneur. »

Pendant ces solennités , l'Eglise entonne le Te Deum , cantique composé par un ancien docteur , dans lequel la gloire de la Sainte Trinité est exaltée d'une manière sublime, cantique qui appartient à toutes les communions , et qui pourrait bien leur servir à tontes de point commun de ralliement , car il exprime leurs com* munes convictions. On a réuni les passages scripturaires suivants , qui résument les devoirs des monarques et des peuples, pour les lire à l'occasion des fêtes nationales.

<c Béni soit le nom de Dieu, depuis un siècle jusqu'à l'autre ) car à lui est la sagesse et la force ; c'est lui qui change les temps et les saisons, qui ôte les rois et rétablit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la science aux intelligents.

» rois l ayez de l'intelligence ; juges de la terre , recevez instruction* Servez l'Etemel avec

crainte, et réjouissez-vous avec tremblement. Vous mourrez comme les autres hommes, et, quoique au premier rang, vous tomberez comme l'un d'eux.

» Vous n'aurez point égard à l'apparence des personnes. en jugement ; vous écouterez le petit comme le grand ; vous ne craindrez personne , car c'est de la part de Dieu que vous exercez la justice.

» Faire une injustice doit être une abomination aux rois y car le trône est établi pour la justice. Les rois doivent prendre plaisir aux paroles de justice , et aimer celui qui profère des choses droites.

» Les princes que j'établirai ne fouleront plus mon peuple. Princes , ôtez la violence , rendez le droit et la justice , ayez la balance juste.

» Choisis d'entre le peuple des hommes vertueux et craignant Dieu, des hommes droits et qui haïssent tout gain déshonnête; établis-les chefe sur les peuples. Prenez des gens sages, habiles et connus, et je vous les donnerai pour chefs.

» Le peuple tombe faute de prudence. Quand un pays est en rébellion, il s'élève une multitude de chefs ; mais un seul homme sage sufBit pour maintenir l'ordre.

» L'ambition est une source d'animosité, mais ]s^ con^ance en l'Eternel assure le repos.

» Lorsque les justes s'élèvent, c'est une joie publique ; mais quand le méchant domine, tout le peuple gémit.

» Tu ne médiras point des juges, et tu ne maudiras point le prince de ton peuple.

» Observez les ordres du roi , et ce que vous lui avez juré au nom de Dieu. Celui qui obéit à ses ordres ne sentira aucun mal, et le cœur du sage connaît le temps et la conduite qu'il doit tenir.

» Le prince est le ministre de Dieu pour ton bien ; mais , si tu fais mal , crains , parce qu'il ne porte pas en vain l'épée ; car il est le ministre de Dieu et le vengeur pour punir celui qui fait mal. C'est pourquoi il est nécessaire d'être soumis non-seulement par la crainte de la punition , mais aussi à cause de la conscience. C'est aussi pour cela que vous payez les tributs, parce qu'ils sont les ministres de Dieu, qui s'appliquent sans cesse à leur emploi. Rendez donc à chacun ce qui lui est dû : le tribut à qui vous devez le tribut, les impôts à qui vous devez des impôts, la crainte à qui vous devez la crainte, l'honneur à qui' vous devez l'honneur.

» Soyez donc soumis à tout ordre humain pour l'amour 4u Seigneur ; soit au roi , comme à celui qui est au-dessus des autres ; soit aux gouverneurs , comme à ceux qui sont envoyés

de sa part pour punir ceux qui font mal et pour honorer ceux qui font bien. Car telle est la volonté de Dieu , qu'en faisant bien vous fermiez la bouche aux gens ignorants et dépourvus de sens. Vous êtes libres; que votre liberté ne vous serve pas de prétexte pour faire le mal ; conduisez- vous comme des serviteurs de Dieu. Rendez honneur à tout le monde , aimez tous vos frères , craignez Dieu , honorez le roi.

» La justice élève une nation , mais le péché est la honte des peuples.

î> Oh ! que bienheureuse est la nation dont l'Eternel est le Dieu, et le peuple qu'il a choisi pour son héritage ! »

En mai 1859, toutes les Eglises réformées de France ont célébré , d'une manière solennelle , l'anniversaire tricentenaire de la première constitution de nos Eglises , dans le synode tenu à Paris sous la présidence de François de Morel. Dne médaille commémorative a été frappée à cette occasion ; des discours remarquables ont été prononcés et publiés. En plusieurs lieux les temples ne pouvaient plus contenir la foule des auditeurs. Une assemblée de vingt mille proies^ tants s'est tenue à Nîmes , non loin du lieu désert où nos pères étaient naguère réduits à célébrer furtivement leur saint culte, alors proscrit et condamné par des lois d'iniquité.

KmMrelce de la eliArIté cbrétienne,

A. Secowrs oajlx pauvres.

La redigloii pare et «ans tache detant Dieu notre père consiste à visiter les orphelins et lés veiiTes et à se préserver de la soidllore du monde.

Jagq. . 1 . 87.

C&st à ceci que*Von reconnaîtra que vous êtes de mes disoi/ples, disait Jésus- Christ, quand vous vous aimerez les uns les autres ; d'où il faut conclure que les Eglises qui prétendent à une grande pureté dans la foi doivent le démontrer par leur zèle pour la charité. Notre culte exige peu de sacrifices pour soutenir l'éclat de sa simplicité évangélique; notre clergé est en grande partie entretenu par le traitement légal que le pays lui accorde ; les libéralités des fidèles peuvent donc aisément s'étendre sur la portion souffrante de la société , en faveur de laquelle les prédicateurs de l'Evangile font souvent retentir de touchants appels. Les conseils presbytéraux , chargés spécialement du maintien de la discipline locale, sont aussi, avec juste raison, considérés comme bureaux de bienfaisance, investis du soin d'assister , avec régularité et dis-

crétion, les nécessiteux de l'Eglise. A cet effet, il reçoivent leur part des ressources affectées aux bureaux de bienfaisance proprement dits ; mais comme ces secours seraient insuffisants pour l'accomplissement de l'œuvre de soulagement réel et efficace que ces corps religieux ont acceptée, ils ont recours à d'autres sources de charité; c'est dans ce but que les fidèles sont invités , à l'issue des services religieux , à déposer leurs aumônes dans le tronc placé à l'entrée du temple; à ceftaines époques, ils provoquent une quête à domicile; ils reçoivent aussi des dons que de généreux chrétiens n'oublient pas de leur faire aux époques solennelles de la vie , telles que le mariage et le deuil , et des legs , résultant des volontés testamentaires que les fidèles mourants ajoutent à leurs dernières voloiités en faveur des établissements de bienfaisance chrétienne.

L'ensemble de ces ressources diverses permet aux conseils presbytéraux d'étendre le bienfait de leur protection sur une foule d'êtres souffrants , qui apprennent , par sa pieuse intervention , à bénir la religion et la charité qu'elle inspire. Le diaconat vient en aide à cette pieuse entreprise ; ses dignes membres, n'écoutant que la voix de la compassion et du dévouement , visitent assidûment la demeure du pauvre ,

s'enquièrent avec soin de leurs besoins, se font raconter là longue et douloureuse histoire de ses infortunes , se concertent avec lui pour chercher des protecteurs , des secours et surtout du travail , et s'adressant enfin aux conseils presby téraux , exposent , dans des réunions hebdomadaires, Tétat réel des familles qu'ils ont visitées, et sollicitent en leur faveur des secours dont la nature et la quotité sont adaptées aux circonstances particulières où elles se trouvent. C'est ainsi que les Eglises qui ont pu se créer quelques ressources en étendent la distribution sur les vieillards , les infirmes , les malades, les ouvriers chargés d'une nombreuse famille , les pauvres femmes en couche, les enfants abandonnés ; elles ont des secours qu'elles dispensent avec une sainte discrétion aux infortunés qui jadis ont vu de meilleurs jours , et qui maintenant se cachent derrière le voile d'une pudeur qu'il importe de respecter. Les étrangers , que d'impérieuses circonstances obligent à changer de domicile , et que la maladie ou l'absolu dénûment arrêtent à leur passage , n'échappent pas entièrement à la sollicitude des Eglises consistoriales , lorsque des recommandations viennent démontrer qu'ils n'appartiennent pas à la classe méprisable des mendiants et des vagabonds. En s' adressant à ces divers

ordres d'infortunes, les consistoires savent adapter à chacun les secours qui lui conviennent ; c'est ainsi qu'ils distribuent des secours en pain, en argent, en vêtements d'hiver, en médicaments , en visites de médecins , en literie , en layettes , etc. ; soigneux de suivre , dans la ré* partition de leurs bienfaits, la route de cette charité miséricordieuse , également éloignée de l'avare prudence qui oppose ses refus suix cris de la famine et de l'imprudente libéralité qui perpétue la misère en encourageant l'oisiveté. En dehors, et à côté de cette institution cha^ ritable du diaconat , on rencontre chez les pro«testants de France les ^Sociétés de seconds mu* tuels, associations protégées par le gouvernement, approuvées de tous les hommes sages et prudents, dont les heureuses conséquences ont toujours dépassé l'attente de leurs fondateurs , et dont l'action est si conforme aux intérêts de la dignité humaine comme aux vrais progrés des populations. Elles consistent, comme chacun sait , en cotisations mensuelles, dont le produit réuni permet à la Société d'accorder à chacun de ses membres des secours convenables et une assistance personnelle pendant le temps de la maladie. Cette fraternelle institution a pour efifet certain d'empêcher un grand nombre d'ouvriers de devenir les victimes de revers impré*

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vus qui accablent tout d'un coup ceux qui n'ont pas su se ménager quelques ressources, et qui les font descendre pour jamais au rang des vrais indigents. L'exemple donné et l'expérience fournie par les Sociétés de secours mutuels de Paris , Lyon , Montauban , Toulouse , Nîmes , Castres , Lille , etc. , sont là pour démontrer l'excellence de ces institutions , dont nous appelons de tous nos vœux la plus grande extension dans notre Eglise et dans notre patrie.

Enfin , signalons les institutions fondées depuis la restauration de notre culte, qui à la fois démontrent sa vitalité et contribuent à le développer dans les voies de la bienfeisance chrétienne ; institutions qui ont pour seules ressources les libéralités des protestants français • Maisons de santé : Paris , Strasbourg , Nîmes , Montpellier, Montauban, Toulouse, Lyon, Mulhouse, Lille, Marseille, Bordeaux. Asiles pour les vieillards : Paris, Gourbevoie, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Montauban, Nîmes, Orthez , Saint-Hippolyte. Asiles pour les orphelins : Paris, Neuhof, Saverdun, Castres, Tonneins. Asiles pour les orphelines : Paris , Crest , Nîmes , Montauban, Orléans, Nérac, Pau, Orthez, Aval- Ion , Lemé , Alger. Asile pour les idiotes et les enfants scrofuleux : "Laforce. Asile pour les sourds -muets : Saint -Hippoly te. Refuge pour les

repenties : Paris, Nîmes. Colonie pénitentiaire pov/r les jemies déterms des deux sexes : Sainte-Foy . Société pour soigner les pamyres aux bains de mer : Le Grau-du-Roi , Cette. InstiPution pour élever les diaconesses (i) ou former des garde-malades : Paris, Strasbourg, Nîmes, Bordeaux.

B. Instruction publique.

Ingtraii le jeone eniànt dès l'«Dtrée de n voie , et quand il sera Tieax, il ne s'en écartera pas.

Prov., xxn.6.

Elevé comme un phare éclatant à la tète de la civilisation des peuples, le protestantisme s'est toujours montré le protecteur de l'instruction populaire.

Il vit de vérité; il ne connaît pas de plus dangereux ennemis que les préjugés et l'ignorance. Il appelle donc de tous ses vœux,, encourage de toute son assistance , et éclaire par toute son influence tous les moyens propres à développer chez les peuples les connaissances utiles et bonnes. Les services que le protestan-

(1) V Institution des diaconesses dans le protestantisme répond à celle des sœurs de charité dans le catholicisme, n va sans dire qu*il n*y a rien de monastique dans nos maisons de diaconesses : ce dont on peut se convaincre en visitant Tadmirable établissement de la rue de Reuilly , à Paris.

tisme a rendus en France sous ce rapport ne sont contestés par personne. C'est à lui qu'on doit l'introduction de l'enseignement mutuel, des salles d'asile , des écoles du dimanche , et l'invention des bibliothèques populaires ; il a donné à la France l'homme d'Etat qui, dans nos temps modernes , paraîf avoir apporté dans la direction de l'université et de tous les établissements qui s'y rattachent les vues les plus neuves , la direction la plus forte , l'influence la plus durable. Et s'il est permis d'attendre encore , pour l'instruction primaire dans notre patrie , un plus grand développement et de nouveaux progrès, nous le devrons surtout à l'étude de ce qui s'est fait pour cette œuvre importante, sous l'influence des idées protestantes , en Prusse , en Angleterre , en Hollande et aux Etats-Unis.

Dans les villes où il a été permis à nos Eglises de se développer sans trop de contrainte , l'enseignement public, grâce à la sollicitude des consistoires et à la protection des autorités locales, est aujourd'hui arrivé à l'état où se trouve un édifice dont toutes les parties principales ont été élevées sans qu'elles soient encore ni parfaitement terminées ni même suffisamment liées entre elles , mais qui offre cependant des conditions précieuses d'utilité et de solidité.

Voici donc les établissements par l^quels la jeunesse de nos Eglises est appelée successivement à passer.

Les salles d'asUe reçoivent les petits enfants depuis l'âge de trois ans jusqu'à six. D'habiles instituteurs , souvent aidés de leurs épouses , s'efforcent de développer, dans l'intérêt de la vérité, la jeune intelligence^ et de dresser à l'amour du bien le cœur de leurs élèves, à l'aide de leçons extrêmement simples, d'histoires attrayantes et de questions mille fois répétées. L'exercice et le mouvement, si nécessaires à leur âge, dirigés à l'aide d'une gymnastique convenable , entretiennent et développent chez eux la force et la santé. A ces soins viennent se joindre ceux de la propreté , soit dans la personne, soit dans les vêtements^ si capables de rehausser le sentiment de dignité personnelle qui doit accompagner l'homme dans toutes les phases de la vie. La salle d'asile est un admirable bienfait pour les parents, que l'on décharge ainsi du soin de leurs petits enfants , à l'heure où le père est peut-être absent et la mère au travail (1).

(1) C'est Marie Scheppler , servante d*Oberlin , qui la première a ouvert une salle d*asile. M*"* Jules Mallet avait depuis consacré son infatigable activité au développement de ces admirables institutions, nonseulement parmi les protestants , mais aussi parmi les catholiques,

La salle d'asile prend Thomme au sortir du berceau; Vécole d'enseignement mutuel le reçoit au sortir de la salle d'asile. Ce n'est pas ici le lieu d'exposer le système qui préside à l'instruction dans ces écoles , système d'ailleurs assez connu, et auquel les progrès du temps ont apporté d'utiles modifications par une heureuse combinaison avec l'enseignement simultané (1).

Dans les écoles dont nous parlons, le programme des études se borne à la lecture , l'écriture , l'usage des premières règles de l'arithmétique, le catéchisme et le chant sacré. Il fallait, après cela, un enseignement supérieur pour ceux des élèves qui , persévérant dans ces épreuves successives, désiraient acquérir une instruction capable de les conduire plus loin dans la vie industrielle et commerciale ; c'est dans ce but que Ton a créé des écoles supérieures] Sous les soins du directeur, les élèves y apprennent la grammaire , l'histoire de France, la géographie , l'arithmétique , la géométrie , le dessin linéaire et l'histoire sainte.

Reste encore les hommes faits, qui, dans leur

(i) Le système de Renseignement mutuel a ëté introduit d^Ângleterre en France par le pasteur F. Martin et mon frère le pasteur Emile Frossard.

première jeunesse, ont passé par des temps moins heureux, ou que des parents négligents et oublieux ont privés de la première instruction : ouvriers de la onzième heure, arrivant tard, sans doute, mais arrivant enfin, pleins de bon vouloir, altérés d'instruction. Pour eux se sont ouvertes les écoles d'adultes , où le soir on voit accourir nos ouvriers qui , le jour, cultivent nos champs , élèvent nos édifices , ou de leurs mains calleuses font battre nos métiers.

Il est inutile d'ajouter que ceux de nos jeunes hommes qui se destinent aux fonctions à la fois si pénibles et si honorables d'instituteurs participent aux bienfaits des écoles normales fondées par l'Etat. Nous possédons même en France des établissements de ce genre qui ont un caractère spécialement protestant, telles les écoles de Paris, Gourbevoie, Nîmes, Glay, Dieule-Fit, Sainte-Foy, etc.

L'enseignement public donné aux jeunes filles est en tout point semblable à celui que les garçons reçoivent dans nos écoles, et l'on n'observe point chez nous l'inégalité qui existe encore à cet égard sur plusieurs points de la France.

Le gouvernement de nos écoles se ressent de la double et salutaire influence de l'Eglise et de la cité , et Ton comprendra aisément que ce

n*est pas trop de la réunion de toutes les influences morales et religieuses, avec toute la puissance gouvernementale et administrative, pour créer, consolider et poursuivre une œuvré si importante et si étendue. Aussi, tout en même temps que TEglise redouble d'efforts pour étendre l'instruction ^populaire et pour la rendre plus efficace , l'Etat la considère comme une dette dont il faut au plus tôt s'acquitter envers la nation. A cet effet, la cité et l'Eglise donnent à nos écoles des comités de surveillance j composés de jeunes hommes actifs , ardents au bien , capables de comprendre et d'inventer les moyens de le produire, et forts pour les mettre en œuvre avec une infatigable persévérance. Oublieux de leure plaisirs ou de leurs propres intérêts , on voit ces jeunes hommes s'occuper avec suite de soins fastidieux , et donner leur temps à une inspection constante et minutieuse. Honneur à ceux qui comprennent si bieù les devoirs de leur âge et de leur position sociale I Heureuses les cités qui se peuplent de bonnes écoles primaires! Les générations naissantes y apprennent à obéir à qui de droit ; elles y apprennent à se respecter elles-mêmes , à compter sur le travail de leurs mains, à espérer de l'avenir, à -aimer l'Evangile de Jésus-Christ. Elles reçoivent à l'école des leçons de propreté,

d'économie, de subordioation , d'humilité, de piété. C'est à l'école que se forment les citoyens paisibles, les ouvriers laborieux, les flfs soumis, les. chrétiens humbles et vertuenx. Lorsque les générations ont été gâtées par des commotions inattendues , par le triomphe momentané de quelque mauvais principe , ou par des malheurs extraordinaires contre lesquels la sagesse humaine est demeurée impuissante^ c'est l'école qui rétablit le règne des bons principes, qui ramène le calme et la moralité publique... L'école refait les générations... L'école est donc un sanctuaire que, dans l'ordre hiérarchique des institutions consacrées aux occupations graves, on peut placer après le sanctuaire d« la religion , et avant le sanctuaire de la justice ; car elle est destinée à peupler le premier d'humbles adorateurs de Dieu , et à laisser le seeoind désert et muet par l'amélioration progressive des mœurs et le retour au bien. Aussi , dans, ce sanctuaire, l'instituleur a-t-il charge d'ânaes. A lui de seconder les vues de l'Eglise et die la cité ; à lui le premier développement des jaunes intelligences; à lui de faire naître les premières émotions dans les jeunes cœurs ; à lui de ji^ter ks premières semences de l'ordre , de l'honnêteté, de la vertu ; l'avenir lui demandera compte de son administration!... Aussi l'Eglise et la

cité ont les yeux sur lui ; elles tendent chaque jour à relever sa dignité, à assurer son avenir, à éloigner les soucis et les préoccupations fâcheuses qui pourraient l'entraver dans sa sainte mission. Et, nous pouvons le dire, la plupart des instituteurs semblent , enfin , comprendre ce progrès de l'opinion publique à leur égard , comme ils comprennent mieux leurs importantes fonctions.

Après avoir mis en mouvement une multitude d'intelligences ignorantes ou endormies, après avoir fait naître en elles la soif de connaître, il fallait au plus tôt satisfaire à leurs nouveaux besoins, au risque de les -voir se dépraver ou s'éteindre. C'est dans ce but qu'on a fondé des Bibliothèques populaires. Ces utiles établissements, dont l'invention appartient à nos temps modernes (1), offrent un choix de bons ouvrages à l'usage de ceux qui ne craignent pas de faire un léger sacrifice (2) dans l'intérêt de leurs progrès intellectuels. Religion, morale, sciences naturelles, industrie, histoire, voyages, litté-

(1) La bibliothèque populaire formée par M"« la baronne Auguste de Gasparin , à Orange , est , à ma connaissance , la première qui ait été établie en France.

(2) Le règlement de la bibliothèque populaire de Nimes porte le prix de rabonnement à 50 centimes par trimestre ; la bibliothèque s*ouvre tous les dimanches ; chaque abonné peut emporter un volume.

rature, tout a été mis à conlributiou pour couvrir les crayons des bibliothèques populaires, et répandre au loin des conn^iissançesi à la fois agréables» utiles et dirigées dans un esprit qui se résume par cette devise, qu^ devraient porter tou.s les établis3e];nents d'instruction publique : civiliser sa/as pervertir.

Uijie i^ociété autorisée par ordonnance royale du 15 juillet 1839, sous le titre de Soci4t^ pour r encouragement de VinsPruction primaire pa/rmi les protejstcmts en Fraaxce y pwtége Içs écoles protestantes de l'Empire, et emploie les fonds qui sont mis à sa disposition pour l'établissement de nouvelles écoles ,. et pour concourir , avec les institutions publiques ou particulières, à tout ce qui pçut propagei: rinstru^çtion prinçiaire dans la pqpulatiou protestantç. Va service religieux, institué à l'effet de i?appeler les bienfaits de cette société et de l'instiruction ^n général , a été établi dans plusieui^s. Eglises de France.

G. Propagation des idées religieuses.

Instniiiez toutes les nations I llATra.,XXVm,i9.

Vous êtes ta lumière du monde, disait Jésus, à ses disciples. d,'g,y,trefois, et il le dit encoi:e à ses

disdples de tQus les temps , eau tour enjoignant comme un devoir impérieux d^ fi^i^e part à tews firèfe^ d« toutes les vérité$ dont ilsi SQiit euxmêmes éclairés- De là l,e pï:Qi^lytisine ; «on cette manie du phari^için ^ui , par ougi^eil , cwrt la terre et les mers pour faiiça un ^ul protsélyie^ faux zèU pp^^ ^^uel les pyotest8(nts éprouyent unç, Répugnance, toute pjairtâculière;: w^i& ^ tqipr dre i»ntérét qui porte Tàme relig\eu$e à qofîMuuni(C[i4^F. les 4<iW;» qju'eUe a reçus,, à épancl^er sa9 pensèQS d'avenir d,aas d'autres cœ,i,irs. d'hoi»mes qui sont synwé^,, p^ V^alffaîjp,e^enl da Ve^^emple, de la douceur ^X de la per^asion, 4 les partage ave/Q eUe; onction qui con^iti^e l'éducation chrôti^açç., eit qw preû^nt rhomine m l)erceau la C0iQd,uit jus(2u'à la tonp^be.

L'institution Gonsistoriale^ esit la première qui entre dans, qe^te voie de propagation évai^géliquei elle, agit, par tQ^te l'inHuence du culte quj'elle préside,, par tout rensemli)le du mii?i3tère chrétieOi et de h prédication pul>lique da la Parole de OÂeiA^ On doit aufs^i i^ cette puissance conserv^i^ice toute l'infli]^^?^^ religiiQuse qui s'exjerce dans, le^ éwlesi, où eUe ^ppellç. \e concours sp^cis^l et asaidu des pa3teurs„ dont la loi civile sancUonn,e la présence dan^^ les comités communaux et supérieurs : en certains lieux, des services religieux, sur semaine, sont

affectés à Tédiflcation et à l'inslruction des jeunes enfants, qui y apprennent, dès leurs plus tendres années , à adorer Dieu en bégayant ses louanges. Le consistoire s*est aussi montré le protecteur des écoles du dimanche. Un mot sur cette utile institution.

Les écoles du dimanche furent introduites en France au retour de la paix générale, en 1814. Elles ont un caractère exclusivement religieux. VéPude de la lecture y est remplacée par la pratique de la lecture et l'usage des saintes Ecritures. Ici les pasteurs ont appelé les laïques à leurs secours : ce sont quelques jeunes hommes éclairés , quelques dames charitables et pieuses , qui groupent autour d'eux les enfants des deux sexes , pour les diriger dans les voies de la piété. Le moniteur fait lire à son élève les pages du texte sacré ; il l'interroge , il l'instruit , il l'intéresse , il cherche à le gagner au bien ; il ne l'abandonne pas dans la vie ; il sait sa demeure, il le visite, il l'encourage, il devient son protecteur, et lorsque, plus tard, l'enfant, devenu un jeune homme, a quitté les bancs de l'école, il trouve encore dans son ancien moniteur un conseiller et un appui. C'est, en grande partie, aux écoles du dimanche, il n'en faut pas douter, qu'est dû le réveil religieux qui se manifeste si visiblement dans les

classes populaires. Une société , destinée à encourager la fondation des écoles du dimanche et à leur fournir d'excellents livres , a été fondée à Paris.

L'action extérieure des consistoires et des conseils presbytéraux produit un bien immense et généralement senti ; toutefois elle a ses limites, comme cela doit arriver à tous les corps légalement constitués ; aussi , en dehors de ses pouvoirs et sous leur patronage plus ou moins direct, une foule d'associations charitables et pieuses sont venues compléter leur œuvre et lui donner une extension à laquelle il est difBcile d'assigner des bornes ; car elles n'en acceptent d'autres que celles du zèle chrétien.

A la tête de ces associations, qui font la gloire de notre siècle et l'avenir de notre Eglise , il faut placer les sociétés bibliques. Leur but est très-simple : il consiste à répandre la Bible en langue vulgaire, sans notes ni commentaire, dans toutes les classes de la société et chez tous les peuples du monde. La réforme religieuse du seizième siècle avait proclamé pour principe fondamental que la Bible est la seule autorité en niatière de foi ; en distribuant cette Parole divine, les sociétés bibliques deviennent le complément nécessaire de la Réformation. Aussi , depuis trois siècles, y a-t-il eu, dans tous les

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pays proteirtâtits, deâ publitatibîii^ cotiâidêfàbles de rBcriluTè saihte; taàis fe'ëfel feurtoul ^ii retbui* de ta paiic teuropôefaûé que cefe ptblfcations ont reçu une nouvelle extension fet le titïe significatif d« Sàctété biblique. La Sod'été biblique teitannique et étrangère , qui étend son action bietilaidaûté è^t les denx hëibisiALêre^, a répandu, depuis ^ foiidatî^ en 1804 Ju^u^en 1860, lu cinquiaïite^xiêaiè ann^ë de Son existenétt, trente -isepl ttiîUionfe tiliq ceôt ihille exetoplaireis de la saiûte Bôriturê, traduite en prèô de delix cetiïs langtiéâ ou diaîètteft.

Les Soèiétéd bibliques de Fraiû'ee àbnt loin de ptéôeiitet ùû latrssi ittitiiènsë résultat : c'est le sacrifice piétix d'Unie pauvre Eglifeè longtempfe foulée par Tieniietoî «t décittréfe piu* la persécution. Ëtabliés^û 1818, ellèâ ôtit dilfetribué dèpuiis ôettô époque tiii graM bïDïnbrô de livrefe ôaimtâ piihûi léâ îaiiiille* prôteéfeûWé , dotit la plupart doit aujourd'hui en poèsêd'er r^ifeiïiplàit'fe sacté. Afin qtf aiictiti ûiéiaibre de l'EgUëè he pùiàsé "se souslti'aire à Tilifluence béMë -de la Patble de Dieu, les Sôciëtêè bibliques ptennë'M -àoit de distribuer gratuitetoent le Nouveau Testament aux catécliuûiènes le Jour de leur réception à la sainte cène , et la Bible aux noiîivëàu5t épotix lôfâ de leûf béiiédititielft nuptiale ; elles ont eu aussi la chtétienûe

pensée de publier une édition de la Bible 6n très-gi-oss carâctéWe^fe , pour les vieillards dont la vue est afiBaiblle par l'âge.

Je désire , du fond de ttion cœur , que tous ceux qui lisent cet écrit, se fassent une idée juste de la tiatùre , dé l'utilité , dé la ïié(5essité incontestable et de l'opportunité pressiante des sociétés bibliques.

Une sociéfé biblique est une réuûidti d'hommes qui ont reconnu , soit à l'aide des iuiliières fournies par l'apologétique chrétienne , Suit surtout par l'expérience de leur ptopre vie religieuse , qiîie là Bible est la Parole de Dieu. Ils se présentent à leurs frères comme téfnoin^ de cette Vérité , ôt leiir profession à cet égard , quaïid mêûie elle n'amèneï'aît aucun autre résultat positif, est déjà uû bien, parce qu'elle conserve ^u monde ûu principe parfaitement vrai et abondamment ifertile pour l'èiVenir.

Mais lefS honimes qui dirigent uhe société biblique ne s'èïi lîênnent pas à une simple adhésion en faveur t!e ia divine autorité de la Bible. Ils croient que la vie des âmes raisonnables et immortelles dépend des véritéà contenues dans le Livre sacré , et qu'en dehors de la foi biblique tout est erreur , ténèbres , confusion et malheur. Ainsi , les directeurs des sociétés bibliques aiment la Bible ; ils acceptent, ils ché-

rissent les doctrines vitales qu'elle renferme ; ils désirent adorer le Dieu-Sauveur qu'elle annonce , jouir du salut gratuit qu'elle prépare, et se laisser guider par l'Esprit divin dont elle promet l'effusion constante sur l'Eglise ; et , d'un autre côté , ils ont pitié des âmes humaines qui ne connaissent pas , qui ne goûtent pas ces choses. C'est à ce double titre qu'ils deviennent les propagateurs de la Bible ; ici commence une œuvre d'utilité incontestable, que dis-je, de pressante nécessité. Naguère les exemplaires de la Bible étaient rares , ils en multiplient le nombre ; ces volumes étaient incommodes , ils en approprient le format aux nécessités du culte , de la famille , de l'écolier , du soldat , du voyageur. Il y aura des Bibles pour les réunions de famille ; il y en aura pour celui qui veut porter le volume sacré partout avec soi ; il y en aura pour le vieillard dont la vue est affaiblie par l'âge ; que dis-je , il y en aura qui , par un procédé ingénieux , dérouleront les trésors du royaume de Dieu sous les doigts si clairvoyants des aveugles. Mais la confusion des langues... ? la Société biblique y a pourvu : elle imprimera le livre de Dieu en deux cents langues différentes ; elle fera des lettres pour des peuples qui n'ont jamais su écrire , pour des langues dont nous connaissons à peine le

. nom ; et, pour nous renfermer dans les bornes étroites de notre patrie , elle aura pour nous des Bibles françaises, pour nos compatriotes de l'Alsace des Bibles allemandes ; pour nos frères des provinces de TArmorique des Bibles en langue bretonne ; des Bibles escualdiennes pour le pays basque ; et pour nos marins des Bibles dans toutes les langues de l'Europe.

Jadis le Livre sacré était hors de prix ; ses propagateurs en abaisseront le prix matériel au niveau des fortunes les plus modestes ; ils le livrent à prix coûtant, à prix réduit ; ils le donnent gratuitement, de. peur qu'une seule âme humaine ne meure faute de ce livre sacré : c'est aussi dans l'intérêt de cette âme humaine qu'ils cherchent à découvrir où elle se trouve , car cette âme se cache souvent, toute honteuse de son ignorance ou de son incrédulité ; elle voudrait, s'il était possible, se dérober aux regards du peuple de Dieu ; mais le colporteur de la Bible la poursuit de ses yeux vigilants ; il l'atteint jusque dans ses derniers retranchements ; il épie le moment favorable : si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain ; si ce n'est pas au milieu des étourdissements de la joie mondaine , ce sera à l'heure plus calme de l'épreuve et de la douleur : le moment vient , enfin , et cette âme n'a pas été abandonnée au dénûment. Et

lorsqûe cette ktaé ^ été ècrudôlée, âubstantéè, attirée, vaincue, sauvée..., âloi*s les propa^ateurà de la Bible l'ecueilïént |)ieusement dans lés annales de rhisftôîre de î*Eglièe lès êfVéDfèmenti de cette vie îtitéri^ure ; non |yoîùt pour s*en gloriflef eu*-méttieà , bh non ! ne le crô'yéz pas , câf ils sà^nt ^dm? si Pànd plarité , et si Apol^ los artose. Dieu seul donne Cacùroissernènt; mais ils lès recueillent pour en donner gloire au chef de TEglii^ , qui à prômiîs de demeurer avec elle jûàt[u*à la tifa du monde.

Telle est ToBuvre biblique ; c'est donc une œuvre de i)rôpaga'ûdè eôsenlîellemeùt chrétienne , car elle répond fidèlement à ToMrè de Jésna-Christ : ÀlleS^ et enseignée aux nations de la terre tbUi 6ë que je vou^ ai moi-même enseigné.

C'èîst une œuvre de propagande essentiellement protestante ; èar elle complète rèlaû donné au monde par ûbà glorieux réformateurs , qui proclamèrent le principe de l'émancipation par la Bible, et nous laissèrent le èoln de fàlrè desôendrè ce principe dans la vie ^râtiique»

G'eàt une œuvre de propagande essentiellement française; car c'est de notre patrie qïi'ô sont ôortis les preinierà colpôT'tetirà de la Bible (1), dés l'aurore dé la RéfoWùè, coniiïi'ê le

(1) Alors appelés contrt-pùriearB,

constatent les documents historiques de cette époque.

La fondation d'une Société de traites religieux devait Suivre de t)rès celte de la Société biblique. ESa 1825 , oii Vit datas la capitale un grand nombre d'hoïnmfefe instruits et pieux se réunir pour préparer la publication et la diffusion d'une foule de petits écrits populaires qui, tantôt sous le voile d'une histoire touchante , tantôt sous la forme d'un enseîgnetoebt plus direct , devaient présenter au peuple une expoôitiôn èlaire et sàtisfeisaote des doctrines Vitales de l'Évangile , de leurs applications morales aux diverse^ positions de la vie chrétienne , des démonstrations populaires de la divine origine du christianisme, des réponses aux objections les plue généralement répandues dans le monde, des exhortations à lire la patx)le de Dieu, et des directions pour là bien lire , des conseils d'hygiène publique et domestique, enfin , un Atmanach chrétien asseî: connu aujourd'hui sôus le titre d*Alfnanach de bons ùonseits. La plupart de ces petitfe écrits , en général assez étendus , se vendent tin sou, plusieurs Sont livrés à un mbilldl[*è prik. La Société distribue chacJUe année enVitOh un lùillion et demi de ces précieux écrits.

Une autre Société, qui marche dans le même

esprit, a entrepris la publication d'ouvrages plus considérables, en les mettant, toutefois, par leur prix très-modique, à la portée d'un grand nombre de personnes. Elle a établi son siège à Toulouse. Elle réimprime et répand des œuvres déjà connues et appréciées ; elle y ajoute des ouvrages nouveaux , fruits des travaux d'hommes déjà illustrés dans la chaire évangèlique ou dans la chaire doctorale. Elle s'impose toutefois la loi de ne publier que les ouvrages conformes aux doctrines évangéliques, savoir : la corruption naturelle de l'homme, la divinité éternelle de Jésus-Christ, et la justification par la foi en lui. Elle crée gratuitement des bibllothèquss religieuses partout où le besoin s'en fait sentir ;' sa libéralité à donner égale son zèle à produire.

A ces prédications écrites , qui sont destinées à agir d'une manière toujours lente et restreinte , il fallait ajouter la prédication vivante qui s'adresse aux âmes d'une manière directe et toujours plus entraînante et plus efficace. C'est dans ce but que l'on a créé diverses sociétés â/éoangélisation y sociétés diverses quant au champ qu'elles explorent, mais semblables quant au but qu'elles désirent atteindre. Voici celles qui exercent l'influence la plus étendue ;

La Société centrale d'évcmgélisation ^ établie à Paris", forme une confédération de sociétés locales désignées sous les titres de sections de Paris, de Bordeaux, du Nord, de Normandie, du Centre, du Centre-Sud, du Sud-Ouest, du* Béarn et des Pyrénées, du Midi, du Sud-Est, de rOuest, des Colonies. Cette admirable institution, qui, depuis sa fondation, en 1847, a ouvert plus de cent quarante lieux de culte dans des localités qui n'en possédaient point , se rattache d'une manière plus spéciale aux Eglises protestantes reconnues par l'Etat.

La Société évangélique de France date de 1832. Elle a rendu d'éminents services à la cause évangélique et a soutenu avec persévérance et courage la cause sainte et légitime de la liberté religieuse. Ses œuvres se rattachent plus spécialement aux Eglises non salariées par l'Etat.

La Société évcmgéliquede Genève accomplit aussi en France une œuvre de propagande importante et bénie, h' Eglise évangélique de Lyon est aussi entrée depuis longtemps dans cette voie de courageuse activité.

Des sociétés établies à Nîmes , Strasbourg et Genève s'occupent plus exclusivement d'évangéliser les protestants disséminés.

Les sociétés des missions évangéliques cliez les

pev/ples non chrétien^ agrandissent encore ce cercle d'action.

Ce fut en 1732, c'est-à-dire il y a cent trentequatre ans, et dans le petit village d'Herrnhut, en Moravie , qu'il vint à la pensée de quelque^ chrétiens, connus sous le nom de Frères- Unis, d'envoyer des' ministres de l'Évangile au delà des bornés de leur pays , et chez les peuples lointains et sauvages , pour leur faire part des connaissances religieuses qu'ils avaient le bonheur de posséder eux-mêmes. Cette idée sublime ne pouvait prospérer qu'au milieu des Eglises éclairées par le pur Evangile ; auàsi vil-on la plupart des dénominations prolefetatites l'àôcepter et la mettre éh pratique avec tout ce qu'elle pouvait avoii* de grand et dé désintéressé. Elle fut accueillie avec ardeur par les Danois, par les Hollandais^ surtout par les Anglais et les Américains. Ceux-ci consacrèrent à la prospérité de cette œuvre des hoitames éminents et des trésors considérables; de sorte que les vaisseaux anglais et américains qui paréouraient les ports des deux mondes y transportèrent, avec leurs riches marchandises, des Bibles et dès interpi^étes de la Parole divine , pour prêcher et annonceï^ la venue du règne de Jésus-Christ. Et nous. Français, que faièionsnous, en présence de ces efforts pieux et de ces

trioiùpliès dô là croix? Nous étiotis entourés de péiils: tantôt dés guerres au dehors, tantôt des peiisèètitions âû dedans, nous concentraient dans le cercle étroit de Têgoïscàe ; nous songions à nous, rien (^*ànoufe... Le temps allait montrer que là France protestante devait Cette indiîférèlicô èurtôut aux èlrCônstatices douloureuses qui là côîùprîtnàient. A peine le* guêtres eurent-elles cessé , 4ù*une contrée qui nous est chère , et (ïuè depuis longtemps nous pouvons appeler dû doux nom dé sœur, avait donné un élan qui devait se faire ressentir jusqu'à nous. Une école dé iWliâSionnàires èvangéliques fut instituée à Bâlè , en 1816. On vit alors plusieurs chrètiiens français s'êùlpresser de réunir leurs charitéfe î)ôur leé envoyer en Suisse ; mais cela ne pouvait èufflrè aux àmîs dé la propagation de TEVàûgile cheÉ les pâïenà. Ils sentirent vivement le déàir de créer un établissement dé ce genre dànà notre pà^ife , et surtout dans notre capitale , où les jeunes gens seraient entourés dé tant de ressources scientifiques et religieuses, et où racquisitiôn deé langues étrangères leur deviendrait beaucoup plus facile que partout ailleurs. Nos vœux ont été accomplis, et, en 1823, après la formation d'une Société de missions sous la présidence de M. l'amiral Verr- Htiel , titfûS Vîmes s'éieVer, sous ses àu'èpicés ,

un asile où Ton pouvait désormais favoriser le développement de la foi et de l'intelligence chez les jeunes gens que le Seigneur appellerait à cette œuvre de dévouement et d'amour.

Depuis cette époque , et à l'aide de souscriptions volontaires , le Comité de Paris a envoyé une petite armée de missionnaires au milieu des hordes sauvages des Hottentots et des Gafres , au sud de l'Afrique. Ces hommes dévoués ont été d'abord reçus par une communauté de colons , descendants de réfugiés français qui avaient cherché jadis , dans ces contrées lointaines , un refuge contre l'oppression dont les chrétiens réformés étaient les tristes victimes. Plus tard , ils fondèrent des stations ou résidences , autour desquelles ils attiraient les naturels du pays pour les instruire dans notre foi et dans les merveilles de notre civilisation européenne. Plusieurs fois ils furent chassés par la famine , la maladie, et surtout par les guerres cruelles que ces hordes sauvages se livraient continuellement. Toujours ils se sont montrés les bienfaiteurs de l'humanité. Ils ont reculé les bornes de la science (1) en déterminant la direction des

(i) M. Guizot , présidant rassemblée générale de la Société de géographie, à Paris , le 1«>^ décembre 1837 , s'exprime ainsi , en parlant des découvertes de nos jeunes amis : « Songez à ces missionnaires, qui,

montagnes et le cours des fleuves dans le pays des Ligoyas, qui n'avait pas été exploré avant eux ; ils ont fait imprimer dans la langue des Bassoutos , dont , il y a quelques années , on connaissait à peine le nom, des tableaux d'école, un catéchisme , un recueil de cantiques et de prières , de courts traités sur les vérités essentielles et les principaux devoirs du christianisme, et l'Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ. Dieu leur a donné de faire beaucoup de bien et de convertir plusieurs âmes à l'amour de son Christ. Une intéressante publication que nous recommandons particulièrement à l'attention de nos lecteurs , le Journal des missions évangéliques de France, donne depuis longtemps des détails très-circonstanciés sur les travaux de nos missionnaires français.

C'est une grande et belle œuvre que celle de l'évangélisation chez les peuples païens , communément désignée sous le titre de Missions évangéliques. Elle plaît même aux hommes du monde , car elle réveille chez eux l'idée d'en-

au fond des déserts de T Afrique, adonnés avec une passion sainte à conquérir des âmes, ont encore du zèle et du temps à donner aux conquetes de la science, et vous adressent. Dieu sait avec quelles fatigues ! leur humble tribut. Qui appréciera de tels travaux, tantôt si arides, tantôt si rudes ! Qui leur portera , non pas une curiosité momentanée et frivole, mais un long, sérieux et fidèle intérêt ! »

treprîses lointaines et périlleuses , de découvertes curieuses, d'explorations nouvelles, d'études et d'observations chez des peuples peu connus. L'œuvre de l'évangélisation dû monde est aussi en harmonie avec qnelques-unes des idées du siècle, qui demande, de toute entreprise, qu'elle aboutisse finalement à quelque chose de positivement utile. Le siècle reconnaîtra, s'il veut lui donner quelque attention, que l'œuvre des missions , en établissant des relations amicales et bienveillantes avec de nouveaux peuples , peut retirer de ces relations même dés avantages signalés pour la prospérité nationale, l'encouragetnenl de l'industrie, les progrès dans les sciences, et l'extension du commerce à l'extérieur. Le siècle , abjurant l'fespril rétréci et égoïste d'une philosophie tnatérialiste, demande aussi que les entreprises gliandes.par les efforts qui les dictent , par les résultats qu'on en attend , soient aussi grandes par la pensée généreuse qui les inspire. Et certes , le but que se proposent les nouveaux apôttes dé l'Evangile proclame assez une pensée généreuse et bienveillante. Qui méconnaîtrait, en effet, le dévouement de ces homnaieB dont l'instruction , le courage el les vertus knèrîtaiènt peut-être quelque distinction au milieu de la patrie qui les a vus naître , et qui néanmoins , s' arrachant vo-

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lohtadremetit â d^te patrte bieû-aimêe , se séparent Uvec lai'môis de l-eui^ ^ya^ents , leurs frères, leurs ètmi*, *pù\xr alter... Dieu sait où. Elle n'éfet ni sordM'è bi in1iéi*ei&ée cette petisée de quelque^ hômm'efe , t^iii , du sein éë lent paix et dfe letïr aisance , s'émèuveïit de compassion, et portent deè regards inquiets vers les nations païennes et barbares , réunissant- Teuts prières et leurs ^ïnôh^s pour envoyer , parmi ces tiatioÈS , die* homUleé puissants d'espf it et riches de foi , pour les arracher aiux tétièbrëà du paganisiïïè par le èpertâcte irrésistible fet glorieux de TEvangiiè de Christ , et pour les délivrer de la plus honteusîe barbarie pat les bienfeits de notre dvilisatiôn moderne.

L'ôéuvi^ des ttiisèîotife île saurait être îndifFé- Tëtité ihèxïïé atix chrétiens Ijui ne le sont que de notû. détik-cî , •tout «n rfehiant la force de la foî, tfoiît pu échappel» ëhtîèrement à ritofluence bétîlfe de rÈvangilé de Christ ; c'est la civilisation •ôhïfttiennè qui les entoure ; c'est la mansuétude bhréti'éiiûê qui adoucit leurs relations avec leurs Semblables ; c'ëit la droiture chrétienne qui les protège , et , s'il leur reste au cœur quelque chose d'humain et quelques lueurs de compassion et de charité, comment ne se réjouiraient-ils pas d'apprendre que des peuplades , qui naguère s'entre-déchiraient, vivent

aujourd'hui dans une paix profonde ; que des gouvernements sages prennent la place de l'oppression et de l'esclavage ; que l'homme apprend à se respecter lui-même, à honorer son semblable, à entourer la femme des égards qu'elle mérite, et à comprendre , enfin , le bonheur de la famille, la sainteté du mariage, et le lien sacré de la société.

Mais autant l'éclat du soleil surpasse à nos yeux celui des astres errants qui l'entourent et jouissent eux-mêmes de sa clarté, autant l'évangélisation du monde apparaît comme une œuvre infiniment plus glorieuse aux yeux du vrai chrétien qu'elle ne saurait le paraître aux yeux de tout autre ; c'est pour lui une question d'avenir et de vie ; c'est l'extension du règne de son Seigneur : c'est la réhabilitation de milliers d'êtres égarés, dégradés , perdus ; c'est la sainte cause de la vérité et de la justice ; c'est la sainte guerre, qui ne se terminera qu'avec le triomphe du Fils de Dieu ; c'est l'enfer qui frémit de rage ; c'est le ciel qui tressaille d'allégresse ! Et , dans cette entreprise immense, qui embrasse la terre entière et toutes les générations qui l'habitent, depuis celles qui aujourd'hui fourmillent à sa surface, jusqu'à celles qui la couvriront encore lors de la consommation des siècles, dans cette entreprise immense , le chrétien ne se laisse

rebuter par aucune difficulté , parce qu'il marche continuellement par la foi et non par la vue.

Le missionnaire chrétien... et il ne faut point confondre sous ce titre des hommes généreux et sages avec ceux dont le zèle inconsidéré et farouche désole l'Eglise en y semant les passions religieuses et un fanatisme efifréné... le missionnaire chrétien est le meilleur ami des hommes après Dieu. C'est un vrai philanthrope, car il se sacrifie pour faire à l'humanité un présent du plus grand prix : celui de la vérité. Il marche vers l'homme avec le témoignage du salut, l'Evangile de paix. Il porte avec lui toutes les ressources de la civilisation moderne , tous les adoucissements qu'elle procure. C'est l'ami des enfants, des petits enfants , qu'il protège, qu'il arrache à la négligence, à la mort même , leur enseignant à bégayer le nom du Saint des saints , et à devenir un jour des hommes abondants en toutes vertus. Le missionnaire est l'ami des gouvernements, car il les consolide par le respect qu'il inspire à ses disciples pour les lois du pays. Il est l'ami des rois; il les rend pacifiques, humains, tolérants. Il est l'ami de leurs peuples, qu'il instruit dans les voies de la droiture et de la paix. Le missionnaire est un réformateur dont on bénira la

mémoire d'âge en âge. Le nxîj^sioiiinaijre est un héros, car il ne craint poîQt de renoDioer aux douceurs de la vie pour affronter les dangers de la mer, les intempéries de l'air, les sables mouvants de la zone torride, les gl^u^es du pôle, la faim, la soif , les iiu^^ltes, la mopt... Et pourquoi? poui^ coijivertir des âxoe^ à Jésu$- Christ, pour rendre les hommes b^eureux,...

Résumé.

- Je sais en qui j'ai ont.

Chrétiens évangéliques, protes^ts et réformés , nous reconnaissons Vautorité de la Parole de Dieu contenue dans l'A-ncien et le Nouveau Testament.

Nous soumettons à. l'éipreuve de Yecçamen , par la Parole^ de Dieu , tous Ites en^igi^ments des hpimmeS).

Nous croyons en un Dieu invisible , tout-puissant, infiniment sage, saint, juste, miséricordieux et bon, manifesté au monde dans la sainte Trinité de Dieu, Père, Fils et Saint- Esprit.

Nous croyons que Dieu , dans l'intérêt (Je sa gloire , nous a donné la vie , le nK)juvement et l'être : noua jouant d'une âme personnelle , intelligente , immortelle , r}o\is appelant m bonheur présent et à ve^iir par l'e-Jj^ercice du bien et la soun^Li^sion ^ m ^aiAte et paternelle volonté.

Nous croyons que Dieu fait connaître cette volonté s^prême et pari^ite à tous les hommes par la voie de la conscl^Ace ; mais d'u^e n^anière plus directe , plus détaillée et plus ^e par les révélatio^i^ bibliques.

Nous crpyofli^ qi;i.e tous les hoijMPiies, sans en excepter un seul, sont pécheuirs, entretenant dans le^rs cœurs de^, pencb^ts qui, s'ils ne sont changés par le renouveUe^iept intérieur, que la Parole de Dieu appi^Ue la i^égénér^tiou ou la conv^rm!i^j les cQ^dui^ijit à| u#e démoralisation plu^ grande encore et à lei^r perte finale.

Nou3 croyoïiis que le péché , c'est-à-dire la désobéissance à la voleté d^ Dieu, sous quelque forme qu'elle se mai)iifi?ste , mérite çt çoqcourt la juste se^ljence de Dieu , 1^ mal moral ne pouvant produire de sa nature Tjue la disgrâce et le malheur.

Nous croyons que Dieu , ayant trouvé tous lei^ hommes daj;is cet affreux état , a eu pitié de

leurs ténèbres , de leui-s souillures et de leur malheur. Afin de les sauver en leur faisant grâce, et afin de ne point affaiblir par leur pardon l'autorité souveraine de la loi noiorale , Dieu a donné Jésus- Christ au monde.

Nous croyons que Jésus-Christ a réuni , en sa mystérieuse personne , toute la plénitude de la Divinité et la nature parfaite de l'homme.

Dieu , il a porté les noms incommunicables , participé aux perfections infinies, coopéré aux œuvres merveilleuses du Père.

Homme, il est né par le pouvoir miraculeux de l'Esprit-Saint, qui est l'auteur de la vie, dans le sein d'une vierge : Marie de Bethléem.

Dieu, il a été parfait et saint en toutes choses; homme, il s'est dévoué, il a volontairement souffert et il est mort.

Par sa mort , Jésus-Christ , innocent et juste , satisfait à la loi pour les pécheurs : il devient leur garant , leur avocat , leur rédempteur ; et la justice divine, satisfaite en lui, accorde la délivrance et le salut à tous ceux qui s'attachent à lui par une foi sincère.

Nous croyons que Jésus- Christ seul sauve et rachète, complètement et pour toujours, ceux qui mettent leur confiance en lui ; mais nous ne reconnaissons à aucun homme l'autorité de pardonner au nom de Dieu les péchés de leurs

frères, nous croyons que le salut est une pure grâce de Dieu que nous ne pouvons acheter ni avec de l'or, ni avec de rainent, ni même par aucun mérite de notre part ; car si , dans quelque mesure , les hommes peuvent mériter l'estime , la considération de la part de leurs semblables, il nous est impossible de nous appuyer sur nos mérites devant le Dieu souverain qui connaît le fond de nos coeurs et dont les yeux sont trop purs pour voir le mal.

Les bonnes œuvres que peuvent et que doivent faire les chrétiens sont en eux, non la cause méritante de leur saîut, car, s'ils pouvaient se sauver eux-mêmes, c'est en vain que Jésus-Christ serait venu au monde, mais elles sont la manifestation et le témoignage de la sincérité et de la valeur réelle de leur foi , la foi sans les œuvres étant morte. Le pécheur, vaincu par l'amour de Dieu , absous et pardonné par le sacrifice de Jésus-Christ , ne vit plus sous une économie de terreur et de crainte ; mais il entre dans une économie de reconnaissance et d'amour; il ne voit plus en Dieu un juge irrité, mais un Père; désormais ses devoirs deviennent de doux, privilèges ; chaque jour il fait des progrès dans le service de Dieu , l'amour des hommes et le développement de sa propre âme perfectible et immortelle,

Mais comme il est, de sa nature, fisdble et faillible. Dieu lui prête et lui multiplie les lumières, les encouragements » les consolations et les secours du Saint-Esprit. Gomme nous croyons que Dieu , après avoir créé le monde physique , le soutient et le conserve par sa providence » nous croyons aussi que Dieu soutient, conserve et Mt progresser le monde nioral par l'influence de l'Esprit-^aint : celui-ci agissant , non comme autrefois, lors du premier établissement du christianisme, par des interventions miraculeuses qui bouleversaient l'ordre de la nature, mais par des moyens naturels et ordinaires qu'il fait concourir aux vues de sa bonté et de sa sagesse infinies.

Nous croyons que Dieu s'est formé sur la terre un peuple ou une Eglise qui est composée de tous ceux qui croient sincèrement en Jésus- Christ et qui s'efforcent de vivre selon ses préceptes et d'imiter son exemple, quelles que soient d'ailleurs les diversités de nationalités politiques et de sectes religieuses qui les distinguent. Nous croyons que cette Eglise n'est point limitée par des institutions humaines , mais qu'elle a pour chef unique Jésus-Christ lui-même, qui, seul, sait infailliblement qui sont ceux qui lui appartiennent réellement.

Nous croyons que cette Eglise, vraiment catho-

lique ou universelle» doit rendre témoignage à la gloire de son Chef, par ses progrès, sa pureté et sa charité.

Nous reconnaissons que , dans l'intérêt de Tordre et des progrès de la vérité , Dieu a établi un ministère humain : mission toute fraternelle, instituée, non pour opprimer, mais pour éclairer les consciences. Ce que saint Pierre exprime par ces paroles : Pasteurs y paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié y veilUmt sur lui y non pwr contrainte ^ mais volontairement; non pour un gain déshonnête, mais par affection; non comme ayant domination sur les héritages du Seigneur, mais en devenant les modèles au troupeoM.

Nous croyons qu'il est agréable à Dieu que nous nous réunissions à nos frères dans l'acte du culte public; mais la Parole de Dieu demande que ce culte soit sincère, spirituel, intelligible pour tous, propre à l'instruction et à l'édification , dépouillé de formes idolâtriques.

Le baptême, que nous conférons à nos enfants au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ne devient un signe de salut qu'autant qu'il est accompagné de l'engagement d'une bonne conscience devant Dieu.

La communion^ que nous célébrons en mé'* moire de Jésus-Christ, est un acte fraternel de

foi, de repentance, d'union chrétienne et de salutaires résolutions.

La vie est le temps d'épreuve dans lequel nous devons nous préparer au ciel par une lutte incessante contre l'ignorance, régoïsme, la sensualité, l'incrédulité , en un mot, le péché; la mort est l'événement suprême qui termine notre exil ; elle est suivie du jugement qui nous introduit sans intermédiaire dans le lieu dont notre vie a marqué le choix : diacun étant jugé selon ses œuvres. Le ciel est la patrie du chrétien oix il vivra aux siècles des siècles, heureux de connaître Dieu , d'ohéir à ses volontés et de s'unir à ses frères , dans un saint et inaltérable amour.

Voilà vos croyances chrétiennes , dans lesquelles vous vous fortifierez de plus en plus , firère et amis, à mesure que vous vous pénétrerez davantage des grands enseignements que Dieu vous donne par la direction de sa paternelle providence , par l'expérience de la vie et par les révélations de sa Parole.

Cette foi saine et glorieuse , confessez-la hautement; n'ayez jamais honte de Celui qui vous appelle à partager ses gloires. Il se peut qu'aprés cette profession franche et persévérante de vos convictions évangéliques , on dise encore de vous que vous ne croyez à rien, comme on

a pu le faire dans des lieux qui ne devraient jamais retentir que de paroles de pux et de bénédiction; je ne vous dirai point de naépriser ces imputations injustes, mais plutôt je vous dirai : Sachez en faire votre profit en veillant avec plus de soin sur vous-mêmes. Démentez ces assertions calomnieuses en prouvant la sincérité de votre foi et la supériorité jies principes qui vous dirigent , par une vie plus pure , plus honorable , plus utile. Ne vous contentez pas de porter le nom de chrétiens; mais justifiez ce beau titre par une vie vraiment chrétienne. La religion n'est ni une vaine forme , ni une stérile profession, ni une affaire d'habitude et de convenance; elle est une consolation efficace, une conseillère fidèle, une directrice -persévérante ; qu'elle préside à tout , qu'elle sanctifie , qu'elle embellisse, qu'elle réjouisse tout. Soyez chrétiens en tout et toujours, dans la prospé-* rite et dans l'affliction , dans le repos et dans la vie active , dans la solitude et dans le mouvement du dehors.

Citoyens , que votre patriotisme se manifeste non par l'agitation et le bruit , non en fomentant dans vos cœurs et autour de vous de coupables passions, msds en donnant l'exemple du respect pour le monarque, pour les institutions et les- lois du pays , en répandant autour de

vous les lumières , les consolations et les bienfaits : disciples du Prince de paix , soyez des hommes de paix; affranchis de Jésus-Christ, respectez la liberté de vos frères , aimez le pays qui vous a vu naître , et priez avec ferveur pour le repos du monde.

Chefs de famille, resserrez les liens sacrés de la famille; dirigez vos enfants dans les sentiers de la vertu , de l'honneur et de la piété ; que ce sanctuaire , béni par tant de joies intimes , devienne un temple d'où s'exhale chaque jour l'encens de la prière et de l'action de grâces. Exercez, auprès de ceux qui vous entourent, un sacerdoce saint et paternel , en les nourrissant chaque jour de la lecture et de la méditation de cette Parole divine, hors de laquelle tout redevient ténèbres et confusion.

Jeunes gens, respectez ceux qui, vous ayant devancés dans la carrière, ont sur vous tout l'avantage et toute la supériorité que donne l'expérience de la vie. Prouvez votre foi par le soin que vous mettez à honorer , à soulager, à seconder les parents que Dieu vous a conservés dans son amour.

Chrétiens, supportez-vous, pardonnez-vous, unissez-vous, aimez-vous tendrement les uns les autres comme Jésus-Christ vous a aimés.

Ayez pitié de ceux qui souffrent ; contemplez la

misère du peuple; sondez-en la profondeur, non pour l'irriter par une pitié déclamatoire, mais pour vous appliquer avec plus de soin à la guérir, selon la mesure de votre intelligence et de vos ressources.

Chrétiens , ne vous arrêtez pas à ce soulagement des misères physiques; rappelez-vous qu'il y a dans le monde moral des plaies bien plus profondes, bien plus hideuses encore.

Faites briller votre lumière devant les hommes ; proclamez le glorieux et sanctifiant principe du christianisme tel qu'il vous a été transmis par la Parole de Dieu; abstenez-vous d'un prosélytisme étroit, mesquin, inquiétant, oppresseur, séducteur, si opposé à l'esprit du vrai protestantisme ; mais forcez les intelligences et les cœurs à reconnaître la vérité de l'Evangile de salut, par la douce contrainte de la persuasion, du raisonnement , de l'exemple , de la prière et de l'amour.

Vous habitez un pays où la majorité professe un culte différent de celui dans lequel vous êtes nés ou que vous avez embrassé par votre libre choix. La fidélité chrétienne ne vous permet pas de confondre des principes qui , à plusieurs égards , diffèrent profondément ; mais la charité évangélique vous commande de confondre dans un même sentiment d'amour ceux

qui les professent; ne vous lassez done pas de les aimer et de te leur prouver par un infatigable dévouement» par un tendre support, par une fipaternité active et sincère.

Chrétiens , soyez des hommes de progrès. Je veux parler du progrès dans la connaissance de la vérité, dans la pratique du bien, dans l'exercice de la charité, dans la vie intérieure de la conscience. Ne présumez pas de vous-mém^; ne croyez pas n'avoir plus rien à faire parce que vous avez accepté un principe fécond , vrai et éternel. Réformés, réformez- vous constamment! Gardez- vous de Torgueil sfrirituel , le pire de tous; gardez-vous del'égoïsme; gardez-vous de la passion des intérêts matériels» qui perd le monde; gardez-vous du formalisme, qui étdnt le culte du cœur; gardez-vous de l'hypocrisie , qui tue la religion; gardez- vous du sensualisme, qui empoisonne la vie présente ; gardez-vous de l'incrédulité et de l'irréligion, qui ferme l'accès de la vie à venir. Vivez et agissez comme des enfants de lumière , des rachetés du Christ, des citoyens du ciel.

Etrangers et voyageurs ici^-bas, unissons-nous sur la terre et donnons-nous rendez-vous dans le ciel.

Que le Dieu de toute grâce , qui nous appelle à sa gloire éternelle , en Jésus-Christ , après que

nous aurons été éprouvés pour un peu de temps, vous perfectionne, vous afifermisse, vous fortifie et vous rende inébranlables.

La paix soit avec vous tous qui êtes en Jésus- Christ.

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